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MIRA, l'école qui apprend à la Corse à inventer son avenir

D'Aflokkat à MIRA, une ambition d'excellence pour la Corse

MIRA, l'école qui apprend à la Corse à inventer son avenir



À Ajaccio, une école d'ingénieurs raconte une autre histoire de la Corse : celle d'une île qui forme, retient et projette ses talents dans la robotique et l'IA. Rencontre avec son fondateur, ses filières et l'une de ses étudiantes.




D'Aflokkat à MIRA, une ambition d'excellence pour la Corse

Tout commence en 2010. Benjamin Pereney fonde alors Aflokkat, avec une conviction simple : la Corse ne manque pas de talents, elle manque de portes d'entrée vers les métiers d'avenir. Pendant quinze ans, l'établissement grandit : formations qualifiantes, ouverture du centre de Baléone, création du CFA, puis installation à Furiani, près de Bastia, en 2022. En 2023, l'accréditation par la Commission des Titres d'Ingénieur marque un tournant : Aflokkat peut désormais délivrer un titre d'ingénieur reconnu par l'État et conférant le grade de Master. C'est de cette maturation que naît MIRA, en 2025, réunissant sous une même marque des écoles internes qui avaient convergé vers une même conviction : placer la technologie et l'innovation au cœur de tous les apprentissages.



« Nous voulions une école qui relie la rigueur scientifique à la créativité, la technologie à l'humain, et la Corse au reste du monde », résume Benjamin Pereney, directeur général d'Aflokkat et directeur de MIRA. Derrière la nouvelle marque, la même feuille de route depuis quinze ans : contribuer au développement économique et social de la Corse par le développement et la fixation des compétences, pour que jeunes Corses et diaspora aient une raison de se former, d'entreprendre et de rester sur l'île plutôt que de la quitter.



Trois parcours, une même ambition

MIRA structure sa pédagogie autour de trois filières, toutes reconnues et menant à des titres inscrits à France Compétences. Le programme ingénieur en robotique et informatique, sur cinq ans, forme des ingénieurs spécialisés en robotique centrée sur l'humain ou en IA appliquée aux robots mobiles. Le parcours CLIC (Conception Logicielle, IA & Cybersécurité) mène du Bachelor DIAC au Master of Science BIHAR, ce dernier délivré avec l'ESTIA, école d'ingénieurs basque et partenaire académique de MIRA. Le parcours MIND forme enfin aux métiers du marketing et de la communication de l'innovation. Chaque cursus est accessible en formation initiale, en alternance ou en reprise d'études, avec 88 % d'insertion professionnelle à trois mois.



Une école au coeur de la Méditerranée

Avec plus de 150 étudiants aujourd'hui, 23 collaborateurs et 132 chargés d'enseignement, MIRA vise le cap des 350 étudiants à l'horizon 2030. Un développement conforté en juin 2026 par une levée de fonds de 2,4 millions d'euros, avec l'entrée au capital de FemuQuì Ventures et de la Banque des Territoires. Sur le terrain, cette ambition prend forme : à Ajaccio, un nouvel espace cours Napoléon doit accueillir la croissance des effectifs, tandis que le site de Furiani, près de Bastia, étend depuis 2022 la présence de l'école sur l'île. L'objectif dépasse la seule croissance : miser sur la robotique professionnelle pour diversifier une économie insulaire dépendante du tourisme et faire de MIRA une référence méditerranéenne des formations d'ingénieurs en IA et robotique, ouverte sur l'Italie, la France continentale et au-delà. Le laboratoire MIRA-Recherche, qui travaille avec le CNRS sur la robotique interactive, ancre l'école dans un écosystème académique et industriel plus large que la seule Corse.



Regard d'étudiant

Nawel Bellote vient de Nice. Arrivée en cycle préparatoire pour se spécialiser dès la première année en robotique, informatique et IA, elle est ravie d'avoir rejoint MIRA : « Je pensais rester seulement le temps de l'année scolaire. Deux ans après, je m'y suis installée, et j'aimerais y vivre plus tard ». Dès la première année, elle a conçu avec deux camarades un bras robotique capable de jouer aux échecs, de la programmation en Python à la fabrication de l'échiquier. Elle a aussi participé au Trophée RobotFly et au challenge 24 Ori pà inventà : « Les meilleures idées arrivent souvent vers deux ou trois heures du matin. C'est un très beau challenge avec une excellente ambiance ».



Comme dans toute l'école, elle retient la taille des promotions qui permet un apprentissage personnalisé et ressent une certaine solidarité : « On se connaît tous, il n'y a pas de compétition entre nous : on avance ensemble. Et les enseignants sont particulièrement à notre écoute, c'est une véritable chance pour nous ».

JDG
crédiot photos :JDG/ MIRA
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