• Le doyen de la presse Européenne

Stupéfiant entêtement !

Une nouvelle loi permet donc en France de verbaliser un consommateur de drogue tandis qu'auparavant......
Stupéfiant entêtement !

Une nouvelle loi permet donc en France de verbaliser un consommateur de drogue tandis qu’auparavant il passait devant un tribunal pour recevoir un « rappel à la loi » ce dont il se moquait royalement. Ne serait-il pas plus simple de dépénaliser au moins l’herbe ?


Pan-pan cucul pour les drogués

Concrètement, toute personne majeure identifiée par des policiers ou des gendarmes comme étant en possession d’un maximum de 50 grammes de cannabis, de 5 grammes de cocaïne ou de 5 cachets ou grammes de poudre d’ecstasy – quantités qui peuvent être revues à la baisse par les parquets – peut se voir infliger une amende de 200 euros, ramenée à 150 euros si elle est payée dans les quinze jours et majorée à 450 euros au-delà de quarante-cinq jours avec tout de même une inscription des faits au casier judiciaire.
On sait depuis belle lurette que la consommation de la drogue n’est pas une question de répression mais bien un mal de société. Il fut un temps où l’opium était vendu par la SEITA, organisme public, qui commerçait également le tabac.
Pour faire court acheter un produit stupéfiant ou dangereux est considéré comme légal s'il verse des taxes à l’état mais devient dangereux dès lors qu'il est commercialisé par des circuits illicites et, de ce fait, est considéré comme dangereux. Un vrai foutage de gueule. Alors même que l’alcool combiné au tabac est la première cause de mortalité en France. Mais c'est légal !

Le poids du légal et de l’illégal

Le tabac a fini par ne plus être cultivé en France à cause de l’offensive brutale des cigarettiers américains. Finies ou presque les brunes qui arrachaient la gueule mais provoquaient un sentiment de fierté nationale : Gitanes ou Gauloises, c’était la France et les cancers étaient tricolores. Le seul lobby tabagique existant en France était nationalisé (et cela depuis Colbert), il ne pouvait tenir tête aux grands groupes états-uniens et il a cédé. Il en va différemment pour le lobby pinardier qui parvient à mettre en échec la plupart des offensives de santé étatique.
Et pourtant il y aurait de quoi. C’est très simple : chaque année il meurt 40.000 personnes à cause de l’alcool, plus de victimes que celles causées par le Coronavirus. Le silence des autorités est accablant. C’est que cela tient du culturel mais que surtout il ne faut surtout pas s’aliéner les corps de métier afférents. Quant au tabac, c’est 73.000 morts par an. Face à une telle mortalité, les drogues illégales jouent dans la cour de récré des maternelles. Entre 300 et 400 morts par an à cause de surdoses ce qui ne signifie évidemment pas que ça n’est pas dangereux.
Aux États-Unis, les opiacés et dérivés provoquent la mort de 60.000 personnes par an. Mais c’est par le truchement d’analgésiques vendus légalement. Cette consommation décrit surtout une société angoissée, malade et sans repères. Enfin qui connaît la banlieue parisienne sait le poids de l’économie souterraine en grande partie celle de l’herbe et du haschich dans les familles les plus pauvres des cités. Or, sans cet apport financier il y a tout lieu de penser que nous assisterions à une explosion sociale non maîtrisable.
C’est la raison pour laquelle les policiers ont souvent l’ordre de mener des opérations qui ont pour but unique de démontrer que l’état se préoccupe de la sécurité. C'est tout.

Légaliser ou pas

La légalisation n’apparaît donc plus comme une question morale pourquoi le cannabis et pas le tabac ? Pourquoi l’herbe et pas l’alcool ? mais comme une question à gérer politiquement dans un pays à forte tradition catholique et donc sensible à la séparation du « bien » et du « mal ».
Il en va autrement avec les peuples marqués par un protestantisme beaucoup plus libéral. Cependant, force est de constater que l’hypocrisie est la maîtresse de l’ordre moral.
En Corse, la circulation de la drogue parmi la jeunesse est un secret de Polichinelle. La consommation du cannabis est en France de très loin la première (+ de 80 % de l'ensemble des stupéfiants) avec 3,9 millions de consommateurs dont 1,2 million de consommateurs réguliers. Plus de la moitié d’entre eux font un usage épisodique mais environ 1/3 ont une consommation problématique et 10 % se trouvent au stade de la dépendance. Elle touche essentiellement la jeunesse (30 % de consommateurs réguliers chez les jeunes adultes et plus particulièrement les garçons environ 80 % -). À l’âge de 16 ans, les jeunes Français sont actuellement les premiers consommateurs d’Europe.
Alors franchement, réprimer par l’argent est ou un pis-aller ou une mesure contre-productive car celles et ceux qui n’auront pas les moyens de payer vont se débrouiller autrement. Mieux vaudrait légaliser et chercher à comprendre.

GXC
Partager :