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Violences faites aux femmes, ça s'arrête quand ?

Lors de sa campagne de 2017, Emmanuel Macron avait promis que les femmes seraient << La grande cause du quinquennat >>.

Violences faites aux femmes, ça s’arrête quand ?

Lors de sa campagne de 2017, Emmanuel Macron avait promis que les femmes seraient « la grande cause du quinquennat ». Les mots ne suffisent pas. Le collectif NousToutes dénombre 54 féminicides (meurtre d’une femme parce qu’elle est une femme) par un conjoint ou ex-conjoint au 29 juin 2022 en France. Ce qui fait un meurtre tous les trois jours.


Violences multiformes

La Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique ratifiée par la France le 4 juillet 2014, définit les violences à l’égard des femmes comme « tous les actes de violence fondés sur le genre qui entraînent, ou sont susceptibles d’entraîner pour les femmes, des dommages ou souffrances de nature physique, sexuelle, psychologique ou économique ». Car les violences peuvent prendre de multiples formes. Elles sont physiques, sexuelles, verbales, psychologiques, économiques. Elles peuvent également être distinguées selon la sphère de vie au sein de laquelle elles ont lieu (privée, publique, professionnelle, scolaire, universitaire, etc.) et selon l’auteur (conjoint ou ex-conjoint, membre de la famille, collègue de travail, cercle amical, etc.). Ces violences sont perpétrées contre des femmes précisément parce qu’elles sont des femmes et ne prennent sens que lorsqu’elles sont replacées dans un contexte plus large d’inégalités entre les hommes et les femmes.


Outils de lutte

Mis en place dans le cadre de la loi du 28 décembre 2019 visant à agir contre les violences au sein de la famille, le bracelet anti-rapprochement est un dispositif de surveillance électronique ordonné par un juge pénal ou civil permettant de surveiller les auteurs de violences conjugales, pour les empêcher de s'approcher de leurs victimes. Depuis début 2021, 499 placements sous bracelets antirapprochement ont été prononcés par les juridictions en France, dont 341 étaient actifs au 25 octobre. C’est peu au regard des 230 000 femmes victimes de violences conjugales chaque année en France. Le bracelet vient compléter un autre dispositif, le « Téléphone grave danger », mis en place en 2014, qui permet à la victime de contacter en cas de danger un service de téléassistance et de demander l'aide des forces de l'ordre grâce à la géolocalisation. 1 969 femmes sont équipées d’un téléphone grave danger. Mais aujourd’hui encore, il est toujours difficile pour les femmes victimes de violences conjugales de porter plainte. La police manque de formation sur ce domaine. On considère que c’est à la femme d’apporter à la justice la preuve du danger, avec un certificat médical de moins de deux mois et un dépôt de plainte. Malgré la mobilisation d’un certain nombre d’acteurs institutionnels et privés, les indicateurs sur la politique publique de lutte contre les violences conjugales publiés par le Haut Conseil à l’Égalité (HCE) alertent sur les écarts entre les plaintes déposées et le nombre de réponses pénales ; la très grande majorité des violences conjugales restent impunies. L’autre alerte de la HCE porte sur la sous-capacité des possibilités de mise en sécurité des femmes victimes, très en deçà des besoins. En 2019, seule une femme sur dix pouvait avoir accès à un hébergement.


Lutter localement

Les associations sont souvent le premier rempart. En Corse, elles sont partenaires de la Délégation régionale aux droits des femmes et à l'égalité (DRDFE) depuis plusieurs années. Comme le rappelle Laetizia Costantini, présidente fondatrice de Donne di Corsica, « Dénoncer les violences faites aux femmes, ce n'est pas de la délation. C'est un devoir et une grande cause ». L’association intervient sur le terrain pour lutter contre les violences faites aux femmes. Car aucun milieu social, aucun territoire n’est à l’abri. La Corse n’est pas épargnée par ces violences, 9 féminicides ont été commis en 10 ans ; la libération de la parole permet de révéler de nouveaux cas de violences régulièrement. Un Observatoire territorial des violences faites aux femmes a été créé en 2019. La coordination de tous les acteurs est importante, autant que l’identification des femmes victimes, l’aide juridique, l’accompagnement vers les services de police et de gendarmerie et vers les structures d’hébergement, la prise en charge psychologique des femmes et des enfants. L’objectif est qu’une réponse soit assurée à chaque situation de femmes victimes de violence.


Maria Mariana


Plateforme d'écoute territoriale, 24 h/24, 7 j/7
0800 400 235
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