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Itallie : le Duce n'y est pour rien !

Une forte résurgence de l'idée nationale et une volonté commune et décomplexée de l'afficher et la défendre ont incité les trois composantes de la droite italienne à s'unir .......
Italie : le Duce n’y est pour rien
Une forte résurgence de l'idée nationale et une volonté commune et décomplexée de l’afficher et la défendre ont incité les trois composantes de la droite italienne à s’unir et contribué à les faire gagner.



Ayant respectivement obtenu 26%, 8,9% et 8,1% des suffrages exprimés lors des élections générales du 25 septembre dernier, les partis de droite Fratelli d’Italia, La Lega et Forza Italia disposent désormais à eux trois de la majorité absolue dans les deux chambres du Parlement italien. Cette victoire des droites au sein desquelles prédomine Fratelli d’Italia que beaucoup d’observateurs qualifient de « parti post-fasciste », inquiète la plupart des gouvernements européens, les technocrates de l’Union Européenne ainsi que de nombreux acteurs économiques, sociaux, humanitaires, médiatiques, intellectuels, philosophiques et religieux.
Ces figures du pouvoir et de la pensée dominante craignent que les élus Fratelli d’Italia et leur leader Georgia Meloni, probablement la future Présidente du Conseil italien, imposent une remise en cause des traités et accords européens (Georgia Meloni a déjà indiqué vouloir renégocier les contraintes budgétaires, économiques et sociales imposée à l’Italie par l’Union Européenne en contrepartie de financements au titre du Plan de relance européen post-Covid), des droits des minorités (notamment des LGBT et des immigrés) et des femmes (réduction du droit de recourir à l’IVG), de l’accueil humanitaire des migrants et de bien d’autres engagements internationaux, droits et libertés.
L’expression de ces craintes n’est pas choquante. En revanche, agiter l’épouvantail fasciste et multiplier les commentaires hostiles, désobligeants ou menaçants à l’encontre de l’Italie parce le verdict des urnes ne convient pas, est plus que contestable et surtout révèle un refus de voir et entendre.

Refus de voir et entendre


Les figures du pouvoir et de la pensée dominante refusent de voir et entendre que beaucoup d’Italiens acceptent mal que l’Union Européenne impose à leur pays, pour qu’il bénéficie du Plan de relance européen post-Covid, une hausse des prélèvements fiscaux et une régression sociale.
Elles refusent de voir et entendre que l’intrusion de l’Union Européenne dansla campagne électorale (un diplomate européen a lâché : « L'Italie risque de perdre des dizaines de milliards d'euros du plan de relance si 70 % des réformes prévues dans le plan ne sont pas réalisées fin 2022 » ; la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a indirectement évoqué le scrutin italien en déclarant disposer d’instruments pour sanctionner des atteintes aux principes démocratiques de l’Union Européenne en cas de victoires électorales de partis ultra-conservateurs…) a permis à Giorgia Meloni de faire passer l’idée que cela représentait une ingérence intolérable à laquelle ilconvenait de répondre en votant pour son parti. Elles refusent de voir et entendre que l'immigration se superpose au déclin démographique d’une société italienne vieillissante et lui fait craindre le « grand remplacement ». Enfin et surtout, ellesrefusent de voir et entendre qu’une forte résurgence de l'idée nationale et une volonté commune et décomplexée de l’afficher et la défendre ont incité les trois composantes de la droite italienne à s’unir et contribué à les faire gagner.
Ces figures du pouvoir et de la pensée dominante devraient accorder quelque attention à un article que l’historien et essayiste de droite Max-Erwann Gastineau a récemment publié sur le site Figaro Vox.

Crainte pour le devenir de la Nation


Ce spécialiste des rapports de force idéologiques au sein de l'Europe affirme que la victoire de la coalition de droite menée par Giorgia Meloni ne révèle pas une nostalgie du Duce. Il y voit plutôt les signes d’une inquiétude, d’un refus et d’une volonté. Selon lui, la plupart des Italiens qui ont voté pour Fratelli d’Italia, la Lega ou Forza Italia craignent pour le devenir de leur Nation ; refusent d’être dépossédés de leur pouvoir souverain par l’Union Européenne ; veulent préserver des vagues migratoires l’identité de leur communauté nationale fondée sur des histoires, des institutions, des cultures, des langues, des valeurs et des traditions séculaires que les générations passées avaient choisi d’assembler et de faire vivre ensemble. Max-Erwann Gastineau relève aussi que Fratelli d’Italia et Giorgia Meloni ont bénéficié de l’incapacité des partis de droite durant les décennies passées (il aurait pu ajouter des partis de gauche) d’animer le sentiment national et d’incarner la défense de l’intérêt national.
On notera aussi et pour conclure que ce qui s’est produit en Italie n’est pas unique. En Suède dernièrement, auparavant en Hongrie, en Pologne et au Royaume-Uni aussi, la résurgence de l’idée nationale et le sentiment que l’Union Européenne confisque le pouvoir et que les vagues migratoires menacent d’emporter le corps social, ont conditionné l’électorat et contribué à l’union et à la victoire des droites. Quant à la France, elle pourrait aussi être touchée comme le montrent les progrès électoraux du Rassemblement National et l’incitation à l’union des droites portée par le duo EricZemmour-Marion Maréchal.

Alexandra Sereni











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