A l'accorta cette semaine : eventi e fatti
A l'accorta cette semaine
EVENTI E FATTI
Roccapina : site préservé, mais pas encore sauvé
Après plusieurs années de procédure, les parcelles sur lesquelles s’élève la tour de guet dite « génoise » édifiée en 1609 et inscrite aux Monuments historiques en 1994, et le fortin qui couronne le Lion appartiennent désormais définitivement au Conservatoire du littoral. L’expropriation déclarée d’utilité publique en 2022 a pris effet, il y a quelques semaines avec l’accord de l’ancien propriétaire, une SCI italienne. Le site est ainsi préservé de la spéculation (selon l’article L322-3 du Code de l’environnement, le domaine propre du Conservatoire du littoral est inaliénable sauf par saisie du Conseil d’État, ce qui ne s’est jamais produit depuis la création de l’établissement public), mais reste à le restaurer pour le sauver des atteintes du temps.
Chloé : un annu fà
La Corse n’a pas oublié. Parmi les nombreux messages et communiqués en mémoire de Chloé, celui à la fois simple, émouvant et juste du syndicat étudiant Ghjuventù Indipendentista : « Un annu fà, Chloé, una giovana studiente di a nostra università hè stata tomba in una viulenza demente. À solu 18 anni duvimu pensà à i nostri studii è à a vita ch’avimu da custruisce. À Chloé, sti sogni sò stati arrubati. Tenimu oghje, di core, à rendeli un omagiu è à salutà u curagiu di a so famiglia. U so ricordu firmerà per u sempre stampatu in a nostra mente. » Crédit photo : famille Aldrovandi.
Cità di Bastia : Budget participatif 2026
La Ville de Bastia lance sa nouvelle édition du Budget participatif. Jusqu’au 31 mai, les habitants (personnes résidant, travaillant ou étudiant à Bastia/sans condition d’âge/à titre individuel ou collectif) peuvent proposer des idées et projets pour améliorer le cadre de vie et le quotidien de leur ville qui seront ensuite soumis à l’étude des services municipaux puis au vote des habitants. Les idées ou projets déposés doivent répondre à l’intérêt général, relever des compétences communales, être suffisamment précis pour être instruits, ne pas dépasser un coût de réalisation de 220 000 €. Ces idées ou projets peuvent porter sur le cadre de vie, l’environnement, les solidarités, la culture, le sport, les mobilités, la jeunesse, la transition écologique. Pour proposer : formulaire mis à disposition à l’Hôtel de Ville, aux Centres culturels Alb’Oru et Una Volta, à la Casa di e Lingue, au Centre social François Marchetti, à la Maison des quartiers Sud, à la Maison du Centre Ancien, ou https://www.bastia.corsica/par...
Granu anticu in Alta Rocca
C’est à Serra di Scopamena que l’associu U Granu Anticu a relancé la culture du blé dans l’Alta Rocca. L’associu U Granu Anticu agit depuis 2008 pour la défense et la promotion d’une culture vivrière locale, sociale et éthique de blés anciens en Corse. L’associu a créé un jardin de blés à Aleria, permettant ainsi l’identification de variétés anciennes. Le blé a été semé à Aleria puis en plaine de Pancheraccia. L’an passé, U Granu Anticu a tenté l’expérience d’une plantation en montagne (dans le Cortenais). Il semble que le blé corse résiste mieux au froid et à la sécheresse que les variétés provenant de l’Hexagone ou d’ailleurs. U Granu Anticu dispose d’un moulin à meules de pierre duquel sort une farine complète ayant de grandes qualités nutritionnelles, car contenant le germe de blé et le son. Crédit photo : Infos Corsica Santa Lucia/Zonza — U Granu Anticu.
Cavallu : fermeture du port
Le port de l’île de Cavallu est fermé suite à un arrêté municipal. L’accès à l’île reste cependant autorisé par dérogation à des fins de maintenance ou d’urgence. L’arrêté en mentionnant « une pluralité de désordres affectant certaines installations et ouvrages du port » étant « susceptibles de compromettre la sécurité des personnes et des biens », et en décidant la fermeture, reprend les premières constatations et la préconisation de l’expertise judiciaire ordonnée par le tribunal administratif. L’arrêté ne court que jusqu’au 31 mars, car, à cette date, sera rendu le rapport final d’expertise. La saisine du juge administratif a été opérée par le maire de Bunifaziu. Ce dernier, autorité portuaire, a agi du fait que la Société du Port de Cavallo, gestionnaire du port, a ignoré les conclusions de deux expertises indépendantes (l’une, en 2023, avait affirmé la nécessité de travaux d’urgence évalués à 9,8 M€ pour remettre le port en état ; l’autre, en 2025, avait confirmé la nécessité d’une remise en état et l’avait chiffrée à 8,5 M€). L’ancien président de la Société du Port de Cavallo (remplacé depuis le 19 janvier dernier) qui a fait réaliser des travaux d’entretien et contesté les préconisations et les chiffrages des deux expertises affirme que le port a été sécurisé. Le nouveau président a pris connaissance de l’arrêté municipal. Il n’a pas encore réagi.
