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Le Musée de Bastia dans la rue !

ENTRETIEN AVEC JULIA MARCHINI, directrice adjointe du service de communication de la mairie de Bastia, chargée de projets.

Le Musée de Bastia dans la rue !
Une campagne heureuse de promotion…


On commence par se frotter les yeux. On regarde ailleurs. Puis on se risque à nouveau à fixer la vue initiale. Surprise ! Un tableau du XVIIe siècle sur un mur du Vieux Lycée (Simon Vinciguerra) reproduit une des œuvres remarquables du Musée de Bastia : une toile peinte par des artistes des « Écoles du Marché ».


On s’approche. Le tableau originel s’est transformé en affiche. Elle porte une inscription qui indique en corse le palais de justice tout proche. Alors on se décide pour une balade dans le centre-ville. Est-ce la seule reproduction plaquée à un endroit où elle ne peut échapper au regard ? On avance au hasard. On arrive au kiosque à journaux — unique survivant de la cité — cours Pierangeli, face au lycée Jean Nicoli. Bonne pioche ! Sur un mur de l’établissement quatre copie de bustes de personnages qui ont eu dans le passé leur heure de gloire. Nous attendraient-ils pour une causette. On décide de reprendre notre voiture garée dans le parking de la place Saint-Nicolas. Dans les escaliers de la descente on tombe sur une image de Pasquale Paoli qui nous enjoint de remonter parce que vous avons bâclé notre visite. Paoli s’exprime en anglais… On s’en serait douté !
Des affiches sur lesquelles on peut découvrir des chefs-d’œuvre du musée, il y en a d’autres. Elles sont d’un bel effet au milieu de la densité de la circulation. On apprend que l’initiative de ce qui est en fait une campagne de promotion revient à la mairie. Objectif ? Inviter le public à la citadelle où le Palais des Gouverneurs abrite le Musée.
Celui-ci conserve des objets retraçant plus de 700 ans de Bastia de sa fondation au XIXe siècle. Il mêle histoire, anthropologie, sociologie, histoire de l’art. En sa possession des tableaux du XVIIe au XVIIIe siècle de la fameuse collection du cardinal Fesch, soit une trentaine de pièces. Bouquet final du parcours muséal ? La collection Carlini consacrée à la période révolutionnaire et napoléonienne…

En prime du Musée un panorama exceptionnel sur la ville.
Michèle Acquaviva-Pache

• Horaires d’été : 10 h – 18 h 30. Fermé les lundis en mai, juin, septembre. Ouvert tous les jours en juillet et en août (excellente climatisation).
• Tarifs : adultes : 5 euros. Moins de 10 ans : gratuit. 10 — 18 ans, étudiants, seniors : 2, 5 euros.
• Accès handicapé (normal)
• Contact : 04 95 31 09 12. Mail : [email protected]



ENTRETIEN AVEC JULIA MARCHINI, directrice adjointe du service de communication de la mairie de Bastia, chargée de projets.

Qui est à l’origine de la campagne de promotion du Musée de Bastia ? Combien de temps va-t-elle durer ?
En vue de la saison estivale 2026, la Ville de Bastia a souhaité imaginer une campagne capable d’inciter les Bastiais, mais aussi les visiteurs, à découvrir les collections du musée. Avec Julie Lours, directrice du service, nous avions depuis quelque temps l’envie d’investir l’espace public à travers une démarche inspirée du street art, respectueuse de notre patrimoine. Cette demande est arrivée au bon moment. L’idée de faire « sortir » les œuvres du musée pour susciter la curiosité s’est imposée très naturellement. La campagne est éphémère : elle accompagnera la saison touristique avant d’être retirée à l’automne.

À partir de quel constat cette campagne a-t-elle été décidée ?
Le musée est situé au cœur de la Citadelle, un quartier niché dans le centre historique de Bastia. La dernière grande campagne de communication remontait à la réouverture des équipements culturels après le Covid. Il semblait important de remettre un coup de projecteur sur ce lieu exceptionnel et sur ses collections permanentes qui sont une richesse et un vecteur d’attractivité pour notre Ville.

Le but de cette action est-elle de mieux faire connaître ce musée aux touristes ?
Aux touristes oui, c’est pourquoi certains messages sont en anglais, mais pas que. Cette campagne s’adresse aussi aux Bastiais et, plus largement, aux Corses. Comme partout, les habitants ne fréquentent pas toujours les équipements culturels de leur propre ville. Nous voulions leur donner une bonne raison d’y revenir.

Avez-vous beaucoup débattu de l’angle d’attaque de cette campagne ?
Pas vraiment. L’idée a rapidement convaincu l’ensemble des partenaires. Je remercie d’ailleurs le maire, les élus et le directeur du musée, ainsi que tous les propriétaires qui ont accepté d’accueillir les collages sur leurs façades, qu’il s’agisse de la Collectivité de corse, de la CCI ou de copropriétés privées !

Combien de personnes ont-elles été mobilisées sur ce projet ?
Nous étions un peu moins d’une dizaine de plusieurs services. Une task force on peut dire ! Ma collègue Émilie Franceschi a réalisé les fichiers graphiques, le service de la langue corse nous a accompagnés pour les traductions, Jeanne Vandoolaeghe Tasei et Thomas Boé Moracchini ont assuré la pose des collages avec l’appui du Centre technique municipal.

Quelles sont leurs formations ? Ces personnes avaient-elles travaillé auparavant sur ce type de projet ?
Pour le service Communication, c’était une première. En revanche, Jeanne Vandoolaeghe Tasei, artiste plasticienne formée à la Haute école des arts du Rhin, maîtrisait parfaitement les techniques de collage et nous a apporté son expertise.

A qui avez-vous demandé la réalisation des affiches ?
Toute la conception graphique a été réalisée en interne. Nous sommes très sensibles à la création artistique et nous essayons, autant que possible, de travailler avec des créatifs. Ici, le calendrier et le budget ne nous permettaient pas d’envisager une création originale. Nous avons donc utilisé l’IA de façon très ciblée, uniquement pour détourner l’œuvre. L’idée étant d’utiliser cet outil comme un levier de médiation pour susciter la curiosité et donner envie de découvrir l’original au musée.

Pour quelles raisons le choix de telle œuvre plutôt que de telle autre ?
Nous voulions refléter la richesse des collections permanentes. Les œuvres sélectionnées couvrent différentes époques et techniques, avec une préférence pour des personnages pouvant être reproduits à taille humaine ou monumentale afin de créer une véritable rencontre avec le passant.

Qui vous a aidé à décider des emplacements des affiches en ville ?
Nous avons privilégié des lieux de passage : centre-ville, quartiers sud, établissements scolaires, parkings... L’idée était d’aller à la rencontre des gens, là où ils circulent au quotidien, tout en respectant le patrimoine bâti de la Ville.

Qui a rédigé les légendes sur les affiches ? Quel était votre but à atteindre ?
Elles ont été imaginées en interne. Nous avons choisi des phrases courtes, parfois en français, en corse ou en anglais, avec une pointe d’humour, pour inviter le public à suivre la direction indiquée par le personnage.

Le QR code ce n’est plus seulement pour faire joli ?
Il est au cœur du dispositif. En le scannant, le visiteur accède à son itinéraire vers le musée. L’idée est de prolonger la rencontre avec le personnage dans la rue jusqu’à son œuvre originale, à l’intérieur du Palais des Gouverneurs.

M.A-P
(Crédit photo: service de Communication de la mairie de Bastia)
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