A la découverte de l’Hostal de Piaghja, nouvelle demeure de charme à Calenzana
Le coup de cœur pour une maison de village, comme une évidence…
A la découverte de l’Hostal de Piaghja, nouvelle demeure de charme à Calenzana
À Calenzana, en Balagne, point de départ du mythique GR20, Nathalie Campodonico-Rutily et Lionel Campodonico viennent de donner vie à un projet profondément enraciné dans leur histoire familiale. Après le succès de leur restaurant Piaghja, le couple, et leur petit garçon Milo, ouvre aujourd’hui L’Hostal de Piaghja, un hôtel quatre étoiles pensé comme une maison corse, élégante et chaleureuse, ouvert à l’année.
« Ici, on veut recevoir les gens comme à la maison. »
Sous les oliviers centenaires du jardin, Nathalie résume en quelques mots l’esprit qui anime leur aventure.
Avec son mari Lionel, elle vient d’ouvrir L’Hostal de Piaghja, un établissement de charme situé au cœur du village de Calenzana, tout près de La Poste. Un projet ambitieux, né d’une passion commune pour l’accueil, la gastronomie et l’art de vivre.
Pour comprendre la naissance de ce projet, il faut revenir plusieurs années en arrière.
Natalie a longtemps vécu sur le continent avant de revenir en Corse avec l’envie de bâtir quelque chose qui lui ressemble. « C’était mon rêve », confie-t-elle. « Un projet de vie sur la terre de mon grand-père. »
Ce retour correspond à une quête intime. En 2017, elle concrétise ce rêve en ouvrant une table atypique dans un champ familial à la vue dégagée sur les sommets. Une table champêtre pensée comme un hommage aux saveurs oubliées, aux repas de famille et à cette Corse intime que les visiteurs ne découvrent pas toujours.
Lorsque leur projet familial évolue et que le couple souhaite avoir un enfant, Lionel rejoint progressivement l’aventure, s’impliquant davantage encore dans l’activité. Cette complémentarité devient rapidement une force. L’un apporte une vision sensible de l’accueil et de la cuisine ; l’autre participe à la structuration du projet, à sa concrétisation matérielle et à son développement.
« Mon plat phare, c’est celui que faisait ma grand-mère lors des repas familiaux », explique-t-elle.
Le restaurant ouvre en saison. Les produits locaux occupent une place centrale. Les légumes viennent de producteurs voisins, les circuits courts sont privilégiés autant que possible, et chaque assiette tente de faire dialoguer simplicité et exigence. Vaisselle ancienne, nappes en dentelle, argenterie, le concept séduit rapidement habitants, et visiteurs. « On voulait un endroit chic, mais détendu. Quand les gens viennent ici, ils doivent avoir l’impression d’être reçus chez des amis ou dans la maison d’une tante corse. » insiste Nathalie.
Peu à peu naît une nouvelle ambition, celle de créer un lieu d’hébergement capable de prolonger l’expérience du restaurant, ouvert à l’année.
Le coup de cœur pour une maison de village, comme une évidence…
Avant de trouver la bâtisse qui deviendra leur hôtel, Natalie et Lionel visitent plusieurs maisons. Aucune ne provoque l’évidence recherchée. Puis vient cette découverte. Une grande maison de village, avec du caractère, un jardin, des caves voûtées et un immense potentiel. « On a eu un coup de cœur », se souvient Natalie. Ce qui les séduit immédiatement, c’est l’alliance rare entre l’emplacement et les possibilités offertes par le bâtiment. La maison permet d’imaginer neuf chambres tout en conservant de vastes espaces de vie. À l’extérieur, un jardin abrite des oliviers centenaires, des orangers et des mandariniers. « Pour moi, c’était vraiment la perfection d’une maison », explique-t-elle, et surtout une vraie âme. Dans beaucoup de villages corses, disposer d’un extérieur au cœur du bourg constitue déjà un luxe. Mais ici, le charme va plus loin. Les caves voûtées racontent l’histoire ancienne du lieu. Les matériaux d’origine offrent une base idéale pour une rénovation respectueuse du patrimoine. Le couple se lance.
