• Le doyen de la presse Européenne

Ce que je voudrais dire au président Simeoni

Les fidèles du président Simeoni m'ont reproché d'avoir la dent dure à son égard. Il n'en est rien ........

Ce que je voudrais dire au président Simeoni


Des fidèles du président Simeoni m'ont reproché d'avoir la dent dure à son égard. Ils se trompent sur un point bien précis : ça n'est évidemment pas la personne qui était visée dans mes articles mais l'usage fait du pouvoir qu'il détient. Néanmoins, je veux bien admettre que la critique est aisée quand l'exercice est difficile. Aussi vais-je à l'avenir tenter d'être plus constructif que critique. Car après tout, ce que je reproche aux oppositions et aux associations est bien ce négativisme permanent privé de toute proposition positive. Alors si un jour, il m'était donné de rencontrer Gilles Simeoni voici ce que je lui dirais.


Je suis un légitimiste


Monsieur le Président, je l'ai écrit et je le répète : le grand danger qui guette la Corse n'est pas l'échec annoncé de la démarche que vous avez initiée avec le ministre de l'Intérieur mais le jeu de massacre auquel se livrent vos adversaires politiques en Corse. Leurs critiques pour utiles qu'elles soient ne sont jamais habillées de propositions concrètes qui amélioreraient la situation de nos compatriotes dans le domaine social, économique et plus généralement sociétal. Je mets sous ce vocable les déchets, l'énergie, les transports etc. Je ne pense pas que le marasme actuel soit lié à votre seule gestion mais plutôt aux contradictions inextricables dans lesquelles vous vous êtes enfermé. En promettant à votre électorat nationaliste d'atteindre un but juste en soi — la reconnaissance du peuple corse, l'inscription de la Corse dans la Constitution, l'autonomie — vous avez passé la tête dans un nœud coulant qui ne cesse de vous étrangler. Aujourd'hui, bien moins qu'hier la France ne cédera pas un pouce de sa centralisation. Elle s'est ainsi constituée au fil des siècles et, pour elle, le centralisme appartient à son ADN. Si vous acceptez cette réalité, vous avez le choix entre deux attitudes : demander une indépendance qui n'arrivera jamais tout simplement parce que nos compatriotes n'en veulent pas, soit prendre une autre route.

Une autre route


Cette autre route est celle des réussites concrètes, du bilan positif à opposer aux critiques. En acceptant de mettre de côté, sans l'abandonner, l'étoile lointaine d'une autonomie dont il resterait à définir le contenu exact, vous devriez mettre en exergue nos victoires qui pour n'être pas celle du domaine constitutionnel, représentent un formidable encouragement pour aller de l'avant. Car pour avancer, les peuples ont besoin de croire en leur propre destin plus encore aujourd'hui quand les dangers planétaires s'accumulent nous donnant la triste et fallacieuse impression que seuls l'apathie et le fatalisme sont de mise. La Corse abrite un peuple formidable qui, par le passé mais encore au présent, est inventif, créatif et parfois bouleversant. Sans remonter au XVIIIe qui vous l'avouerez commence à dater, brandissons Stella Mare, les sociétés d'informatique que nous abritons et qui connaissent un renom international, de formidables réussites touristiques n'en déplaise au FLNC et aux associations de défense du littoral qui sont devenues leur propre caricature. La route dont je vous parle, Monsieur le Président, n'a certes pas le brillant constitutionnel mais il est mille fois plus porteur d'espérance que ces combats qui ne sauraient être gagnés par la méthode Coué.

S'occuper des braves gens


La Corse souffre, Monsieur le Président. Les acteurs économiques sont angoissés par la conjoncture, par les menaces proférées par les hommes de l'ombre. Or ce dont nous avons tous besoin, ça n'est pas de cette logorrhée qui se répète de décennie en décennie mais d'actes forts et immédiats. La vie est trop chère en Corse. Il faut aider les citoyens à bâtir des coopératives d'achat qui obligeront les grands groupes à eux aussi baisser leur prix. De plus en plus de nos concitoyens sont obligés de chercher de l'aide auprès des organisations caritatives. Ils souffrent en silence. La force de tous les mouvements politiques populaires est la solidarité avec les plus démunis. Montrez-vous. Faites savoir que vous vous préoccupez du sort de tous. Faites preuve de compassion dans vos actes plutôt que dans vos paroles. Et puis organisons tous ensemble l'entraide avec nos aînés dans les quartiers et les villages reculés. J'en avais parlé avec votre père : il faut que les jeunes deviennent les bâtons de vieillesse des plus âgés, les aident au quotiden ou plus simplement brisent leur solitude en s'inquiétant de leur sort, en leur parlant tout simplement. Il faut retisser un filet social qui s'est déchiré.

Mille idées


Notre peuple est créatif, écrivais-je plus haut. Il existe des solutions pour l'énergie, pour les déchets. Le grand danger d'un pouvoir est de s'isoler dans sa tour d'ivoire. Les Corses vous apprécient, Monsieur le Président, au point d'avoir fait de vous la carte maîtresse de l'idée nationaliste. Nous sommes des centaines, des milliers à espérer votre réussite. Pour l'heure nous sommes déçus, très déçus mais prêts à vous aider en vous suggérant des pistes. Mais il va falloir choisir et trancher. L'heure approche qui va révéler que le pouvoir parisien nous a tous trompés. Vous allez devoir proposer une autre voie aux Corses faute de quoi la violence va reprendre. Nous sommes des milliers à vous tendre la main. Encore faut-il que vous choisissiez de la saisir. Il y a rarement des situations désespérées mais presque toujours un mauvais angle d'attaque d'un problème. Le découragement n'est pas de mise. Mais l'entêtement sur un chemin qui est à court terme une impasse serait une erreur terrible. Parlons-en, Monsieur le Président, échangeons face à face et surtout continuons d'œuvrer pour notre peuple. C'est le plus important. Au diable les orgueils déplacés, les divergences misérables. La Corse vaut plus que ça.

GXC
Partager :