A parolla à i merri : Jean-Charles Orsucci (Bonifacio)
« Nous misons sur un tourisme durable »
A parolla à i merri : Jean-Charles Orsucci (Bonifacio) : « Nous misons sur un tourisme durable »
Réélu sans surprise en mars dernier pour un nouveau mandat à la tête de la Cité des falaises, Jean-Charles Orsucci évoque la rentrée scolaire avec le maintien de l’uniforme, un premier bilan touristique, le congrès de l’ANEL, sans oublier son soutien à Gabriel Attal lors des prochaines élections présidentielles.
— Votre commune a décidé de maintenir l’uniforme scolaire lors de la rentrée, et ce à vos frais compte tenu de l’absence de financement de l’État. Pourquoi ?
Nous avons consulté la communauté scolaire et considéré que l’expérimentation était positive. Les parents ont estimé à 95 % qu’il fallait poursuivre l’aventure, les enfants et les enseignants également. Nous avons donc décidé de compenser le désengagement de l’État et nous avons pris en charge la totalité de ce pack destiné aux enfants. Le coût est de 24 000 euros, mais on est fier de parce que l’école est la mère de toutes les batailles.
— Quelle analyse faites-vous de la saison estivale dans votre commune ?
J’aime bien attendre la fin octobre ou début novembre pour avoir l’ensemble des éléments et donner mon sentiment. L’arrière-saison est un moment de plus en plus important dans l’économie locale. Les derniers chiffrent qui m’ont été communiqués évoquent un taux de remplissage des parkings identique à 2025, un port de plaisance qui a mieux fonctionné. Je pense qu’il y eu du monde même si certains commerçants se plaignent, d’autres sont satisfaits. Cela veut dire qu’il y a peut-être des changements dans la consommation de notre clientèle. Il convient également de prendre en compte le nombre d’établissements qui voient le jour chaque année. Je crois que c’est une saison globalement plutôt bonne. Mais pour cela, nous travaillons depuis des années à son élargissement.
— Quels axes de développement préconisez-vous ?
Nous misons sur le patrimoine, la qualité de vie, un tourisme durable. J’ai fait visiter, à cet effet à la ministre de la Culture le mois dernier, le couvent Saint-Dominique, qui est l’actuelle mairie et le couvent Saint-François où nous allons implanter la maison de la culture. J’ai expliqué à la ministre de mer qu’à Porto-Vecchio, Saint-Florent ou Propriano, la fréquentation des ports est en baisse parce que l’interdiction totale de mouillage des bateaux de 24 m a eu des répercussions négatives sur l’économie et globalement sur l’économie insulaire. Il nous faut avoir une vision en Corse et l’assumer. Il n’y aura pas de redistribution de richesses si on n’est pas capables de les créer.
— Vous êtes, par ailleurs, Président de l’Association des Élus du Littoral (ANEL), dont le 45e congrès s’est tenu les 24 et 25 septembre au mont Saint-Michel. Quels ont été les thèmes évoqués ?
Nous sommes dans les 400 ans de la marine nationale et une action a été initiée dans cette direction. Nous fêtons, par ailleurs, les 40 ans de la loi littoral. Nous n’avons pas vocation à la modifier, mais à l’actualiser. Cela signifie que nous devons être capables de dresser un diagnostic et de l’adapter, notamment par rapport au changement climatique, aux ambitions agricoles, à la souveraineté alimentaire... Aujourd’hui, un établissement du bord de mer n’est plus le même que celui de 1986. Il faut prendre en compte ces nouvelles données pour renforcer cette loi dans sa dimension de protection, mais aussi de développement.
— Vous soutiendrez Gabriel Attal lors des élections présidentielles d’avril prochain. Une logique ?
C’est une continuité de mon engagement. Je suis dans le bloc central depuis déjà fort longtemps et membre de l’exécutif du parti Renaissance. Gabriel Attal m’a demandé d’être son porte-parole, j’ai accepté parce qu’il a des idées progressistes et j’estime notamment qu’il sera le soutien le plus clair du processus Beauvau.
Interview réalisée par Philippe Peraut
Crédit photo : PH.P