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Planète : le soleil se lève à l' Orient

C'est à l'issue des crises que fleurissent les périodes nouvelles .

Planète : l’inversion des pôles


C’est à l’issue des crises que fleurissent les périodes nouvelles. Néanmoins, la tentation de l’homme est toujours de revenir vers du connu et d’utiliser de vieilles recettes qui, à coup sûr, évolueront à terme vers des échecs et donc des crises toujours plus profondes, plus violentes. Jusqu’à il y a peu, la modernité s’éveillait à l’Occident et s’étiolait à l’Orient. Or nous vivons une inversion de cette réalité tant sur le plan économique, qu’idéologique. Il se trouve qu’en même temps, la terre subit un phénomène cyclique qui aboutit à l’inversion des pôles magnétiques.


Le choc de l’effondrement soviétique


En 1989, deux siècles après le début de la Révolution française, l’Union soviétique s’effondrait comme un château de cartes, mettant fin en apparence à la bipartition du monde entamée en 1917 avec la révolution bolchévique et parachevée en 1945 avec la conférence de Yalta. L’analyse des puissances occidentales était alors que la liberté devenait enfin universelle. Trente ans plus tard, l’espace d’une génération, le constat est tout autre. Le rêve communiste, qui avait enflammé les populations telles plus pauvres, a été remplacée une quête religieuse et fanatique principalement islamique. La fuite américaine de l’Afghanistan met également un terme à l’universalisation des valeurs dites de progrès prônées par la Révolution française, valeurs qui ont justifié idéologiquement les aventures coloniales.
Nous allions dans ces terres lointaines pour offrir aux « sauvages » la « civilisation ». La révolution russe avait fonctionné selon le même principe. L’effondrement soviétique a donc provoqué un déséquilibre planétaire ouvrant la porte à l’émergence économique de l’Orient et de l’Extrême-Orient. Ce fut d’abord dans les années 80 l’émergence de nouvelles puissances industrielles comme l’Inde, la Corée du Sud, la Chine. Puis suivirent d’autres petits dragons qui provoquèrent un phénomène d’aspiration que nous appelâmes les délocalisations. Notre appareil productif gagna pour partie l’Extrême Orient. Nous perdîmes en même temps notre boussole idéologique.

Pauvres et riches


Les Lumières du XVIIIe siècle affirmaient un postulat : la technique serait la locomotive du progrès social. Ça n’était donc plus la providence divine ou la volonté aristocratique qui décidait du destin de chacun. Marx n’a fait que reprendre cette idée en subordonnant ce progrès à la mécanique des forces productives. Cependant, fortement imprégnés par la culture biblique, les penseurs progressistes imaginèrent des catégories qui, semblables au peuple hébreu, portaient en elle un destin messianique. La Révolution française avait conceptualisé l’idée d’un peuple ou d’une nation sanctifiée dans et par la République. Marx avait réduit au prolétariat la mission salvatrice. Avec les délocalisations provoquées par la montée en puissance de l’Orient, la gauche s’est trouvée en panne d’une catégorie humaine capable d’incarner son dessein. Elle a longtemps cherché le prolétariat messianique sans parvenir à trouver son substitut.
La réponse de remplacement nous est arrivée de l’Ouest, de la gauche américaine qui, elle n’avait que faire de la lutte des classes. Les USA sont nés d’un génocide qu’elle a fait fructifier avec l’esclavage à demeure. Au crime, les colons ont ajouté un autre crime. Le monde a été divisé entre victimes et oppresseurs. En haut de l’échelle : l’immonde mâle blanc fortuné. Tout en bas, la femme pauvre et racisée. Et puis parce qu’il fallait combler les vides on y a fourré les musulmans toujours victimes jamais bourreaux. L’Occident radote alors que l’avenir se construit désormais à l’Orient.

Mais le soleil se lève à l’est


La Chine comme le Vietnam se réclament du marxisme, mais se comportent comme les pires des capitalistes. Ce « en même temps » est leur force. Ils possèdent la coercition et la vision. Ils devraient être les drapeaux de la liberté. Ils vivent sous la chape de plomb de dictatures impitoyables. Qu’en dit aujourd’hui l’extrême gauche ? Rien parce que cela ne rentre pas dans ses cadres brouillons. Comme elle ne dit rien de l’oppression de la femme dans les pays musulmans parce qu’il faut bien hiérarchiser ces victimes. Et comme chacun possède ses extrêmes, voilà qu’apparaît le fémininisme écologique pour qui il convient de revenir à un stade naturel. Comprenons par là que la domination masculine serait une fabrication idéologique qui n’existait pas au temps de la genèse. La vérité est que l’inversion des pôles fait qu’aujourd’hui la gauche défend souvent des idées qui hier encore apparaissaient comme réactionnaires (la division entre races, la situation des femmes dans la société) traduisant ainsi une dérive des continents vers un avenir inconnu.

GXC
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