Texte avec foto (AIX)
Aix-en-Provence : plus de 1000 !
Ils étaient plus de 1000 en la cathédrale Saint-Sauveur. Les Corses d’Aix-en-Provence et sa région s’y sont retrouvés le 11 février dernier pour la traditionnelle messe des Corses célébrée par son éminence le cardinal François Bustillo, évêque d’Ajaccio. Les chants religieux et polyphoniques ont été interprétés par quatre membres du groupe Cuscenza. Après la messe, a eu lieu une soirée festive et conviviale organisée par la très active amicale des Corses d’Aix-en-Provence. À noter le soutien matériel apporté à ces événements par la municipalité aixoise ainsi que plusieurs entreprises corses : Brasserie Pietra, Fromagerie Ottavi, Zilia (l’eau minérale corse), SARL Option 2 (distribution de produits corses), Foodtruck Corse, La Casincaise, Boisson La Corsica. Crédit photo : Église Catholique en Corse.
Bunifaziu va reprendre le port de Cavallu
Le 25 juin prochain, la commune de Bunifaziu reprendra le contrôle du port de Cavallu du fait que le contrat de gestion concédé à la Société du Port de Cavallo sera arrivé à échéance et qu’en mai de l’an passé, les élus du conseil municipal bonifacien se sont tous prononcés pour une gestion du port en régie. Selon Jean-Charles Orsucci, le maire de Bunifaziu, les droits d’usage devraient au moins couvrir les coûts d’investissement et de fonctionnement. La commune n’entendant pas assumer le coût des travaux de remise en état et si la Société du Port de Cavallo refuse de payer, il appartiendra à la justice de trancher.
Couvent d’Orezza : enfin !
Le projet de restauration du couvent San Francescu d’Orezza ayant été lauréat des Trophées Impact de la fondation du patrimoine, va bénéficier d’un financement de 250 000 €. Construit à la fin du XVe siècle, dynamité durant la dernière guerre, laissé depuis à l’abandon, l’édifice est en grand péril. Les travaux qui seront entrepris permettront de stabiliser la structure avant que soit ouvert le chantier de transformation en un lieu de mémoire. Les travaux débuter fin 2026. Enfin ! Le couvent a été fondé en 1485 par les Observantins puis a été repris par les Franciscains qui ont édifié l’église dont subite le clocher et des pans de murs. Le couvent a été un haut lieu de l’Histoire corse : mars et avril 1731, le chanoine Orticoni et d’autres théologiens s’y sont retrouvés pour débattre de la légitimité de la révolte contre Gênes ; le 20 avril, ils ont décrété à l’unanimité que la Cause des Corses était « sainte et juste »/les 6, 7 et 8 janvier 1735, la consulte d’Orezza a élu Don Louis Giafferi, Hyacinthe Paoli et André Ceccaldi « Généraux de la Nation », adopté le texte de la Constitution dévoilé à Corti quelques mois plus tôt, placé le peuple corse sous la protection de la Vierge, décidé que la fête de l’Immaculée Conception serait célébrée dans toute la Corse/en juin 1751, une consulte a élu Jean-Pierre Gaffori « Général de la Nation » / en septembre 1790, une consulte a instauré la nouvelle administration départementale donna tous les pouvoirs à Pascal Paoli. Crédit photo : Journal de la Corse.
« L’ordre colonial tue »
Le militant kanak Frédéric Grochain, âgé de 31 ans, est décédé le 6 février dernier dans une cellule du centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand (Saône-et-Loire) où il avait été incarcéré en juin 2024 après les émeutes en Nouvelle-Calédonie. Selon le rapport d’autopsie, le décès relèverait d’une « mort naturelle liée à des problèmes de santé ». La tristesse et la colère de la communauté kanake et de ses soutiens ont été exprimées par le Collectif Solidarité Kanaky : « L’arrachement à son pays a été très difficile comme il a pu nous le partager dans les échanges que nous avions. Il souhaitait rentrer en Kanaky, une demande de retour avait été faite par son avocate, sans réponse favorable ». Le Collectif appelle à faire toute la lumière sur les circonstances du décès et dénonce : « Quelles que soient les circonstances de sa mort, nous ne cesserons de rappeler que l’ordre colonial tue, et l’enfermement et la prison tuent, car être incarcéré est une survie psychologique et physique, dans l’isolement et l’opacité intérieure de la prison, d’autant plus en situation coloniale ». Pour sa part, dans un communiqué, Christian Tein, le président du FLNKS, a déclaré : « Frédéric Grochain est une victime directe du système judiciaire et carcéral colonial […] Sous couvert de maintien de l’ordre et de justice, l’État français a engagé une politique de répression massive visant spécifiquement la jeunesse kanake, les militants politiques et les populations autochtones, recourant à des mesures d’exception, à l’éloignement carcéral et à la déportation ». Christian Tein a ajouté que l’incarcération en France de Frédéric Grochain s’inscrivait « dans une logique coloniale assumée de neutralisation politique » et assuré qu’« aucune paix durable ne pourra être envisagée tant que l’injustice, la répression et la négation des droits du peuple kanak continueront d’exister ».