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Una Volta et Le Régent :La fête du cinéma d'animation

Du 10 au 12 novembre la fête du cinéma / Cinética

Una Volta et Le Régent
La fête du cinéma d’animation



Du 10 au 12 novembre le Centre culturel bastiais, Una Volta et le cinéma, Le Régent unissent leurs compétences pour proposer aux petits et aux grands, Cinetica, qui met à l’honneur le cinéma d’animation. Des courts et des longs-métrages de tous styles, de toutes approches, aux sujets très divers provenant de tous pays.




L’originalité de Cinetica est de s’adresser aux petits à partir de trois ans, aux écoliers du primaire, aux enfants qui s’apprêtent à intégrer le collège, à ceux qui se préparent aux « bonheurs » de l’adolescence souvent teintés de tristesse et ponctués de questionnements. Les parents, les jouvenceaux et jouvencelles ne sont absolument pas exclus des festivités ! Bien au contraire ils sont invités à se joindre aux découvertes d’un cinéma qui peut être poésie, turbulences héroïques, historiques ou amusantes.

La programmation est si riche qu’on ne peut se faire l’écho que de quelques films. En « une » : « Linda veut du poulet » de Chiara Malta et Sébastien Laudenbach qui a la grâce de mêler peine et sourire, fougue et réflexion. Cette « Linda » là a reçu le Cristal, récompense suprême du festival d’Annecy qui est le « must » en matière d’animation. « Linda veut du poulet », précision capitale : aux poivrons parce que c’était le plat fétiche de son père mort prématurément. Le film parle de la perte d’un être chéri mais encore de la solidarité de tout un quartier qui vient en aide à la fillette et ce sans arrière-pensée. Il y a beaucoup de cocasserie dans la recherche échevelée d’une volaille alors que les commerces sont fermés, les activités arrêtées par une magistrale grève qui touche l’ensemble des secteurs économiques.

Ce poulet aux poivrons c’est le père de la petite retrouvé avec les odeurs de ce met inondant ses narines, avec les saveurs de cette cuisine stimulant ses papilles. Particularité du film : les dialogues ont été interprétés comme s’il s’agissait d’une pièce de théâtre et l’animation est venue ensuite. Cette réalisation fantasque use également avec brio des couleurs, pour Linda le jaune solaire, pour sa maman l’orange, pour les autres personnages du bleu, du vert, du mauve. Les protagonistes sont dessinés au trait noir qui épure les scènes sans leur ôter de la vivacité, du dynamisme et valorise la vie qui imprègnent le récit.

Autre film incontournable, celui du maître du cinéma d’animation, Hayao Miyazaki, « Le garçon et le héron » qui sera projeté en exclusivité à Bastia. Le cinéaste a réalisé cette histoire de 2016 à 2023 alors qu’il avait pris sa retraite… soi-disant ! Empruntant une tonalité fantastique et poétique le film est ancré dans un Japon guerrier des années trente. Le héros est un petit orphelin qui va apprendre à comprendre peu à peu le monde qui l’entoure. Apprentissage difficile mais positif puisque l’oncle du gamin l’épaule. « Le garçon et le héron » … une merveille !

A ne pas manquer non plus :
« Mars express » de Jérémie Perrin, prix du public à Montréal, remarqué à Annecy, une science-fiction qui interpelle sur notre présent et surtout sur notre avenir.

Michèle Acquaviva-Pache

Cinetica propose des ateliers de doublage, de stop motion, d’animation 2 D, d’arts plastiques

Extraits de la programmation

Vendredi 10 / 11

14 h : Compétition internationale de courts-métrages d’animation étudiants
18 h 30 : « Le garçon et le héron ».
20 h 45 : « Linda veut du poulet »

Samedi 11 /11

10 h 30 : « Le garçon et le héron ».
15 h 45 : « Linda veut du poulet ».
16 h « Marcel le coquillage avec ses chaussures ».
18 h : « Mon ami robot », primé à Annecy.
20 h 45 : « Mars express » en présence de J. Perrin.

Dimanche 12 / 11

10 h 45 : « U tupone ladrone », en présence de l’équipe de doublage corse.
15 h 15 : « Marcel le coquillage avec ses chaussures ».
18 h 15 : « Blue giant » (VO).

Programme intégral sur Centru cultural Una Volta.com




ENTRETIEN AVEC LAURENT HERIN DE CINECITA


Pourquoi cet intitulé de Cinetica ?

