• Le doyen de la presse Européenne

Le risque et l’alerte ? Interprétations médiatiques

Risques naturels et risques technologiques

Le risque et l’alerte ?
Interprétations médiatiques


On a pu lire dans la presse locale, jamais en reste d’un certain sensationnalisme, bien dans l’air du temps de la société du spectacle, que notre île était confrontée à des risques majeurs.
Rien de moins.
Il nous est ainsi présenté une situation quasi apocalyptique, aux multiples facettes, à laquelle nous pourrions être confrontés.
Ce fut comme un catalogue des périls et autres maux qui ont été énumérés, allant des inondations aux incendies de forêts, sans oublier bien sûr les tsunamis et les risques technologiques auxquels la Corse serait on ne peut plus exposée.
L’idée sous-jacente est que nous nous trouvons face à une situation inédite d’urgence climatique et que l’homme pourrait agir mais ne le fait pas.
C’est dans cette même logique que l’on a mis en place ces agents de la police dite de l’environnement et de la biodiversité qui s’agitent sans relâche, mus par la foi de ceux qui ont découvert l’eau tiède, pour identifier et faire réprimer tous les déviants.
De la même façon que l’on a donné tant de place et d’importance à ces associations dites de protection de l’environnement qui encombrent les prétoires et qui sont les nouveaux inquisiteurs d’une modernité déliquescente.

Risques naturels et risques technologiques

On veut bien croire que les risques naturels puissent nous toucher. Pour les risques technologiques auxquels, nous dit-on, nous sommes aussi exposés, on reste plus circonspect.
En effet, quand on sait la très faible industrialisation de notre île, on peut raisonnablement les minorer. Cela relève du simple bon sens, dont certains ne sont manifestement pas pourvus.
Évidemment, nous disposons de quelques dépôts pétroliers et de quelques centrales électriques qui sont sources de risques et de dangers, mais faut-il pour autant perdre toute raison ?

Mémoire, humilité et savoir des anciens

Pour ce qui concerne les risques naturels, il faut impérativement retrouver ses esprits également.
Que l’on sache, on n’a pas la mémoire d’événements d’une ampleur telle qu’ils soient singuliers en Méditerranée, terre d’excès naturels comme humains. Nous avons toujours eu des inondations dues aux crues, en raison notamment d’un relief spécifique.
Nous y avons toujours fait face, parce que nos anciens savaient observer la nature et ainsi identifier les zones à risques qu’il convenait de préserver d’une implantation humaine.
C’était une démarche marquée par l’humilité face aux forces de la nature, une vraie démarche écologique, s’éloignant férocement de celles mises en œuvre par les extrémistes qui s’en réclament aujourd’hui.
Toutes choses que l’on tend à oublier aujourd’hui, car nous avons fragilisé et fait disparaître ce qui constituait des protections naturelles que nos anciens avaient prises en compte.
Parce qu’eux avaient toujours le souci de vivre en harmonie avec la nature sans vouloir à tout prix la dompter.
Mais le goût du profit et l’esprit de lucre ont tout emporté de ce qui faisait notre rapport à la terre que nous ne respectons plus.
Dans une île que d’aucuns disent terre de traditions et conservatoire même desdites traditions, on ne peut que constater que tout a été oublié.
Nous avons oublié que nos anciens, avec leurs faibles moyens, savaient faire face à ces aléas de la nature avec sagesse et respect des équilibres naturels, pour nous transmettre une ressource presque intacte et un territoire préservé.
Nous avons oublié ce que nous sommes, sans idéaliser néanmoins, car tout n’était bien évidemment pas sans rugosités ni drames, mais la ruralité qui dominait, alliée à une population stable, créait des solidarités, certes parfois forcées, mais qui n’en demeuraient pas moins des solidarités.

Incendies : un risque constant

Pour ce qui concerne le risque posé par les incendies, on ne peut que constater qu’il n’est ni pire ni mieux que dans les périodes passées et qu’il ne sert à rien d’apeurer les populations.

Cycles naturels et bon sens

On le voit, les raisons de l’accroissement de certains risques sont à rechercher dans nos comportements modernes, qui nous ont conduits à ignorer qu’il fallait prendre en compte les mouvements cycliques naturels et non pas ce qui résulterait d’un dérèglement général dû aux émissions de gaz carbonique ou à d’autres causes aussi fantaisistes, même si, bien évidemment, le climat change : c’est une affaire de cycle, comme on l’a évoqué. L’homme n’y peut que très peu.
Ce qu’il peut faire, c’est observer la nature et avoir du bon sens, ce que nos anciens savaient faire.
Ils ne construisaient pas près du lit des cours d’eau ni dans les zones proches d’extension naturelle des crues.

La politique de la peur

Alors pourquoi nous apeurer de la sorte face à une réalité qui est loin d’être aussi porteuse de périls que l’on veut nous le faire croire ? On nous parle même de tsunamis, qui sont des phénomènes plutôt propres à l’Asie, mais c’est sans doute une autre preuve de notre acculturation croissante…
On ne peut imaginer que tout cela soit fait pour entretenir les peurs, toutes les peurs, pour anesthésier les hommes.
Parce que l’on sait que lorsqu’on a peur on ne pense plus, et lorsqu’on a constamment peur…

Salluste
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