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Léon XIV et Mgr Bustillo : pour une Église qui ose

Un grand signal

Léon XIV et Mgr Bustillo : pour une Église qui ose



De l’Élysée à l’UNESCO, puis au Stade de France, le pape Léon XIV a affirmé que la foi n’est pas une survivance du passé, mais une force capable de rassembler face aux grandes questions du présent. Cette démarche est aussi celle du cardinal François-Xavier Bustillo qui, chez nous, fait vivre une Église de proximité, pastorale et missionnaire.


Une doxa laïcarde particulièrement vindicative

À l’Élysée, en s’adressant à Emmanuel Macron, Léon XIV n’a pas seulement parlé au président de la République et aux catholiques. Il a choisi de parler clair à la société française, où l’espace public s’est profondément sécularisé et où la doxa laïcarde est particulièrement vindicative. Sans prétendre que l’Église puisse se substituer aux institutions de la République, il a souligné qu’elle entendait participer à la vie de la cité et à la réflexion sur le bien commun. Selon lui, le débat sur la GPA (gestation pour autrui) doit conduire à s’interroger sur la place du corps humain dans un dispositif médical, juridique et éventuellement économique, en considérant le désir d’enfant, la situation de la femme qui le porte et l’intérêt de celui-ci. Léon XIV affirme ainsi que la défense des principes et valeurs de la foi catholique n’a plus vocation à rester confinée dans la sphère privée et que l’Église doit prendre part aux débats sur les transformations de la société. Il défend un christianisme qui dialogue avec la modernité sans renoncer à ce qui fonde son message.

Un grand signal

À l’UNESCO, Léon XIV a montré que culture, éducation, connaissance et transmission n’étaient pas pour l’Église des notions figées. Il a mis les pieds dans le plat de l’IA (intelligence artificielle), non pour la condamner, mais pour poser une question : quelle place voulons-nous encore donner à l’homme ? S’il accepte que l’IA écrive, calcule, analyse ou imite, le souverain pontife ne lui reconnaît pas le droit d’imposer, à la place de l’homme, un sens à l’existence. Au Stade de France, devant 80 000 jeunes réunis dans l’ovation, le chant et la prière, et face à la progression du nombre de catéchumènes, Léon XIV a sans doute saisi qu’une génération peut encore répondre à une proposition spirituelle. D’où cette phrase : « Vous êtes les saints de France ! » Une exhortation à vivre, en s’appuyant sur la foi, une vocation faite de service, de transmission, d’engagement et d’attention aux autres.

Parallèle avec la Corse

Le cardinal François-Xavier Bustillo développe une conception de l’Église tournée vers la rencontre. La Corse conserve une mémoire chrétienne encore vivace : chapelles, processions, fêtes patronales, confréries, sanctuaires et traditions populaires. Mais cette mémoire ne peut devenir transmission que si elle demeure vivante. Une procession doit être davantage qu’une image du passé, une confrérie qu’une gardienne de rites, une église qu’un monument. À une Église patrimoniale, Mgr Bustillo préfère une Église pastorale et missionnaire, ancrée dans la société d’aujourd’hui, qui va à la rencontre et crée une dynamique. Cette orientation donne une place centrale aux communautés locales, aux jeunes, aux familles et aux vocations. C’est une Église présente non seulement dans ses édifices, mais dans le monde vivant. Une Église qui écoute, accompagne, propose et appelle ; une Église de l’échange, mais aussi de la conquête au sens spirituel, non pour imposer une croyance, mais pour partager une foi par le témoignage, l’exemple et l’espérance. La Corse représente ainsi un champ d’application de la démarche de Léon XIV : assumer une visibilité de la foi et de la culture chrétiennes tout en respectant la République. Sans doute ce que d’aucuns appellent « laïcité à la corse », qui respecte la séparation des institutions et les croyants, sans les contraindre au quasi-silence ni à l’invisibilité des signes et des rites. Léon XIV et Mgr Bustillo sont porteurs d’une Église qui ose à nouveau oser.

Alexandra Sereni
Crédit photo : Paule Santoni
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