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MUNICIPALES 2026 / Portivechju

Portivechju : Jean-Christophe Angelini veut confirmer

MUNICIPALE 2026

Portivechju : Jean-Christophe Angelini veut confirmer



Jean-Christophe Angelini brigue un deuxième mandat lors des élections municipales de mars 2026. Tentent de se dresser sur son chemin la liste de droite emmenée par l’ancien maire Georges Mela, la liste Femu a Corsica — Core in Fronte, conduite par la conseillère exécutive Vannina Chiarelli-Luzi, et un dernier venu, Michel Chiocca, membre de Mossa Palatina, qui déclare vouloir représenter les socioprofessionnels. Jean-Christophe Angelini estime que les Portivecchiais voudront comme lui aller encore de l’avant et que cela sera possible malgré quelques bâtons dans les roues mis par la Collectivité qui, selon lui, ne donne pas de crédits, n’apporte aucun concours et crée ainsi des situations délicates.


Un bilan à achever


À Portivechju, le maire sortant semble être en position de force. Jean-Christophe Angelini ne veut pourtant pas entendre parler d’être considéré en position de favori. Lors de l’inauguration de la permanence de sa liste, il a d’ailleurs déclaré : « Aucune élection n’est gagnée avant d’avoir eu lieu », appelé à « une dynamique historique pour notre ville », mis en garde « contre une abstention massive » et lancé « Faisons campagne comme si nous étions les challengers. » Jean-Christophe Angelini estime qu’il a un bilan à défendre et surtout, un projet pour la Cité du sel certes avancé, mais restant à achever. C’est pour cela qu’avec les femmes et les hommes de sa liste Pà Portivechju, il annonce une méthode, un calendrier, une ambition collective partagée. C’est pour cela qu’il entend ne pas se laisser entraîner dans ce qu’il considère être des débats n’ayant pas lieu d’être ou hors sujet dans lesquels tentent de l’entraîner ses trois adversaires. Au divers droite Georges Mela qui tente une reconquête, il peut opposer que ce dernier a quasiment accompagné et même approuvé la plupart des grandes décisions prises durant la mandature qui s’achève. Ce que ce dernier ne nie et ne renie d’ailleurs pas. Il explique avoir voulu et pu démontrer que le conseil municipal n’était pas condamné à être un champ de bataille rangée entre majorité et opposition. Il affirme avoir pris le temps d’écouter et analyser les aspirations des Portovecchiais. Il soutient que de réelles différences existent néanmoins entre lui et celui qui l’a défait en 2020. Il reproche notamment à ce dernier une vision et une gestion trop inspirée et commandée par l’initiative publique, et négligeant de ce fait l’initiative privée. Ce qui selon lui et la vision libérale qu’il défend, s’est traduit par trop de fiscalité supplémentaire au détriment de l’investissement.

Tenter de mettre en difficulté l’opposant nationaliste


Face à Vannina Chiarelli-Luzi, candidate Femu a Corsica / Core in Fronte, qui conduira la liste « Portivechju da fà » il peut faire valoir en passant très vite à autre chose (notamment l’évocation des problématiques quotidiennes ou d’avenir des Portovecchiais), que celle-ci, conseillère exécutive a fort à faire pour gérer l’Office d’Équipement hydraulique de la Corse, et donc la très complexe problématique de l’eau, et n’a été « parachutée » que pour une considération très politicienne : tenter de mettre en difficulté l’opposant nationaliste déclaré et le plus dangereux à la politique de Gilles Simeoni. Celle-ci, après avoir longtemps hésité à accepter d’être candidate et tête de liste, est en effet est bien décidée à ferrailler. Elle se sent légitime du fait que si certes elle vit à Bastia depuis des années et doit certes assumer d’importantes responsabilités au Conseil exécutif de Corse, sa famille est a été engagée au sein de la droite portovecchiaise. Elle se sent forte du fait qu’elle a l’appui du parti siméoniste, de Core in Fronte et de personnalités non-nationalistes de tous horizons. Elle dispose d’un redoutable bretteur nationaliste, Olivier Sauli, leader local de Core in Fronte, ancien cadre du FLNC, ancien prisonnier politique, qui, lors d’une conférence de presse de son parti, est déjà passé à l’assaut en affirmant implicitement que la liste « Portivechju da fà » était la seule nationaliste : « Dans le débat qui s’annonce pour les prochaines municipales, forts de notre choix de proposer une réelle alternative à la politique actuelle de la municipalité en place, et à son faux nez de la droite portovecchiaise » et en insinuant l’idée que la municipalité sortante ne se préoccupait que du centre de Portivechju et de tourisme : « Penser, conceptualiser, anticiper, projeter la ville de Portivechju c’est avant tout situer sa place et son rôle à partir des référents historiques, géographiques, sociologiques et statistiques. Le développement de Portivechju, comme ailleurs en Corse, ne peut se dessiner selon le schéma classique français de l’évolution urbaine. Il doit tenir compte de tous les considérants qui, en matière économique, sociale et culturelle, ont façonné et affirmé ici une communauté historique qui compose le peuple corse. C’est selon cette projection que nous situons les hameaux. Ce qui suppose qu’un Plan Local d’Urbanisme, pour systémique qu’il soit, doit les intégrer impérativement dans la planification d’utilisation des sols et de construction […] Ce dernier ne garantissant pas comme nous l’entendons les intérêts collectifs des hameaux. Ils ne sont pas voués à disparaître pour se transformer en banlieues-dortoirs périphériques d’un centre progressivement menacé de stagnation. Ils ne sont pas non plus condamnés à la dépossession foncière et à la spéculation immobilière. Enfin, ils ne sont pas destinés à devenir des cartes postales et des alibis d’une pression touristique non maîtrisée. Nos hameaux doivent être pleinement reconnus comme des territoires à part entière. Le PLU doit prendre en considération ce qui relève autant d’une transmission et continuité mémorielle que d’un développement social et économique qui doivent être équilibrés. »

Pacification du débat politique et réalisation de nombreux projets


Pour conduire et gagner une fois encore, Jean-Christophe Angelini estime pouvoir compter sur le large appui populaire résultant d’une gestion ayant réussi une pacification du débat politique et réalisé de nombreux projets. Ce qu’a paru confirmer l’inauguration de sa permanence qui a rassemblé plus de 300 personnes le 17 janvier dernier. Jean-Christophe Angelini est fier de son bilan, car il peut se prévaloir de 150 millions d’euros d’investissement en six ans qui ont conduit à lancer, réaliser ou assurer le PLU (plan local d’urbanisme), le port de plaisance, la cuisine municipale, les écoles de Ceccia et de Pifanu, le marché de Poretta, la rénovation de la Salle rouge et de l’EHPAD, la programmation culturelle, la communauté professionnelle territoriale de santé, le maintien de la maternité, la politique sportive, la mise en place d’un CCAS, le festival du film, le festival du livre, la rénovation d’HLM… Jean-Christophe Angelini estime aussi que les Portivecchiais voudront comme lui aller encore de l’avant et que cela sera possible malgré quelques bâtons dans les roues mis par la Collectivité qui, selon lui, ne donne pas de crédits, n’apporte aucun concours et crée ainsi des situations délicates.

Pierre Corsi
Credit photos : Pà Portiveghju, Georges Mela, Core in Fronte
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