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Pour Laurent, tout baigne ! Enfin presque.....

Laurent Marcangeli sera probablement , dans quelques semaines, dans le camp des vainqueurs.

Pour Laurent, tout baigne ! Enfin presque...


Rangé très tôt derrière la bannière d’Édouard Philippe, et ayant dernièrement annoncé son soutien à Emmanuel Macron, Laurent Marcangeli sera probablement, dans quelques semaines, dans le camp des vainqueurs.

Tout va très vite à droite !
En décembre dernier, après avoir été réduit à un rôle secondaire par Laurent Marcangeli lors de la constitution des élections territoriales, le parti Les Républicains et plus globalement les têtes de gondole de la droite traditionnelle pouvaient espérer revenir au premier plan et à nouveau peser lourd. Cette perspective favorable était une conséquence de la victoire de Valérie Pécresse à l’issue de la primaire Les Républicains.
En effet, les concurrents de la présidente de la Région Île-de-France s’étaient immédiatement rangés derrière elle pour la soutenir dans son combat contre Emmanuel Macro et l’intéressée avait, en quelques jours, considérablement progressé dans les sondages. Un chemin autre que celui proposé par Laurent Marcangeli, dont le soutien au président de la République sortant était prévisible, s’ouvrait donc devant la droite corse. Une grande partie de ses figures marquantes s’y est d’ailleurs engagée.
Au nord, cet engagement a pris la forme de la constitution d’un comité de soutien à Valérie Pécresse. Animé par François-Xavier Ceccoli, maire de San Giuliano, qui préside la fédération Les Républicains de Haute-Corse, il réunit notamment Ange Santini, maire de Calvi et ancien président du Conseil exécutif, Anne-Marie Natali, maire de Borgo, Claudy Olmeta, maire de Saint-Florent, Francis Giudici, maire de Ghisonaccia, Marie-Thérèse Mariotti, maire de Taglio-Isolaccio, conseillère territoriale.
En Corse-du-Sud, la candidate Les Républicains est notamment assurée de l’appui de Jean-Jacques Ferrara, député de la 1ère circonscription de Corse-du-Sud, de Camille de Rocca Serra et de plusieurs maires. Sans grande conviction, il a précisé se prononcer en ce sens par amitié pour Xavier Bertrand et refuser « d’entrer dans une guerre de tranchée», Jean-Martin Mondoloni votera lui aussi Valérie Pécresse.

Écueils, vents contraires et vagues scélérates

Mais, ces dernières semaines, le vent tourne et certaines et certains s’apprêtent peut-être à revoir leur choix dans la discrétion et dans les urnes, ; et à faire leur ces paroles prêtées à un politicien radical de la Quatrième puis de la Cinquième République qui, ayant été qualifié de girouette pour avoir maintes fois changé de camp, aurait répondu à ses détracteurs : « Ce n’est pas moi qui tourne, c’est le vent. » La candidate Pécresse est en effet passée du vent en poupe à la rencontre d’écueils, de vents contraires et de vagues scélérates.
Vers les écueils, Valérie Pécresse y a été poussée par sa navigation erratique. Elle n’a plus de cap lisible et crédible à force de vouloir concilier les idées de la droite conservatrice et catholique (ayant la nostalgie de François Fillon et qui est aujourd’hui incarnée par Bruno Retailleau, sénateur de Vendée et proche de Philippe de Villiers), de la droite autoritaire d’un Eric Ciotti (lequel ne cache pas sa sympathie pour Eric Zemmour) et de la droite populaire d’un Xavier Bertrand (qui lorgne souvent vers le centre gauche). Elle apparaît incapable d’assumer un leadership et de tenir un discours lui étant propre à force de courir après le soutien de Nicolas Sarkozy et aussi de rechercher l’épée en bois sous forme de karcher qu’a brandie l’ancien président de la République durant son quinquennat. Elle s’est attirée les sarcasmes des observateurs et les railleries du landerneau politicien et suscité le désappointement de ses partisans, après avoir raté l’exercice imposé d’oratrice galvanisant la foule auquel ses spin doctors lui avaient conseillé de se prêter bien que connaissant ses lacunes en la matière.
Les vents contraires sont venus de l’Est. Le conflit armé opposant l’Ukraine et la Russie permettent à Emmanuel Macron, chef des armées et maître de la politique étrangère, d’être médiatiquement omniprésent et de bénéficier du réflexe légitimiste et d’union nationale autour de tout chef de l’Etat que provoquent les crises internationales aiguëes, ce qui fait s’envoler sa cote de popularité et les intentions de vote en sa faveur.
Quant aux vagues scélérates, elles sont représentées par les élus. Les Républicains qui volent au secours de la victoire annoncée d’Emmanuel Macron.

