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Pays de Galles : surtourisme et économie résidentielle

Comme chez nous, au Pays de Galles, les prix de l’immobilier flambent, le nombre de logements disponibles à la location à l’année diminue,.....

Pays de Galles : surtourisme et économie résidentielle



Comme chez nous, au Pays de Galles, les prix de l’immobilier flambent, le nombre de logements disponibles à la location à l’année diminue, les actifs doivent s’éloigner de leur lieu de travail, les jeunes doivent quitter la commune où ils ont grandi, car ne pouvant ni louer, acheter un logement. Certaines communes très animées en juillet et août sont, l’hiver venu, des déserts et des rangées de maisons aux volets fermés. Comment rester attractif sans devenir inhabitable et inhabité ? Faut-il réguler les flux touristiques et dissuader d’acheter une maison ?


La sensation de subir un surtourisme ou l’économie résidentielle n’est pas ressentie que chez nous et des manifestations de rejet ne sont pas vraiment un phénomène nouveau. Depuis des décennies, le tourisme et ses adeptes sont critiqués. Cependant le développement touristique de plus en plus massif et voyant du tourisme puis celui de l’économie résidentielle, ont créé de plus en plus fréquemment des conditions d’un rejet du fait de ressentis par les populations autochtones d’une dépossession immobilière (locations de courte durée et résidences secondaires représentant une part très importante du parc immobilier), de rencontres mal acceptées de cultures ou de modes de vie différents, de conflits d’usage du domaine public. Cela est particulièrement ressenti sur le littoral. Certains événements (notamment la pandémie Covid) ou la transformation du travail (notamment avec le télétravail) ont accentué l’hostilité et la méfiance en ajoutant de nouveaux habitants venus d’ailleurs et, uniquement ou presque, motivés par des considérations de confort de vie. Comme chez nous, au Pays de Galle, les prix de l’immobilier flambent, le nombre de logements disponibles à la location à l’année diminue, les actifs doivent s’éloigner de leur lieu de travail, les jeunes doivent quitter la commune où ils ont grandi, car ne pouvant ni louer, acheter un logement. Certaines communes très animées en juillet et août sont, l’hiver venu, des déserts et des rangées de maisons aux volets fermés. Un média gallois a dernièrement rapporté rapportait que dans une commune du Pays de Galles, 34,4 % des logements étaient des résidences secondaires ou des locations touristiques. Que dans une autre la proportion atteignait 45 % ! Des données récentes indiquent que dans certaines régions du pays, seulement 2 % des habitants seraient en mesure d’acheter un logement aux prix du marché local.

Davantage de visiteurs, davantage d’acheteurs de résidences secondaires.


Le surtourisme devient une composante majeure de l’économie locale. Les maisons de vacances se multiplient. Les prix immobiliers s’envolent. Mais les revenus locaux ne suivent pas nécessairement. Certaines communes finissent alors par connaître un paradoxe cruel : leur succès touristique contribue à rendre leur propre commune inaccessible à une partie de leur population. Une interrogation se fait jour : comment bénéficier du tourisme ou de l’économie résidentielle sans que les visiteurs ne trouvent plus ou perdent ce qu’ils recherchaient ? D’autant que le changement climatique pourrait tout accélérer. Si les étés méditerranéens connaissent plus fréquemment des épisodes de chaleur très forte, les destinations atlantiques et nord européennes pourraient encore gagner en valeur touristique et résidentielle. Certes des millions d’Européens ne vont abandonner demain la Méditerranée. Mais de premiers signaux peuvent être observés au fils des dernières années. Davantage de visiteurs. Davantage d’acheteurs de résidences secondaires. Le changement climatique pourrait ainsi produire une conséquence paradoxale. L’avantage du climat océanique pourrait devenir un facteur de déséquilibre économique, social et culturel, car étant un puissant accélérateur de pression immobilière et démographique. Comment rester attractif sans devenir inhabitable et inhabité ? Faut-il réguler les flux touristiques et dissuader d’acheter une maison ? La question n’est-elle pas plutôt de savoir comment conserver suffisamment de logements permanents pour que les communes littorales demeurent de véritables communes. Les autorités galloises ont introduit des mécanismes fiscaux spécifiques et les collectivités peuvent appliquer des majorations importantes aux résidences secondaires. Dans une des régions du Pays de Galles, le régime applicable aux locations touristiques impose notamment un seuil annuel de 182 jours de location effective pour bénéficier du régime fiscal réservé aux entreprises, tandis que certaines résidences secondaires supportent une majoration de taxe locale de 125 %. Mais les mesures de régulations restent contestées. Certains estiment qu’elles fragilisent leur activité. D’autres considèrent au contraire qu’elles sont indispensables pour préserver les communautés locales. Au fond, il s’agit plutôt, au lieu de choisir entre tourisme et économie résidentielle et habitants, de trouver le point où le tourisme et l’économie résidentielle continuent d’enrichir une communauté sans commencer à l’évincer de son propre lieu de vie.

Alexandra Sereni
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