Au début de la manifestation, il y a huit ans, nous avions choisi, Rencontres du film d’animation de Bastia. Cette manifestation était une idée d’Una Volta, organisateur de la BD à Bastia et du cinéma, Le Régent. L’année dernière nous avons estimé que cette appellation était trop longue. On a cherché quelque chose qui ait une accroche plus pertinente. L’équipe de Fiura Mossa (studio de doublage en corse) nous a aidé à trouver, Cinetica, qui sonne bien car imagée et esthétique et qui parle ici et ailleurs.

Pourquoi avoir retenu comme thème le cinéma d’animation ?

Una Volta et Le Régent voulait faire quelque chose en commun. Ce quelque chose il nous a semblé naturel que c’était le cinéma d’animation venant en prolongation de BD à Bastia et s’insérant parfaitement dans les projections du Régent. On a donc braqué l’éclairage sur ce genre de cinématographie. Depuis lors on est en quête de films d’auteurs qui ne passent pas en salles. Les blockbusters ne nous intéressent pas ! On cherche à faire des trouvailles. Cette année, par exemple, on montre une perle, « Blue giant » du japonais Yuzuru Tachikawa qui se déroule dans le milieu des jazzmen.

Le cinéma d’animation n’est plus réservé aux enfants mais touche aussi les adultes…

A Cinetica nous ne sommes pas un festival et donc pas tenu de projeter des films inédits. Nous nous adressons à tous les âges à partir de trois ans. On est conscient qu’avec notre sélection nous ne laissons pas non plus indifférents les adolescents, qui viennent de plus en plus nombreux à nos séances. Est-ce dû à leur passion pour les mangas et l’atmosphère qu’ils développent autour d’eux ? ...En tous cas les ados aiment particulièrement les réalisationscréées dans l’esprit de l’animation japonaise.

Dans le domaine cinématographique qu’apporte de plus l’animation ?

Par rapport aux prises de vue réelles l’animation n’a pas de limite. Elle laisse libre court à l’imaginaire des cinéa​stes, qu’elle s’inscrive dans une ambiance de poésie ou d’action. Le trait fuse et les créateurs peuvent l’amener où ils le souhaitent. C’est une grande liberté. Si j’illustre ce propos par « Linda veut du poulet », je vois que les personnages de ce film sont totalement libres dans un tourbillon de mouvements. Le récit est très dynamique et déploie une énergie folle !

Comment élaborez-vous votre programmation ?

On s’appuie sur Arnaud de Gardebosc, programmateur du Régent et d’Arte Mare. Notre objectif est de mettre un coup de projecteur sur toute la production d’une année, en l’occurrence 2023. Les films retenus peuvent être tchèques, russes, allemands, anglais, géorgiens il en va ainsi des courts-métrages destinés aux petits. Pour les spectateurs plus âgés, en général les long-métrages, ils viennent également d’un vaste espace géographique, y compris des Etats-Unis si ce sont des films d’auteurs. Exemple : « Marcel, le coquillage avec ses chaussures » de Dean Fleischer Camp, film américain en stop motion, nommé aux Oscars et « Mon ami robot » de Paolo Berger, primé à Annecy.

Le Japon et les USA dominent-ils toujours le cinéma d’animation ?

Au « pays du soleil levant », aux Etats-Unis il faut ajouter la France qui a une production conséquente de qualité. Dans notre compétition de courts-métrages des étudiants nous avons toujours beaucoup de français, de belges, de suisses.

« Linda veut du poulet » a eu une séquence corse. Qu’en est-il ?

Chiara Malta et Sébastien Laudenbach, ses réalisateurs ont participé à une résidence de création à Casell’Arte de Venaco. Ils sont arrivés avec leur scénario bouclé et ont travaillé au découpage du film. Ils ont œuvré à l’ancienne en dessinant à la main. Leur résidence a duré trois semaines. Tous les ans Casell’Arte reçoit une cinquantaine de projets et sélectionne six auteurs de fiction et six d’animation. Cette association venacaise est fière et heureuse que « Linda veut du poulet » ait été présentée à Cannes et primée à Annecy.

Pourquoi doit-on dire cinéma d’animation et non dessin animé ?

La notion de cinéma d’animation est plus large. Ainsi « Marcel le coquillage avec ses chaussures » est réalisé en stop motion, soit en pâte à modeler et non en dessins. Les grands festivals préfèrent l’appellation cinéma d’animation qui a une connotation plus sérieuse.

Vos invités ?

Margaux Duseigneur à qui on doit notre affiche et qui a dessiné les décors de « Linda veut du poulet ». Elle viendra parler de ce film et de son expérience cinématographique. Nous allons aussi recevoir Jérémie Perrin, auteur de « Mars express », primé à Montréal et sélectionné à Annecy, le plus important festival d’animation. Son film est de la science-fiction se situant entre Métal Hurlant et Asimov.

Propos recueillis par M. A-P
















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