Prete Antone Peretti : la foi d’un Taravese
l’abbé Antoine Peretti contraste de par son caractère et la joie qu’il dégage avec l’image que l’on a coutume de se faire d’un prêtre.
Prete Antone Peretti : la foi d’un Taravese
Ordonné en avril 2017 à l’âge de 63 ans, l’abbé Antoine Peretti contraste de par son caractère et la joie qu’il dégage avec l’image que l’on a coutume de se faire d’un prêtre. Un personnage atypique, très attachant et, bien sûr, un homme de Dieu qui sait trouver, par ses mots, le moyen d’éveiller les cœurs.
Si Marcel Pagnol l’avait rencontré, il en aurait peut-être fait un excellent « Don Camillo ». Sauf qu’Antoine Peretti, lui, est réellement un prêtre. De ces hommes qui ne passent pas inaperçus et qui n’ont pas leur pareil pour transmettre la foi, l’Évangile, mais aussi les us et coutumes nustrali.
Un précurseur du riacquistu
Né à Ajaccio et aîné d’une fratrie de deux frères, il a ses racines à Azilone par son père et Frassettu par sa mère. Et s’il a suivi sa scolarité au lycée Fesch d’Ajaccio puis décroché une licence de droit à Nice, au milieu de centaines de Corses, l’université de Corte n’étant pas encore ouverte, Antoine Peretti a conservé ses racines dans le Taravu, avec une parfaite connaissance des monodies et du chant sacré. Un personnage qui n’hésita pas à transmettre tout ce savoir dans les années quatre-vingt, ouvrant sa porte à une jeunesse passionnée de chants traditionnels. Mais quand on mesure, un peu plus tard, le chemin parcouru et les différentes fonctions-président du ciste, membre du conseil d’administration de la fraternité du partage, cadre à l’ANPE et diacre, on se demande où il a bien pu trouver le temps... « Un homme sans passion, insiste-t-il, est comme un roi sans sujets... »
« Si la foi frappe à votre porte, on ne peut que l’ouvrir. »
C’est en 1988, à l’initiative de Monseigneur Thomas, qu’il intègre un groupe de réflexion. « Il faut qu’Antoine soit diacre m’avait-il dit à l’époque, j’ai été ordonné en 1992 avec le regretté Georges Luccioni, de Bastia. Une logique car si la foi frappe à votre porte, on ne peut que l’ouvrir. »
Antoine Peretti officiera de longues années à Ajaccio et dans le Taravu. Et puis son investissement lui vaudra en 2014, d’être sollicité par l’évêque du diocèse d’Ajaccio pour la Corse, de l’époque, Monseigneur de Germay. Pourquoi ? « Les voies du Seigneur sont impénétrables, plaisante-t-il, il me suggéra de faire une demande pour être prêtre. J’acceptai parce que je sentais que le moment était venu... »
« L’ouvrier de la onzième heure en quelque sorte. Le diacre suit, à raison de courtes périodes, tous les trois mois, une formation de séminariste près de Toulon. Avant que le grand jour n’arrive le 30 avril 2017 dans une cathédrale Santa Maria Assunta d’Ajaccio, pleine comme jamais ! “Je ne puis exprimer ce que j’ai ressenti ce jour-là... Et j’ai dû, progressivement embrasser de nouvelles responsabilités. La suite logique de mon parcours...”
Prêtre et maire durant cinq ans
Mais comme il est peu enclin à faire les choses dans la “normalité”, le prêtre dut cumuler cette nouvelle fonction avec celle de... maire d’Azilone, qu’il occupa durant 23 ans. “J’ai demandé à Mgr De Germay d’aller au bout de mon mandat jusqu’en 2022. Il m’arriva de célébrer des mariages et de passer de l’écharpe tricolore à la soutane. Les gens disaient : ‘Mì, u preti hè u frateddu di u merri…. »
Ainsi, et depuis douze ans, u prete Peretti officie principalement dans sa région, n’hésitant ni à célébrer les messes en langue corse, ni à chanter. Personnage truculent — il a même rencontré Noël Rocchiccioli à Cargèse —, il a assuré des soirées caritatives, faisant étalage de ses qualités vocales. Homme de Dieu, bien sûr, il transmet sa bonne humeur autour de lui. ‘Dieu n’est pas triste, conclut-il, la foi et l’espérance se transmettent dans la joie...’
Une joie que l’abbé Peretti continue à faire rayonner, ne laissant jamais personne insensible à ses propos.
Philippe Peraut
Photo : Diocèse d'Ajaccio pour la Corse