• Le doyen de la presse Européenne

Célébrations ......

Autrefois, les sociétés humaines célébraient autant qu'elles le pouvaient les évènements dont elles tiraient orgueil.

Célébrations

Autrefois, les sociétés humaines célébraient autant qu’elles le pouvaient les événements dont elles tiraient orgueil. La fierté d’être un objet d’exemplarité poussait les hommes à commémorer les actions d’exception. La bataille de Marignan en 1515, la prise de la Bastille en 1789, les victoires d’Austerlitz , d’Iéna ou de Wagram, la traversée du Pont d’Arcole , et j’en passe, il y en a tant.

Les personnages emblématiques, de Jeanne d’Arc, la pucelle d’Orléans, du Chevalier Bayard sans peur et sans reproche, de Turenne, morigénant son corps pendant la bataille d’un sarcastique : « Tu trembles carcasse, tu tremblerais bien davantage si tu savais où je te veux mener », laisseraient aujourd’hui la place plus volontiers aux déplorables Gilles de Rais, Landru et Petiot, sur un air de repens-moi, je suis un misérable. Oui, repentons-nous du jour au matin, du matin jusqu’au soir, et même la nuit, fini Duguesclin, ringard Godefroy de Bouillon, horribles les Croisés. Plus de légendes glorieuses, abolie la prise de Jérusalem, foin des ducs de Lorraine devenus rois d’Athènes, plus de gloire, plus d’histoire, et avant tout, pardon.

Un Président de la République d’aujourd’hui est un homme qui s’excuse.

Après la fête des mères et la fête des pères inaugurerons-nous au plus vite la fête des excuses, qu’on pourra appeler également la fête de la vieillesse.
Imaginons-nous Don Juan s’excuser de quoi que ce soit, ce serait plutôt l’affaire de Sganarelle son valet. Nous le savons pour avoir lu Le Festin de Pierre du grand Molière, ce que pleure Sganarelle à la mort de son maître ce ne sont que ses gages, dont sa fin tragique l’a privé. Qu’il est laid, vil et inculte ce moment de notre histoire, pardon sur tout, pardon partout, pardon au monde entier d’avoir été la France ! Je ne dis pas qu’il ne faut pas déplorer les mauvaises actions et même les condamner fermement, mais en faire la trame de l’existence par le biais de la repentance institutionnalisée, quel contresens pour un peuple qui veut s’affirmer comme une lignée fidèle à ses racines ! Dans quelle noble famille apprend-on ainsi à insulter incessamment ses pères ?

Il est urgent de transformer la chanson
Réponds-moi, réponds-moi si tu m’aimes par un claironnant Je me repens parce que je ne m’aime plus.

Les dieux abandonnent toujours les peuples qui les délaissent. C’est bien ce qui se passe sous nos yeux. Du christianisme triomphant à Rome, dont le pape ordonna les croisades évoquées au début de cet article, sans condamnation excessive de l’auteur de ces lignes, on l’aura bien noté, jusqu’à l’assassinat de nos divinités domestiques, Lares et Penates, c’est un reniement total qui s’apparente à un suicide identitaire. Nos grands hommes sont nos Lares et nos Pénates. C’est à eux plutôt qu’ils faudrait demander pardon pour en bafouer le souvenir.

Assez de renoncements, ne soyons pas les écrevisses qui au dire de Nietzsche ne marchent qu’à reculons. C’est parce qu’elle s’est retournée pour regarder derrière elle qu’Eurydice n’a pu sortir des enfers dont Orphée avait tenté de l’extirper. Le remord, les regrets sont de mauvais conseils comme le sait fort bien Carlos Ghosn quant à lui, pour avoir réussi avec brio l’exfiltration du siècle. Hommage lui soit rendu en ces lignes.

A force de prêchi-prêcha c’est une civilisation qui s’efface en pointillé.

Que les idiots triomphent en tous lieux et à toute heure sur tous les canaux d’information en provenance de la généralité des liens et des pouvoirs, ne concourt qu’à faire venir la mort. La diablerie, c’est la censure, et surtout l’auto-censure, il n’en n’a jamais existé d’autre.

Laissons conclure le poète Georges Fourest immortel auteur de « La Négresse blonde » publié chez José Corti en 1946.
Les jardins ont perdu leurs robes éburnales
Éden trois fois béni d’où nous fûmes chassés
Pourpre sainte attestant la blancheur des annales
Ces roses de la Nuit chantent les trépassés


Jean-François Marchi







Partager :