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Laurent Marcangeli : l'incontournable

Son assise nationale et locale permet à Laurent Marcangeli..........

Laurent Marcangeli : l’incontournable


Son assise nationale et locale permet à Laurent Marcangeli, et ce, sans siéger à l’Assemblée de Corse et bien que la droite y soit minoritaire, d’être écouté, entendu et même incontournable alors qu’ont lieu les discussions portant sur l’évolution institutionnelle.



Moins de dix-huit mois après avoir été élu député de la première circonscription de Corse du Sud et son retour au Palais de Bourbon, Laurent Marcangeli est devenu un acteur majeur de la vie politique française. Il a très vite dépassé la dimension de probable ministrable que lui confère son appartenance au premier cercle de l’ancien Premier ministre Édouard Philippe dont l’ambition d’accéder à la présidence de la République est connue. Il a très vite démontré qu’il n’était pas un président de groupe parlementaire de salon.
Le groupe Horizons qu’il préside, au départ composante de la majorité relative macronienne à l’Assemblée Nationale dont nul ne savait vraiment ce que seraient les positionnements et les postures, se distingue par le travail, la rigueur et la loyauté. En effet, il dépose des propositions de loi, il fait adopter des amendements, il ne fait pas défaut au gouvernement quand il convient de passer au vote. Ni la légèreté, ni les oppositions stériles, ni la fronde n’y ont leur place. Cela fait que Laurent Marcangeli est respecté, franchit les étapes de la notoriété et s’installe progressivement dans le cercle des personnalités politiques dont les propositions, les avis et les prises de position publiques sont écoutés ou sollicités. Cela fait également qu’il peut se permettre de remettre avec une courtoise détermination l’église au milieu du village lorsque des positionnements lui paraissent être inappropriés ou aussi de rappeler des promesses qui lui semblent être oubliées.
Ainsi, récemment, il a fait savoir au député Renaissance Sacha Houlié qu’il était inopportun d’avoir apporté sa signature à une tribune libre visant à défendre la régularisation des travailleurs sans-papiers dans les métiers en tension via le futur projet de loi Immigration : « Ce type d’initiatives, dans les moments difficiles que l’on connaît avec la majorité relative sur des textes compliqués et inflammables dans l’opinion publique, ça peut mettre en péril le mandat dans son ensemble ». Récemment, également, dans les colonnes du quotidien Les Échos, il a signifié au gouvernement : « Le moment est venu de tenir les promesses de baisse d’impôt pour les classes moyennes ». Laurent Marcangeli est devenu une personnalité connue et influente au bord de la Seine.
Cependant, il n’oublie pas à qui il doit sa notoriété et son pouvoir d’être écouté et entendu. Il le démontre en étant très présent dans sa circonscription. Il est quasiment présent chaque semaine à Aiacciu. Il suit de près les problématiques de la ville d’Aiacciu en participant, en étant resté membre, au conseil municipal. Il veille à l’implantation et au développement de son micro-parti (Le Mouvement). En ce sens, il a dernièrement participé à la mise en place d’un comité de quartier du parti (quartier ajaccien de Pietralba). Ces dernières semaines, avec le maire de Peri Xavier Lacombe, qui est son suppléant, il honore un programme de réunions publiques dans le rural afin de rendre compte de sa première année de travail parlementaire et de livrer son analyse concernant les débats et négociations portant sur l’évolution institutionnelle de la Corse.


En position de force



Son assise nationale et locale permet à Laurent Marcangeli, et ce, sans siéger à l’Assemblée de Corse et bien que la droite y soit minoritaire, d’être écouté, entendu et même incontournable alors qu’ont lieu les discussions portant sur l’évolution institutionnelle.
Être incontournable, il a d’ailleurs toujours affiché vouloir l’être. En début d’année, lors d’une réunion publique à Peri, il a déclaré : « Du côté de l’Exécutif, on veut un consensus, ce qui est louable. Mais le consensus, cela veut dire qu’à un moment donné, on s’assoit sur un certain nombre de revendications que l’on porte et que l’on abandonne en cours de chemin, ou que l’on remet à plus tard, parce que les partenaires ne sont pas d’accord ».
En septembre dernier, sur le plateau de Cuntrastu, l'émission politique mensuelle de France 3 Corse Via Stella, quelques jours avant la visite du Président de la République, il a bien fait comprendre que l'évolution institutionnelle devrait passer non pas par la seule délibération du 5 juillet mais par un accord politique avec la droite : « Il n'y a que par le consensus que le processus d'autonomie de la Corse trouvera une issue positive […] Mais pas à n'importe quel prix […] Je suis prêt à faire des concessions raisonnables. Je vais dire à Gilles Simeoni que je suis prêt à travailler avec lui. » Le discours prononcé par Président de la République dans l’hémicycle de l’Assemblée de Corse le 28 septembre dernier, a permis à Laurent Marcangeli de passer de « Je veux être incontournable » à « Je suis incontournable ».
En effet, Emmanuel Macron a demandé aux élus de la Corse de trouver un large accord concernant l’évolution institutionnelle et a prévenu que, sans cela, rien ne se ferait : « Pour cheminer dans de bonnes conditions et obtenir l'accord du Parlement pour modifier la Constitution, il est nécessaire que les différents sujets institutionnels que je viens d'évoquer fassent l'objet d'un accord des groupes politiques de l'Assemblée territoriale de Corse, cœur battant de la vie démocratique de l'île. Je souhaite, donc, que le travail avec le Gouvernement puisse mener à un texte constitutionnel et organique, ainsi soumis à votre accord, d'ici six mois. Et c'est bien sur la base de celui-ci que nous pourrons engager le processus de révision constitutionnelle, puis organiser la consultation en Corse, et à l'issue préparer le projet de loi organique qui mettra en œuvre cette nouvelle étape […] Je vous le dis avec franchise, c'est seulement si un tel accord est conclu que par sa force et sa légitimité, et je m'y emploierai avec engagement avec la présidente de l'Assemblée nationale et avec le président du Sénat, que nous serons en mesure d'engager avec une chance de succès la réforme constitutionnelle auprès du Congrès. »
Laurent Marcangeli est donc désormais en position de force. Ces quelques mots prononcés après le discours du Président de la République révèlent combien il en a pris la mesure : « Chacun doit aujourd’hui travailler pour proposer un texte capable de sortir des logiques de conflit et de défiance entre la Corse et l’État. »


Pierre Corsi
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