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Histoire de famille, la diminution de la taille des familles

Alors que dans une récente conférence de presse, le Président Macron a lancé un nouveau débat sur la politique nataliste, faisant bondir les féministes et se réjouir la droite de voir ses idées se propager, une récente étude alerte sur la diminution de la
Histoire de famille

Alors que dans une récente conférence de presse, le Président Macron a lancé un nouveau débat sur la politique nataliste, faisant bondir les féministes et se réjouir la droite de voir ses idées se propager, une récente étude alerte sur la diminution de la taille des familles, et ce au niveau mondial.


Famille rétrécie

Selon ScienceAlert, qui reprend les résultats d'une étude réalisée par une équipe internationale de chercheurs et publiée dans la revue PNAS, la taille des familles va considérablement diminuer avant la fin du siècle dans le monde entier. Les scientifiques ont ainsi prévu une diminution moyenne de la taille des familles de 35 %, d'ici à 2095. Les familles vont devenir plus « verticales » : il y aura davantage d'anciens (grands-parents et arrière-grands-parents) et moins de cousins, de nièces et de neveux. En 1950, une femme de 65 ans avait en moyenne 45 parents vivants tandis qu'à la fin du siècle, une femme du même âge n'en aurait plus que 25. Cette nouvelle donne familiale, en partie due à la baisse des taux de mortalité. L’âge moyen au décès ne cesse d’augmenter depuis cinquante ans. Il est passé de 72 ans pour les femmes décédées en 1967 à 83 ans pour celles décédées en 2017, et de 64 à 76 ans pour les hommes sur la même période. Cette baisse va faire évoluer le nombre d’enfants que les parents prévoient de mettre au monde.

Composition des familles

En Corse, les familles monoparentales sont plus fréquentes qu'au niveau national. Leur évolution y est aussi plus rapide. En 2009, 23 % des enfants corses vivent avec un seul de leurs parents contre 19 % au niveau national. L'adulte qui est à la tête de cette structure familiale est souvent dans une situation moins favorable sur le marché du travail que dans les autres types de familles. Il est de fait plus touché par la précarité. En raison notamment d'une fécondité plus faible dans la région, les familles avec enfant(s) sont plus petites que sur le continent ; alors que les familles sans enfant y sont aussi fréquentes. Les jeunes adultes de plus de 25 ans vivant chez leurs parents, les « tanguy », sont plus nombreux en Corse. Les fratries sont moins nombreuses, avec pour conséquence des familles élargies moins étendues également. En Corse et dans le quart sud-ouest de la France, plus de 71 % des familles comptent deux enfants. En Corse, 18 000 enfants sont des enfants uniques. Leur part est très supérieure à celle de la France de province (31 % contre 21 %), et ce, quel que soit le type de famille. Parallèlement, 27 300 enfants vivent dans des familles de deux enfants, leur part est plus élevée qu’au niveau national (47 % contre 45 %). Ainsi, en Corse, les trois quarts des moins de 18 ans évoluent dans des fratries de moins de trois personnes, soit davantage qu’en province où cette proportion est de deux tiers. A contrario, les enfants de la région sont moins souvent dans une famille nombreuse (3 enfants ou plus) que sur le continent. Seuls 850 vivent dans des fratries de plus de 4 personnes. Leur part est deux fois plus faible qu'en province.

Natalité et fécondité

Selon les chiffres de l’Insee, la Corse est un territoire dynamique sur le plan démographique, grâce au solde migratoire, mais le solde naturel de l’île est négatif en raison du vieillissement de la population et d’une natalité faible. En effet, le taux de natalité est légèrement plus faible en Corse que dans les départements de comparaison (8,4 ‰ contre 9,0 ‰) et inférieur à la moyenne française (11,3 ‰). Le taux de fécondité en Corse est parmi les plus bas de France (5,0 naissances pour 100 femmes de 15 à 49 ans contre 6,0 % en France). C’est aussi dans l’île que la population est la plus vieillissante (117 personnes de 65 ans ou plus pour 100 jeunes de moins de 20 ans en 2020). Sans que ces plus âgés disposent des ressources pour aider les plus jeunes. Les moyens de la parenté diminuent aussi. Pour expliquer ce recul de la natalité, l’Insee fait valoir que le nombre de femmes en âge de procréer a diminué. Des facteurs conjoncturels interviennent aussi dans le choix d’avoir un enfant. L’inquiétude dans l’avenir ne pousse pas à fonder une famille. Réchauffement climatique, guerres, inflation, crises économiques… Rien qui n’incite à un projet de parentalité. D’autant que les femmes s’épanouissent dans d’autres domaines que la maternité. Ces modifications vont entraîner d’importants défis sociétaux. Charge aux États de revoir leurs politiques publiques pour s’adapter.

Maria Mariana
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