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2025 dans le retro : SPORTU

L’année qui s’écoule a été, comme toujours, en Corse, particulièrement fertile en termes d’exploits retentissants.

2025 dans le rétro



L’année qui s’écoule a été, comme toujours, en Corse, particulièrement fertile en termes d’exploits retentissants. Elle a également été marquée par de cruelles désillusions. C’est la vie du sport avec ses hauts et ses bas. Zoom sur 2025 à travers quelques-uns des temps forts…


Marc’Andria Maurizzi : la confirmation

Nous aurions pu débuter cette rubrique par le football, voire le volley, marqués, cette année, par deux accessions pour deux disciplines (foot et volley), mais un seul club. Mais l’un des temps forts a été marqué par le fabuleux parcours échiquéen d’un jeune bastiais de 18 ans : Marc’Andria Maurizzi. Maître international en 2019, champion de France pupille-la même année — grand maître international en 2021-le GMI français le plus jeune de l’histoire —, champion du monde junior en 2023, il a remporté, cette année, le Championnat de France, le 24 août, en battant Laurent Fressinet (titré en 2010 et 2014). Ce dernier n’est autre que... son entraîneur. Au 2 septembre dernier, Marc’Andria était le 4e joueur français classé à 2610 elo. Il est aussi l’un des plus jeunes GMI de l’histoire des échecs. Cela valait bien une place dans notre podium.

GFCA volley : retour vers le futur

Au terme de quatre saisons, dont une marquée, l’an dernier, par une accession perdue à Cannes lors du set en or, le GFCA est de retour, cette année, dans la cour des grands. Même s’il a fallu cravacher pour s’imposer en finale des play off. Vainqueur sans trembler de la saison régulière, le club « rouge et bleu » a souffert face à Fréjus. Après une victoire à l’extérieur (3-0), on s’attendait à une simple formalité, mais le Gaz a tremblé pour s’imposer au golden set. Finalement, il retrouve l’élite du volley-ball national, ce qui est, somme toute, sa place. Le GFCA s’est structuré en interne afin de s’inscrire dans la durée. Pour autant, les problèmes financiers et d’infrastructures l’ont privé de jouer à armes égales, compte tenu de l’évolution de la discipline. Mais le club est parvenu à bâtir un groupe performant alliant expérience et jeunesse autour de Florian Lacassie. Les débuts du GFCA au sein de l’élite ont été corrects malgré quelques contre-performances au Palatinu et le départ prématuré de Robin Neraudeau, passeur et grand artisan de l’accession. Un départ dû à la non-homologation de son contrat suite à l’encadrement de la masse salariale imposée par les instances nationales.

GFCA football : un retour très attendu

On change de discipline, mais pas de couleurs. Toujours en « rouge et bleu », mais en football, cette fois, il aura fallu deux années et deux saisons marquantes pour permettre au GFCA, relégué on s’en souvient en R2, il y a deux ans suite à des déboires extrasportifs, de s’extirper des compétitions régionales. Deux saisons dans le monde amateur où le club aura pu démontrer qu’il était toujours présent, soutenu par des centaines d’irréductibles et porté par une ossature de joueurs insulaires. Comme l’an dernier en R2, le Gaz a survolé la compétition à l’étage au-dessus (une seule défaite contre la SVARR) retrouvant, ainsi, deux ans après, une compétition nationale au sein de laquelle il brille de mille feux puisque toujours en tête à deux journées de la mi-parcours.

Frédéric Antonetti : un départ prématuré

Le projet initié par le technicien bastiais aura, in fine, duré 18 mois au Sporting. Malgré un premier exercice prometteur et des Turchini proches du Top 5, mais trop inconstants pour jouer les play-off, Fred Antonetti a dû jeter l’éponge fin octobre en raison d’un recrutement jugé inadapté et surtout un début de saison catastrophique, sans doute le pire de l’histoire du club à ce jour. Gilles Cioni, ancien emblématique capitaine, a été nommé coordinateur sportif. Sportivement, le SCB est au plus mal en cette fin d’année 2025.

L’essor du « pieds-poings » et de la boxe anglaise

Entre le corsifight, les galas de boxe thaï ou boxe anglaise à Ajaccio et Bastia, mettant en valeur les talents prometteurs des disciplines « pieds poings » et bien sûr, la boxe anglaise, les clubs insulaires ont été mis à l’honneur au cours de l’année écoulée. Avec une mention pour le kick boxing qui se développe à la vitesse grand V. Paul-Antoine Lanfranchi, Laura Delogu, Stéphane Genta ou encore les jumeaux Alexandre et Paul-Antoine De Franchi, pour ne citer qu’eux, font partie d’une génération prometteuse qui est appelée à s’illustrer au plus haut niveau.


ACA : la descente aux enfers

L’ACA aura constitué le feuilleton de l’été et sans doute l’une des plus grosses désillusions sportives de ces dernières années. Après une première moitié de saison complètement ratée (relégable et 15 points au soir de la défaite 4-0 à Bastia), le club « biancu è rossu » est parvenu à réaliser un étonnant retournement de situation, terminant la saison à la 12e place (42 points). Sauvé sportivement, le club ajaccien, plombé par une dette qui s’est aggravée au fil des jours, a multiplié les conférences de presse afin d’essayer de trouver des solutions, mais sans doute de manquer de transparence. Jamais, les supporters « biancu è rossu » n’auraient songé à une telle dégringolade. Menacé de disparition, endetté à hauteur de plus 13 millions d’euros, le club aura pu, au terme, de longues semaines d’incertitudes, repartir en R2, au 7e échelon. Ce, au terme de 28 saisons consécutives dans le monde pro. Avec tout ce que cela implique : chômage, infrastructures, fermeture du centre de formation. Et c’est grâce à une nouvelle équipe dirigeante, des anciens pros (Nouri, Avinel) des pros requalifiés amateurs (Delort, Youssouf, Campanini), de nombreux jeunes et des fidèles supporters, que le club a pu repartir, là où tout avait débuté en 1992. Avec, espérons-le, la même réussite.

Ph.P.
crédit photo : PH.P
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