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Isulimondi met le cap sur l’Irlande

La quatrième édition du festival « Isulimondi » va se dérouler du 24 au 27 septembre à la Cité Grossetti à Ajaccio

Isulimondi met le cap sur l’Irlande



La quatrième édition du festival « Isulimondi » va se dérouler du 24 au 27 septembre à la Cité Grossetti à Ajaccio. Cette année, c’est une « île sœur », l’Irlande, qui est invitée de la manifestation.


Voilà quatre ans que les rencontres « Isulimondi » — festival des îles du monde — proposent, à travers l’art, la culture, la gastronomie, l’histoire ou le patrimoine, un voyage permettant d’aller à la rencontre d’autres îles. Une mise en résonance afin d’explorer ce que les insulaires ont en commun. Ainsi, après l’Islande (2023), le Japon (2024) et les îles portugaises (2025), la manifestation ouvre un nouveau chapitre de sa jeune histoire en dédiant cette quatrième édition à l’Irlande dont la proximité avec la Corse, ne serait-ce qu’à travers la musique à danser, est frappante. Une véritable traversée culturelle entre deux îles à très forte identité.

Du Lazaret à la Cité Grossetti

Une nouvelle édition marquée par un nouveau cap avec l’installation du festival, qui s’était déroulé jusqu’à présent au Lazaret, près du centre-ville, au quartier Grossetti. Fidèle à son esprit d’ouverture et de partage, le festival mettra en exergue la singularité des deux îles, mais aussi leurs nombreuses similitudes. Parmi celles-ci, la poésie, la danse traditionnelle — même si elle a quasiment disparu en Corse —, l’histoire, la politique, l’identité, l’environnement et bien sûr la musique. Violon, guitares, flûtes, percus, harpe… De Dublin à Gallway, les pubs sont pris d’assaut tous les soirs du lundi au dimanche et la musique traditionnelle ou contemporaine résonne jusqu’à tard dans la nuit. La Corse n’est pas en reste avec ses quelque 200 à 300 groupes et/ou chanteurs.

La musique traditionnelle en guise de fil rouge

On aura donc vite compris que cette quatrième édition sera axée autour de la musique. Le trio irlandais Greta Curtin, Jessie Healy et Darragh Horan donnera le tempo le 24 septembre, jour de l’ouverture. Premier pont musical avec la chorale « coups de chœurs ». Le tout avant des ateliers de violon traditionnel animés par des violoneux corses et irlandais. Il sera également question d’histoire avec une conférence dédiée à la musique traditionnelle irlandaise. L’occasion, par ailleurs, de découvrir la langue gaélique, les danses et comment-autre point commun avec la Corse : la politique a façonné le pays (perte linguistique, riacquistu…). À travers des regards croisés, le public va pouvoir découvrir les instruments corses et irlandais, notamment la cornemuse et notre « caramusa » présentées par Christian Andreani, mais aussi la cetera. Au-delà de la musique, le festival va évoquer la littérature à travers une conférence consacrée à Jonathan Swift et son œuvre « Les voyages de Gulliver » « L’enfant des cendres », ouvrage de Marie Maurizi dédié à l’Irlande du Nord. Un atelier d’écriture autour de « l’imaginaire des îles », des ballades irlandaises et l’incontournable rencontre poétique (Norbert Paganelli, Doria Pazzoni Ciara Ni È, André Rigaut) apportant aussi chacun leur touche. Enfin, le septième sera, comme chaque année, présent à travers le documentaire « Musique irlandaise en France, une sixième province ? »
Et puis, impossible d’évoquer l’Irlande sans les sports gaéliques (lutte, handball, hurling…)
Au terme de quatre jours de partage, le festival va s’achever par une soirée musicale bien sûr — de clôture. Un évènement à ne pas manquer !

Philippe Peraut
Isulimondi 2026
24 au 27 septembre
Cité Grossetti, Ajaccio




       Anne-Marie Luciani, présidente du festival
« Isulimondi » est un festival dédié à l’échange, au partage et à la transmission »



–Pourquoi le choix de l’Irlande cette année ?
Pour tout vous dire, l’Irlande était notre idée à l’occasion de la première édition. De par nos points communs, il nous paraissait important d’ouvrir le festival sur l’Irlande. Et puis, chemin faisant, on s’est dit que pour nous démarquer véritablement dans cette démarche, il fallait partir un peu vers l’inconnu. C’est pour cela que l’Islande, puis le Japon, ont été les deux premières îles invitées. Avec les îles du Portugal, on s’est rapproché, surtout culturellement, de la Corse. Pour la quatrième édition, après trois années où le festival s’est posé, il nous a semblé judicieux de proposer l’Irlande.

–Une nouvelle aventure débute dans un lieu qui a changé ?
Oui, tout à fait ! Au vu de son site, le Lazaret nous semblait être le plus propice pour organiser cette manifestation. C’est un véritable écrin. Nous prenons, pour la première fois nos quartiers à la Cité Grossetti, un lieu plus « technocratique » et moins ouvert à ce type de festival. Le challenge va consister à « habiller » ce site de manière à y faire vivre notre festival.

–Une édition plus facile à mettre en place au vu de la proximité entre les deux îles ?
On a su trouver des similitudes avec les autres îles, notamment cet aspect insulaire qui nous est commun à tous. Il est vrai que, malgré la distance, l’Irlande et la Corse sont des îles très proches sur bien des points. Ce sont ces similitudes que l’on va s’efforcer de mettre en exergue. Et puis si la mer nous sépare géographiquement, elle lie les peuples humainement. L’insularité donne un sentiment d’appartenance très fort qui, loin de favoriser l’enfermement, doit ouvrir vers l’autre. C’est en tout cas l’esprit de notre festival.

La musique occupera une place importante cette année. C’était aussi un souhait de l’équipe organisatrice ?
La musique permet de franchir bien des barrières. On peut ne pas comprendre un mot d’une chanson, mais être touché par une mélodie. Il y aura donc des concerts de musique irlandaise, mais nous allons créer un pont musical entre la Corse et l’Irlande à travers des ateliers de violon, des rencontres entre violoneux des deux îles, la présentation d’instruments traditionnels corses par le groupe Caramusa, des ateliers de danse traditionnelle.

–Objectif ?
« Isulimondi » n’est pas un festival de spectacles proprement dit avec une barrière entre les artistes-conférenciers etc… et le public. C’est un lieu d’échanges, de partage, de convivialité et surtout de transmission. Celui qui ne transmet pas disparaît. Or, derrière la musique traditionnelle, il y a toujours une histoire, une mémoire. C’est aussi cela l’esprit du festival.

Interview réalisée par Philippe Peraut
crédit photo Philippe Péraut
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