Le bon choix du maire d’Ajaccio

Le vent qui tourne fait les affaires de Laurent Marcangeli.
Ce dernier s’est rangé très tôt derrière la bannière d’Édouard Philippe, lequel n’a jamais vraiment caché qu’il soutiendrait Emmanuel Macron si ce dernier était à nouveau candidat à la présidence de la République. En effet quand, le 9 octobre dernier au Havre, Édouard Philippe a annoncé la création de son parti, Horizons, le maire d’Ajaccio y était et en était. Laurent Marcangeli qui a dernièrement annoncé son soutien à Emmanuel Macron, et s’il est confirmé en avril prochain qu’il a fait le bon choix, sera donc d’une part, dans le camp du vainqueur ; d’autre part, aux côtés d’un leader auquel beaucoup prédisent un destin présidentiel et, avant cela, un poids majeur au sein de la droite et de la future majorité présidentielle du fait de la perspective de voir siéger au Palais de Bourbon un grand nombre de députés qui arboreront l’appartenance Horizons.
Laurent Marcangeli sera donc en position en force pour corneriser le parti Les Républicains et aussi certains maires qui, il le sait, n’ont pas fait grand-chose pour lui permettre de l’emporter sur Gilles Simeoni à l’occasion des élections territoriale. Laurent Marcangeli confortera sa position de principal soutien et interlocuteur corse de la macronie, et ce, même s’il sait se montrer critique, et ce aussi, au grand dam de Jean Charles Orsucci et des quelques « En marche » que compte la Corse.
Enfin, Laurent Marcangeli aura la main pour rassembler autour de lui de nouvelles ou de jeunes ambitions. Le processus est d’ailleurs déjà engagé. Edouard Philippe était dernièrement à Bastia et Ajaccio pour mettre en place les premiers référents municipaux Horizons. A Bastia, avec à ses coté Laurent Marcangeli coiffé de la casquette de référent régional, il a intronisé Marie Riolacci pour L’Île Rousse et Nicolas Albertini pour Bastia, deux nouveaux visages auxquels il a donné pour mission de « convaincre » et de « faire venir à nous des gens qui se retrouvent dans les idées que nous portons, dans la démarche que nous avons et dans l'esprit avec lequel nous avançons. » Dans l’assistance étaient certes présents des élus et des colistiers de Laurent Marcangeli lors des dernières élections territoriales. Étaient là aussi des « surprises» : Joseph Galletti, maire de Lucciana, venu peut-être pour tenter de faire oublier les 55,06 % de suffrages exprimés dans sa commune en faveur de la liste Simeoni lors du second tour du dernier scrutin territorial ; Pierre Natali, « figliolu di Paul », qui a ainsi montré qu’il entendait ne pas emboîter le pas à un parent par alliance ayant ces temps derniers manifesté plus que de la sympathie pour la majorité territoriale siméoniste ; Jean-Martin Mondoloni qui a ainsi confirmé qu’il ne défendrait pas outre mesure la tranchée Pécresse aux côté des Républicains ; Julien Morganti qui a ainsi à nouveau démontré qu’il entendait représenter une offre politique très large et n’avoir que lui-même comme maître de ses choix.

A Ajaccio, Édouard Philippe a officialisé la nomination d’Antoine Maestrali, directeur de cabinet de Laurent Marcangeli à la mairie d'Ajaccio, en tant que délégué du Horizons de la cité impériale. A cette intronisation ont bien sûr assisté Laurent Marcangeli et plusieurs élus municipaux ajacciens mais aussi Valérie Bozzi. La maire de Grosseto-Prugna n’a certes pas annoncé son ralliement à Horizons. En revanche, elle a réaffirmé toute la sympathie qu’elle éprouvait pour Laurent Marcangeli et montré l’intérêt qu’elle prêtait au fait qu’Édouard Philippe soit venu expliquer sa démarche. Un premier pas ? En conclusion, pour Laurent, tout baigne.
Mais pour que l’eau reste bien chaude, il lui faudra assurer un score satisfaisant au candidat Macron dans sa bonne ville d’Ajaccio où une partie de la droite n’est jamais insensible aux querelles, aux divisions, aux haines recuites, aux sirènes nationalistes et lepénistes et pourrait aussi être séduite par le duo Eric Zemmour / Marion Maréchal.

Pierre Corsi
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