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PNC-Avanzemu : avec AVÀ, l’ambition d’écrire une nouvelle page

Une démarche selon trois dimensions

PNC-Avanzemu : avec AVÀ, l’ambition d’écrire une nouvelle page



À Corti, le PNC—Avanzemu a présenté AVÀ, une démarche stratégique destinée à élargir son espace politique sans renier le socle nationaliste. Avec une ambition : parler de la Corse telle qu’elle est, de ses difficultés, de ses transformations, ne s’interdire aucun débat, dessiner une vision, construire un projet. Avec un objectif : assumer les responsabilités d’un parti de gouvernement. AVÀ veut donc tenter autre chose : faire du PNC un socle plutôt qu’une frontière, du nationalisme un point de départ plutôt qu’un aboutissement, et du débat politique un moyen de faire société et nation.



Il y avait, dimanche 4 octobre à Corti, quelque chose de plus qu’un congrès ordinaire de parti. L’amphithéâtre Landry de l’Università di Corti, comble, accueillait plus de 500 personnes : militants, élus, sympathisants et personnalités venues entendre les responsables du PNC et d’Avanzemu annoncer l’écriture d’une nouvelle page et tourner celle du traumatisme provoqué par la déchirure ayant emporté Per a Corsica en 2021. Saveriu Luciani, après un hommage appuyé à Antoine Ciosi, a certes ouvert en insistant sur la gestion, selon lui et ses amis, aussi hégémonique que catastrophique de la Collectivité de Corse par la majorité siméoniste.
Mais il a aussi annoncé que le Congrès n’entendait pas se limiter à ressasser, critiquer et condamner. Il a dit haut et fort que l’heure était à la construction d’une nouvelle offre politique. Ceci a été immédiatement concrétisé par l’intervention d’un étudiant en Droit de 17 ans, qui a exprimé la volonté des jeunes du parti de prendre en compte les préoccupations quotidiennes des jeunes Corses et aussi des autres générations, et en conséquence d’apporter des réponses concrètes aux problématiques de précarité, de logement, de coût de la vie, de difficultés à se déplacer, d’isolement social. Ont suivi les interventions de trois acteurs de la vie économiques qui ont insisté sur la nécessité de traiter au plus vite trois urgences : la fragilité du tissu entrepreneurial, le risque d’une crise énergétique, le risque d’une crise hydrique.

Ouverture, ouverture, ouverture…


Après avoir souligné et loué le maillage territorial PNC-Avanzemu de plus en plus conséquent, Pascal Zagnoli, secrétaire national du PNC, a dévoilé une partie de la démarche stratégique du parti et des élus Avanzemu : faire d’AVÀ une dynamique collective associant au pôle PNC-Avanzemu, des élus, des acteurs économiques, des militants associatifs, des personnalités de la société civile et des citoyens ne souhaitant pas nécessairement entrer dans un parti, voulant œuvrer pour la Corse et son peuple. Il a précisé que le PNC n’entendait pas disparaître derrière AVÀ mais entendait au contraire en constituer le socle politique et idéologique.
Avec AVÀ, le PNC veut manifestement étendre son champ politique et ne s’interdire aucun débat : pouvoir d’achat, logement, agriculture, précarité, développement économique, environnement, avenir des territoires, seront mis sur la table. Mais seront aussi abordées sans tabou des questions plus sensibles « longtemps enfermées dans des débats idéologiques ou caricaturées par les uns et les autres » : la démographie et l’immigration notamment. L’idée est de ne pas laisser à d’autres, notamment aux « bruns », le monopole de ces débats. Les questions selon le PNC doivent pouvoir être posées, discutées et documentées librement sans que leur évocation vaille procès d’intention ou stigmatisations. Selon le PNC, une formation politique qui prétend construire l’avenir de la Corse doit être capable de regarder la réalité en face, y compris lorsqu’elle est inconfortable ou suscite des remises en question. Le paradoxe revendiqué de la stratégie AVÀ sera là : élargir le rassemblement sans diluer le nationalisme, débattre sans polémiquer.
Le PNC souhaite donc rassembler au-delà des seuls nationalistes, mais à partir d’un socle qui demeure clairement nationaliste. La volonté n’est pas de constituer une addition d’appareils ni une coalition électorale de circonstance. Il s’agit de construire, dans la durée, une démarche politique capable de porter un projet pour les vingt ou trente prochaines années. Liberté de parole et volonté d’ouverture auront toutefois des limites qui ont été fortement martelées par Jean-Christophe Angelini : me PNC entend se tenir à distance de toute confusion avec l’extrême droite et refuse que la recomposition nationaliste puisse servir de passerelle au « brun » du RN ou de Mossa Palatina.

Une démarche selon trois dimensions


Jean-Christophe Angelini a situé la dimension AVÀ (et a au passage fait savoir qu’il la porterait lors des prochaines élections territoriales) comme devant être à la fois civilisationnelle, opérationnelle et institutionnelle. Civilisationnelle parce qu’elle entend défendre une identité, une culture, une langue et une conception particulière de la société corse. Opérationnelle parce que le discours nationaliste ne peut plus suffire : il faut apporter des réponses au logement, à l’emploi, au coût de la vie, à l’agriculture, au développement économique et aux difficultés quotidiennes. Institutionnelle enfin parce que la question de l’autonomie demeure au cœur du projet.
Sur ce terrain, Jean-Christophe Angelini a rappelé la position du PNC sur le processus engagé après Beauvau. Le mouvement reste favorable à une sortie politique du conflit entre la Corse et Paris, mais refuse que cette perspective se traduise par une autonomie vidée de sa substance. Pas question, donc, d’une autonomie au rabais. Le PNC entend défendre une véritable capacité normative et législative, ainsi que la reconnaissance des droits du peuple corse sur sa terre.
À l’approche de l’examen du projet constitutionnel au Sénat, le message est donc clair. AVÀ veut donc tenter autre chose : faire du PNC un socle plutôt qu’une frontière, du nationalisme un point de départ plutôt qu’un aboutissement, et du débat politique un moyen de faire société et nation. Le pari est considérable. Il faudra désormais transformer l’élan de Corte en organisation, en projet et, surtout, en résultats. C’est là que commencera véritablement la nouvelle page annoncée.

Pierre Corsi
crédit photo : PNC
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