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Covid-19 : Le sport corse dans le dur

Quand et comment les sportifs amateurs pourront- ils reprendre ?


Si l’on attendait, à compter du 15 décembre une reprise progressive du sport amateur et une légère affluence dans les stades, la dernière allocution du Premier ministre, la semaine dernière a de nouveau jeté le trouble pour ce qui est du monde amateur.

Si la reprise a été actée pour les jeunes, elle ne concerne, pour l’heure, que les entraînements. Pour le reste, il est encore bien difficile d’établir avec précision, quand et dans quelles conditions les sportifs amateurs reprendront. Le Covid-19 en sera l’arbitre…


Lors de son allocution télévisée du 24 novembre dernier, Emmanuel Macron avait annoncé le retour des mineurs dans tous les sports de plein air ou en salle, en respectant, bien sûr, le protocole sanitaire.
Une bonne chose en Corse où ils sont des milliers à s’adonner, chaque semaine, à leur sport favori. Pour ce qui est du haut niveau ou des profils qui lui sont liés, les entraînements se poursuivent pour les jeunes. Mais la compétition, elle, ne concerne que les pros ou assimilés comme tels (ACA, FCBB, SCB, GFCA Volley).

Le monde amateur à l’arrêt

Si la reprise a été actée pour ce qui est des jeunes, elle ne concerne que les séances d’entraînements, qui plus est en plein air.
Les séniors, et plus particulièrement le monde amateur, sont à, l’arrêt. On évoque, certes, une reprise de toutes les structures amateurs à compter de la date butoir du 20 janvier, mais rien n’est encore certain compte tenu de la crise sanitaire. Ce qui pose un problème majeur de calendrier et d’état de forme physique des sportifs.

Beaucoup d’incertitudes subsistent.

Pour le football, par exemple et les compétions nationales (N2, N3), la situation paraît compliquée. À l’ACA, seul, les joueurs disposant d’un contrat d’aspirant peuvent s’entraîner et seraient donc prêts pour une éventuelle reprise. Les autres, en revanche, vont nécessiter une période de préparation. Sans compter sur les matchs en retard et le calendrier auquel va s’ajouter la coupe de France. La possibilité de disputer des matchs en retard (N2, N3) à huis clos à compter du 1er janvier 2021, une proposition du ministère des sports, a été rejetée faute de visibilité au niveau sanitaire. Il en est de même dans les compétitions régionales (défaut de préparation, calendrier à réajuster…)

Si la situation semble délicate mais pas insurmontable pour ce qui est des sports de plein air (golf, rugby, tennis, football…), les sports de salle, eux, restent dans le dur. À l’exception des pros, c’est le flou le plus total. « On ne sait pas si l’on va reprendre et si c’est le cas, quand, déplore-t-on du côté du handball. Avec des conséquences économiques :le HPA a dû, faute de moyens, se séparer de son entraîneur, le GFCA handball et Volley sont dans le dur à ce niveau, ils ont dû, de ce fait, revoir leur budget respectif à la baisse…)

Le football toujours à huis clos
Autre problème, et non des moindres, le respect du calendrier de la saison pour le football professionnel sachant que l’Euro 2020, décalé à cette année pour les raisons que l’on sait, arrive à grands pas.
Tout comme les JO où des athlètes corses sont concernés. En Ligue 1 comme en Ligue 2, l’absence de public a également des conséquences sur les finances des clubs et son intérêt, pour les diffusions TV est moindre (le nombre de téléspectateurs a considérablement diminué).

Une situation dont le ministère des sports est conscient
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Roxana Maracineanu, ministre déléguée aux sports, avait présenté ses priorités au Président de la République, évoquant, au passage, une situation qui se complique au fil des jours. Malgré une pression qui s’est intensifiée, les stades resteront vides. D’où un manque à gagner important pour les clubs corses. L’éventualité d’un retour du public dans les stades (à hauteur de 20 à 25% de la capacité et en respectant un protocole sanitaire) a été rejetée par le Gouvernement. D’où une vive inquiétude…

Dans cette grisaille, le retour des jeunes corses sur les aires de jeu de l’île constitue, en attendant des jours meilleurs, une petite éclaircie…


Philippe Peraut
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