Comme souvent dans ce type de projet, les premières difficultés sont administratives. Autorisations, études, financements, travaux, les mois passent, puis les rénovations commencent réellement. Le chantier devient un travail de longue haleine. « Ça a été long, parfois compliqué, mais on n’a jamais abandonné ».
Chaque décision compte. Le couple refuse de transformer la maison en hôtel standardisé. L’objectif est au contraire de préserver l’âme du lieu. Dans le restaurant comme dans leur hôtel, Natalie et Lionel défendent une même idée, celle que les clients ne doivent jamais avoir l’impression d’entrer dans un établissement impersonnel. Cette philosophie transparaît dans les moindres détails.
Le lieu cultive un équilibre subtil : suffisamment raffiné pour offrir une expérience de qualité, mais assez chaleureux pour éviter toute distance.
Un hôtel quatre étoiles pensé autrement
L’établissement est classé 4 étoiles. Mais pour Natalie et Lionel, ce positionnement ne signifie pas luxe ostentatoire. Ils revendiquent une autre approche de l’hôtellerie haut de gamme. « On veut un quatre étoiles en toute simplicité », insiste Natalie.
Concrètement, cela passe par des choix précis. Les matériaux utilisés sont nobles. Le mobilier est soigneusement sélectionné. Les équipements répondent à des standards élevés de confort. Mais rien ne doit paraître froid ou inaccessible. Le couple refuse l’idée d’un lieu sans âme.
Chaque détail a été pensé pour raconter une histoire. Dans les chambres, le mobilier ancien côtoie des objets chinés. Chaque objet raconte un fragment de mémoire. L’hôtel se veut élégant sans perdre son identité. « On a gardé des livres anciens, des meubles corses, des éléments de décoration qui parlent de notre identité. »
Parmi les prestations proposées, l’on retrouve une piscine extérieure naturelle, un agréable jardin méditerranéen ombragé, et plusieurs terrasses de détente. Toutes les chambres sont climatisées, et bénéficient d’un connexion Wi‑Fi.
« On voulait que les gens puissent ralentir, profiter du calme, lire sous les oliviers ou simplement prendre le temps. » L’ambiance se veut intimiste et apaisante.
Le matin, l’esprit du restaurant Piaghja se retrouve naturellement à la table de l’hôtel. Le petit-déjeuner fait la part belle aux produits locaux et aux recettes maison.
« Évidemment, il y a de la charcuterie corse, des gâteaux maison, des confitures faites par nous-mêmes… » Nathalie sourit avant d’ajouter : « Et l’odeur des biscuits du village… ça, c’est incroyable. »
Les tarifs des chambres varient entre 200 et 280 euros la nuit en haute saison selon les catégories.
Le couple prévoit également des offres dédiées aux résidents corses ainsi que des formules hors saison.
Une complémentarité entre hôtel et restaurant
L’hôtel et le restaurant fonctionneront en étroite relation. Bien qu’ils soient situés à distance l’un de l’autre, les deux établissements formeront un ensemble cohérent. Le restaurant bénéficie déjà d’une notoriété solide après plusieurs saisons d’activité. Le couple compte s’appuyer sur cette réputation pour faire connaître l’hôtel.
Les clients du restaurant seront invités à découvrir la demeure au village. Inversement, les visiteurs de l’hôtel pourront vivre l’expérience gastronomique imaginée par Natalie.
Une complémentarité qui dépasse la seule logique commerciale, en répondant à une volonté de créer un véritable art de vivre.
« On veut proposer des séjours découverte accessibles, avec des expériences autour de la montagne, du bien-être et de la gastronomie. On veut que chaque personne se sente privilégiée dans cette maison », explique Nathalie.
Un accueil personnalisé qui constitue un des piliers du projet, et qui permet de faire découvrir « la vraie Corse », loin des circuits touristiques saturés, « celle qu’on connaît, celle des villages et des rencontres. »
Et lorsque l’on demande à Nathalie ce qu’elle souhaite que les visiteurs retiennent de leur séjour, la réponse arrive immédiatement.
« Qu’ils repartent avec l’impression d’avoir vécu un vrai moment de Corse. »
Carlu-Ghjuvan Collavery
Photos Carlu-Ghjuvan Collavery