Congrès du PCF : en somme, toujours la même chanson
Le Parti communiste français (PCF) a dernièrement tenu son 40e congrès. Quasiment mêmes paroles et même mélodie des seventies.
Congrès du PCF : en somme, toujours la même chanson
Le Parti communiste français (PCF) a dernièrement tenu son 40e congrès. Quasiment mêmes paroles et même mélodie des seventies.
Fabien Roussel a été réélu secrétaire national. Son texte d’orientation intitulée « Un communisme de conquêtes, Base commune votée au 40e Congrès » qui a été adopté, insistait sur : défendre les droits et les revendications du monde du travail ; renforcer le service public ; retrouver une souveraineté économique notamment à partir de la reconquête industrielle ; travailler à rendre la gauche majoritaire ; œuvrer à des rassemblements pour les élections législatives.
Par ailleurs, il a été décidé, pour l’élection présidentielle, de porter une candidature issue des rangs du parti. Le 40e congrès est au fond resté quasiment fidèle à une ligne politique et électorale qui a été adoptée en 1972 lors du 20e congrès et de l’accession de Georges Marchais au secrétariat général, et qui peut se résumer ainsi : rechercher l’union de la gauche pour gagner les élections et non plus créer les conditions d’une conquête révolutionnaire du pouvoir ; toujours apparaître comme étant le parti des travailleurs, du service public, de l’économie dirigée, du produire français ; privilégier l’union de la gauche pour protéger ses élus ou obtenir des investitures dans des circonscriptions considérées gagnables ; avoir une approche très pragmatique des élections présidentielles (candidature communiste ou non selon le contexte et les intérêts du parti). En somme, depuis 1972, toujours la même chanson...
Amendement dénonçant le Projet de loi constitutionnelle
Michel Stefani et Marc-Antoine Leroy, respectivement secrétaires fédéraux de Haute-Corse et de Corse-du-Sud, étaient présents et ont participé. Michel Stefani a déposé un amendement dénonçant le « Projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République » adopté en première lecture à l’Assemblée nationale soulignant qu’existait une incompatibilité entre le projet de loi et les valeurs auxquelles le PCF se réfère : « L’objectif de notre amendement est de montrer ce que ce projet implique, et ce à quoi nous restons attachés dans le prolongement de l’engagement de nos aînés. » Il a eu gain de cause. En page 18 de « Un communisme de conquêtes, Base commune votée au 40e Congrès », il est écrit : « Les collectivités locales sont le cœur battant de la République, elles doivent disposer des moyens (financiers comme humains) nécessaires pour répondre aux besoins des populations.
Une et indivisible, la République ne peut être morcelée, au nom d’une fausse décentralisation, par un fédéralisme source de concurrences, de fractures et d’inégalités. De ce point de vue, le projet constitutionnel d’autonomie de la Corse est une atteinte grave aux principes et à la conception même de la nation et de la République. Ainsi, ce qui est valable pour la Corse, cofondatrice de la nation depuis le 30 novembre 1789, le serait pour d’autres régions métropolitaines. Pour la Corse, ce serait d’autant plus désastreux qu’elle est déjà la région où le taux de pauvreté et les inégalités sont les plus élevés de la France métropolitaine.
Une République démocratique est une République qui fait confiance à ses territoires et qui garantit leur égalité devant la loi commune ». Ces quelques phrases montrent que concernant la question Corse, le PCF en est quasiment resté aux grands traits de la ligne politique qu’avait inspirée, à partir des années 1970, l’ouvrage « Corse, Les raisons de la colère » : au mieux, autonomie de gestion.
En somme, depuis le milieu des années 1970, toujours la même chanson… Matière à mieux comprendre qu’au sein du groupe parlementaire Gauche démocratique républicaine (GDR) auquel appartiennent les députés PCF et qui compte 17 députés, (11 PCF, 6 Ultramarins) les 6 députés ultramarins ont voté pour le Projet de loi constitutionnelle, et que 6 députés communistes sur 11 ont voté contre et 2 se sont abstenus.
Pierre Corsi
Crédit photos : Terre Corse/ PCF