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Flora Mattei, présidente de l'Office des Transports de la Corse

Elue en juillet dernier, Flora Mattei analyse la situation pour ce qui concerne la desserte maritime .
Flora Mattei, présidente de l’Office des Transports de la Corse
« Nous allons poursuivre notre sécurisation économique et juridique avec la volonté forte d’intégrer
une politique de développement durable et sociale »


Elue en juillet dernier, à la tête de l’Office des Transports de la Corse, Flora Mattei analyse la situation pour ce qui concerne la desserte maritime.


Que vous inspire la condamnation faite à la CdC au titre d'une concurrence jugée illégale vis-à-vis de la Corsica Ferries?

On peut s’interroger sur la non prise en compte d’expertises produites par la CdC dans ce dossier. Selon les experts, ce montant s’élèverait à 20 millions d’euros et non 86,3. C’est une condamnation héritée du passé et une somme démesurée qui va nécessairement impacter la vie des Corses sur les projets qui auraient pu être mis en place à leur profit.

L'arrivée en 2015, d'une nouvelle majorité, n'a semble-t-il pas réglé le problème lié à la DSP. Qu'en dites-vous ?

Depuis janvier 2016, la desserte maritime a été améliorée à plusieurs niveaux. On note, en outre, deux points importants, la réduction drastique de l’enveloppe à prélever sur la dotation de continuité territoriale qui se traduit par une réaffectation de cette somme économisée au bénéfice des infrastructures insulaires. On est passé de 103 millions d’euros en 2015 à 83 millions en 2020. Et deuxième point, la stabilité de la tarification avec un alignement des tarifs fret sur le ferroviaire continental conformément au principe de la continuité territoriale (35 euros par mètre linéaire).Je précise enfin que depuis 2015, les différentes décisions rendues l’ont toujours été en faveur de la Collectivité de Corse et de l’OTC. Ce qui garantit le sérieux de notre travail.

Une nouvelle menace pèse sur 3 DSP accordées à la Corsica Linea en 2019 et qui pourraient être jugées illégales.

Comment y remédier ?

Trois lignes de Service Public ont été accordées à la Corsica Linea de janvier 2019 à décembre 2020. Dès son vote à l’Assemblée de Corse, cette convention de DSP a été validée par l’Union Européenne qui, suite à la plainte formulée par la Corsica Ferries, a lancé une procédure formelle d’examen. On a immédiatement répondu aux différentes observations. À ce jour, aucune décision n’a été prise mais le Secrétariat Général des Affaires Européennes a confirmé que les différents textes applicables en droit interne et communautaire avaient bien été respectés. On peut donc logiquement s’interroger sur le fondement de la plainte. Elle pollue le débat et laisse planer un doute sur la gestion de la desserte Corse-Continent alors que la Corse a purgé ce passif auprès de la commission européenne.

Le rachat de la SNCM et la création d'un consortium à l'origine de la Corsica Linea, n'ont semble-t-il, pas réglé les problèmes du passé. Un constat d'échec ?

S’il y a échec, il relève essentiellement de la sphère privée. Je note que les contrats de Service Publics conclus aussi bien avec Corsica Linea que la Méridionale sont parfaitement respectés et garantissent pleinement la continuité de Service Public sans venir, pour autant, se greffer aux problèmes liés au rachat de la SNCM et à la création du consortium.

Quels axes pour l’actuelle majorité territoriale au cours de la mandature ?

Le temps dépensé à résoudre les errements du passé est perdu. On travaille dans un domaine où les effets seront produits à plus ou moins long terme et il est difficile de se projeter. Il faut anticiper et préparer les enjeux du futur. La pandémie, le réchauffement climatique et l’expansion démographique mondiale nous questionnent un peu plus chaque jour sur le monde dans lequel nous vivons. Le travail effectué par l’OTC a permis de sécuriser le Service Public dans la qualité tout en répondant aux besoins des résidents. Nous allons poursuivre cette sécurisation économique et juridique avec la volonté forte d’intégrer un politique de développement durable et sociale.



Interview réalisée par Philippe Peraut





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