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De jeunes ajacciens initiés au métier de coutelier

Mettre en valeur l’art local

De jeunes ajacciens initiés au métier de coutelier



Seize élèves d’établissements scolaires de la Cité impériale ont participé avec Dominique Santoni et Anthony Foïs, deux artisans, à l’élaboration d’un couteau. Un projet de plus de deux mois réalisé dans le cadre de la Cité éducative de la Ville d’Ajaccio…


Mettre en valeur l’art local

Mercredi 30 septembre dernier au Jardin botanique du parc Berthault à Ajaccio. Une dizaine d’enfants de 8 à 12 ans jouent au football tandis que des adultes ont installé une table avec un goûter. L’instant est à graver d’une pierre blanche puisqu’il s’agit de la restitution d’un projet de deux mois initiés par le service de la Cité éducative de la Ville d’Ajaccio. « Nous ciblons les enfants en situation de difficulté, explique Stéphanie Simonet, directrice de la structure, et nous essayons, en accord avec les parents, de les initier à des activités. Ce projet a été réalisé dans le cadre de la Cité Éducative. Nous avons travaillé, cette année, autour de la confection d’un couteau. L’idée étant de mettre en valeur l’art local avec deux artisans qui ont gentiment accepté d’apporter leur contribution. »

Deux mois de travail

Issus de plusieurs établissements scolaires de la ville (collèges Arthur Giovoni, Stilettu, école des Cannes…), seize enfants se sont donc retrouvés chaque mercredi durant deux mois, à la maison de quartier des Cannes afin de confectionner un couteau avec la forge et tous les outils artisanaux nécessaires. Le tout avec Anthony Foïs, forgeron-coutelier et Dominique Santoni, spécialisé dans le cuir. « C’était un beau projet, explique Renata (11 ans), on a pris de l’acier que l’on a passé au feu, nous l’avons ensuite aplati et une fois lissé, on a fait le manche avec de l’olivier sauvage... »

Un porte-clé en cuir et des photos du projet

Grâce aux connaissances parfaites, à l’expérience, mais aussi à la pédagogie des deux artisans, le couteau a été réalisé en deux mois en comptant l’étui en cuir. Les enfants ont ensuite gravé l’initiale de leur prénom sur le manche. Parallèlement, un porte-clés en cuir a été remis à chacun d’entre eux, toujours avec l’initiale gravée. Le tout accompagné d’une photo avec un QR-code donnait accès à tous les clichés réalisés lors de la fabrication du couteau.
« On s’est efforcé de transmettre une passion, souligne Anthony Foïs, artisan-coutelier depuis deux ans, on parle avec le cœur et l’on doit donner un fil conducteur à cette jeunesse dans un monde bien difficile. C’est important de ne pas perdre nos valeurs et nos traditions. »

Vers une reconduction

Un sentiment partagé par Dominique Santoni, l’autre artisan. « Les enfants ont été très réceptifs à ce projet. Ils y ont adhéré avec beaucoup de sérieux. Peut-être aurons-nous suscité une vocation, qui sait ? »
Sur le coup des 16.00, un gâteau élaboré par les mamans a été symboliquement coupé avec le couteau en préambule au goûter attendu avec impatience par les enfants. « Je souhaite remercier les deux artisans, mais aussi les assistantes sociales qui se sont investies totalement dans ce projet, conclut la directrice, ce fut un travail assez long. »
Un projet qui, semble-t-il, est appelé à se renouveler l’an prochain, mais avec, sans doute, le soutien de cette première équipe, laquelle apportera, déjà, son expérience. De quoi, pourquoi pas, susciter des vocations…

Philippe Peraut
Crédit photo : PH.P
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