Football : Le SC Bastia en refonte…
Le SC Bastia entend repartir, presque, de zéro.....
Football : Le SC Bastia en refonte…
Relégué en Ligue 3 après une saison catastrophique en Ligue 2, le SC Bastia entend repartir, presque, de zéro. Les décisions étaient attendues après le cuisant échec de la saison 2025/2026. Pour repartir du bon pied, le président Claude Ferrandi et son équipe remettent les choses à plat.
Déjà beaucoup de départs, pour aussi alléger la masse salariale, forcément revue à la baisse : L’entraîneur Reginald Ray, son adjoint Lilian Laslandes, le prépa physique Jeannot Akakpo, Hugo Hantz, analyste vidéo, des joueurs emblématiques comme Dumè Guidi ou Christophe Vincent, des contrats non renouvelés ceux de Placide ou Merhem, des bons de sortie pour certains joueurs encore sous contrat, Ariss, Janneh… la liste est longue et on privilégie la promotion interne pour donner un coup de fouet à tout le club.
Laurent Peyrelade, nouvel entraîneur
Sa venue pour remplacer Benoît Tavenot avait échoué d’un fil cet hiver. Cette fois le ruthénois Laurent Peyrelade sera bien à la tête de la formation de Ligue 3. « On s’était ratés la première fois, c’était important de ne pas rater la deuxième » explique l’ancien entraîneur de Rodez, Versailles, Grenoble et Agde. « Bastia est un club magnifique, le stade est magnifique. J’en ai que de bons souvenirs. La situation sportive est ce qu’elle est, mais ça n’enlève rien à la terre de foot qu’est la Corse. Ça n’enlève rien à la passion qu’il y a ici. Une passion il est vrai parfois dévorante, mais très excitante. Les mots qui m’ont séduit dans le discours des dirigeants ? Déjà, c’est leur simplicité et l’ambition. L’ambition de construire un groupe de joueurs. Mais l’ambition, c’est juste un mot. Et les mots ne font pas gagner les matchs. L’idée, c’est surtout de construire quelque chose, d’absorber, de digérer une relégation, encore plus ici. Et puis après, d’avancer ». L’autre homme fort de cette reconquête : Gilles Cioni. Enfant du club, il en a été un capitaine emblématique, un battant, donnant l’exemple et montrant les valeurs à ses coéquipiers. Directeur sportif, il assume ses choix : « L’ambition, c’est de faire la meilleure équipe possible, compétitive. L’ambition c’est de repartir sur une bonne dynamique après une saison compliquée, éprouvante à laquelle on ne s’attendait pas. L’ambition c’est de repartir sur une dynamique neuve, sur une page quasi blanche, d’unité avec notre environnement. Le Sporting, quelle que soit la division dans laquelle il a évolué, n’a jamais été aussi fort que quand toutes les composantes ont tiré dans le même sens. Et ça, ça va être un objectif au coach, aux dirigeants, à moi-même, de refaire cette dynamique-là et d’être porté par tout un stade pour aller le plus haut possible ».
Une nouveauté la Ligue 3
Exit le championnat National, la FFF a enfin créé cette Ligue 3 qui lui tenait à cœur depuis des années. Un championnat professionnel non pas régi par la LFP mais par la FFF. Un championnat, on l’aura compris, d’un niveau plus élevé donc. « Ce championnat de Ligue 3, il faut l’aborder avec beaucoup d’humilité » souligne G. Cioni. « L’objectif c’est bien sûr de remonter en L2. On le dit, mais après ce sont les actes, les ingrédients qu’on va y mettre, la constitution de notre effectif, les valeurs qu’on va vouloir remettre au premier plan, qui vont faire que. Car on devra faire face à des équipes qui ont beaucoup plus de moyens. On n’est pas là pour vendre du rêve aux gens. On va repartir sur des bases saines, sur une nouvelle dynamique, pour reproposer du Sporting, retrouver un petit peu de notre ADN. Des joueurs vont partir, des joueurs vont arriver au fur et à mesure de la préparation et l’idée c’est de prendre des joueurs qui ressemblent au club. Des joueurs qui ressemblent à l’environnement, des joueurs qui ont envie d’être là, qui ont envie de se bagarrer, qui ont envie de vivre une aventure avec nous. Et ce n’est pas un problème d’âge ou de talent ». Un gros chantier donc qui devra voir ses fondations creusées avant la reprise du championnat le 8 août. « J’ai eu des joueurs au téléphone, pour essayer d’être les premiers. Parce qu’on sait qu’on ne sera pas les premiers économiquement » déclare Laurent Peyrelade. « Il faut les convaincre de venir au Sporting. Les dirigeants m’ont rappelé une phrase qu’un joueur avait prononcée à sa venue alors que le SCB avait été relégué en N3 : « Je ne viens pas jouer en National 3, je viens jouer au Sporting Club de Bastia. » La différence est là. Il faut qu’on soit unis pour créer un environnement hyper favorable. Ça, c’est très important. Et c’est peut-être ça qui fera la différence. Ce ne sont pas nos moyens. C’est la culture, l’histoire qui peut faire la différence ».
A quoi s’attendre dans le jeu ?
« J’aime les équipes qui vont vers l’avant, les équipes qui courent, les équipes qui vivent, qui grouillent, qui ont une grosse capacité d’entraînement et de travail » développe L. Peyrelade. « Et ce n’est pas un problème d’âge. J’aime quand c’est discipliné. Tactiquement, je peux jouer en 3-5-2 ou en 4-3-3 mais j’aime quand il y a trois milieux de terrain. À Grenoble, j’ai fait du 4-3-3. À Rodez, j’ai fait du 3-5-2. J’aime quand c’est assez vertical. J’ai besoin de sentir mes joueurs, d’aimer mes joueurs. J’aime quand il y a du lien avec le territoire. Je pense que le football n’est pas le même à Bastia, qu’à Rodez, qu’à Lorient, qu’à Lille ou à Lens ou à Paris. Voilà. Donc il faut que tes principes de jeu restent les mêmes ». Au fil des jours, l’équipe va prendre forme et déjà des jeunes prometteurs de la réserve ont signé leur premier contrat professionnel : les attaquants Ruben Beliandjou, Daouda Tamba, les milieux de terrain Dramane Diarra et Matteo Petrignani.
Ph.J.
Crédit photo : Ph.J