Pêche en eau douce
Ghjuvà Azara-Mariani à la Salmo Trek.
Pêche en eau douce : Ghjuvà Azara-Mariani à la Salmo Trek.
Pour sa 4e participation, le jeune insulaire n’est pas revenu bredouille de cette compétition pyrénéenne. Il nous en fait le récit.
À seulement 23 ans Ghjuvà Azara-Mariani est un pêcheur reconnu, sur l’île, mais bien au-delà de son petit village cap corsin d’Erbalonga. Souvent mis en avant dans des revues spécialisées ou dans des émissions telles « Échappées belles ». Si son terrain de jeu reste la mer ou les cours d’eau de Corse, il se rend souvent sur le continent. Il vient ainsi de boucler sa 4e Salmo Trek, une ée aux salmonidés* qui se déroule chaque année le premier week-end de juillet dans la Haute vallée d’Aure, dans le massif du Néouvielle. « L’épreuve se déroule sur 3 jours, et 2 nuits, en équipe de deux, en autosuffisance totale » explique le jeune-homme. « Cette compétition réclame plusieurs aptitudes : Comprendre la pêche, savoir lire l’eau, maîtriser les techniques de pêche au leurre ou à la mouche, être en capacité de marcher, savoir se repérer. On vient de loin pour y participer : de Belgique, de Chine, de Roumanie ».
60 km, 30 lacs, 10 balises…
Pour cette édition 2026, Ghjuvà faisait équipe avec un autre insulaire Kevin Gueniot. « Le parcours comprend 30 lacs différents avec 10 balises à absolument valider sous peine d’élimination, avec deux épreuves chronométrées, une au départ, l’autre à l’arrivée, qui donnent des bonus au classement » détaille Ghjuvà. « On se déplace de lac en lac avec des points de passages obligatoires, et on doit ramener au moins 20 ombles chevaliers** si on veut être classé ». Dans cette compétition les concurrents partent avec un sac d’une dizaine de kg contenant le matériel de pêche, tente, sac de couchage, rechange, réchaud, nourriture lyophilisée, barres énergétiques. Si le bivouac est libre, sur des emplacements bien précis du parcours, les pêcheurs doivent les rallier avant 22 h. « Le parcours est de 40 km minimum, mais on peut faire plus en fonction des prises. Cette année nous avons dû couvrir 63 km sur les 3 jours avec un dénivelé positif de 4000 m pour atteindre le quota. Cette édition a été compliquée pour tous et les salmonidés bien difficiles à ramener sur le bord des lacs. Le changement climatique y certainement pour quelque chose. Cette année la région a connu des chutes de neige tardives, les lacs se sont dégelés plus tardivement. Autre facteur : Les poissons s’éduquent et se méfient de plus en plus ».
De nombreux Corses en lice
L’an passé, en binôme avec sa sœur Stella, Ghjuvà avait mis 6 heures pour atteindre le quota, terminant 12e au général et 1er en mixte. « Cette année il nous a fallu 12 h 30 et on a dû atteindre un lac supplémentaire, soit 10 km de plus à parcourir, pour avoir le quota ». À l’arrivée, Ghjuvà et Kevin héritent quand même d’une bonne 13e place sur 101 équipes. « Le résultat nous laisse un léger goût d’inachevé, car nous espérions mieux. Mais c’est aussi ça, la Salmo Trek : ne savoir s’adapter, persévérer et ne jamais rien lâcher. C’est une aventure aussi exigeante que magnifique, une aventure humaine, sportive et halieutique inoubliable ». À cette Salmo Trek participaient aussi Morgan Calu, de Porto-Vecchio. Avec son fils Milo, 9 ans, ils terminent 4e ! Marc Calu, son 2e fils, 11 ans, qui faisait équipe avec son parrain prend la 28e place. À noter la 1re participation de Michel Vittori et Joseph Tosi de Corte.
Ph.J.
Crédit photo : PH.J
*Salmonidés : Famille de poissons comprenant saumons, ombles, ombres, truites...
** Espèce communément appelée en France truite rouge.