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Tribunal de Commerce de Corse-du-Sud : une rentrée mitigée

Des perspectives incertaines pour 2026.

Tribunal de Commerce de Corse-du-Sud : une rentrée mitigée



La rentrée solennelle au Tribunal de Commerce d’Ajaccio et de la Corse-du-Sud s’est déroulée le mercredi 14 janvier dernier. Un bilan 2025 qui aura été mitigé, marqué par la création de nombreuses TPE, mais aussi des fermetures notamment sur le Grand Ajaccio et en centre-ville et un nombre de dépôts de bilan et de redressement stable par rapport à 2024. Enfin, des perspectives incertaines pour 2026.

La très attendue rentrée solennelle au Tribunal de Commerce d’Ajaccio et de la Corse-du-Sud s’est effectuée le 14 janvier dernier. Une rentrée sur fond d’une situation compliquée que vit l’île depuis déjà quelques temps. Aux côtés de David Istria et des juges qui composent l’institution, Maître Stéphane Nesa, bâtonnier du barreau d’Ajaccio et Nicolas Septe, Procureur.

Une activité record

Dans un premier temps, l’année 2025 aura été marquée par une activité globale « record » avec 3131 décisions rendues, soit une hausse de 358 par rapport à 2024 (2773) et une baisse de dépôt de bilan de 10 %. « Dans l’ensemble, précise David Istria, président de l’institution consulaire, des faillites d’entreprises constantes par rapport à 2024, un nombre de redressements ou de liquidations stable (119). » Les entreprises ont été étouffées, le plus souvent par l’absence de trésorerie. Le remboursement du PGE utilisé lors de la période Covid, pouvant expliquer cette caractéristique. » Autre point important à souligner, la situation que connaît le centre-ville et la périphérie d’Ajaccio (sur les hauteurs de Mezzavia) avec une quarantaine de dépôts de bilan sur les 200 recensés en 2025 (228 l’an dernier). « Une situation, il est vrai, compliquée, ajoute le président, le centre-ville d’Ajaccio et la galerie Auchan sont particulièrement touchés. Des projets sont en cours pour cette dernière et nous espérons que la prochaine ouverture du parking du Diamant et le dynamisme de la citadelle vont permettre aux entreprises de retrouver une certaine vitalité. »

Un certain dynamisme du tissu local

On aura pu constater, au niveau des bilans, une bonne activité économique touristique avec une très bonne avant-saison et trois secteurs tout particulièrement touchés : le BTP, la restauration et le commerce de détail. Un paradoxe, pour un département qui aura enregistré, en 2025, 28 135 entreprises (TPE ou microentreprises pour la plupart), soit, avec 2231 structures de plus, une hausse de 6 %, ce qui peut témoigner d’un certain dynamisme du tissu local. « De nombreuses entreprises individuelles, poursuit David Istria, une augmentation de 70 % par rapport à 2019. Des entreprises qui assurent un complément de revenu et ne capitalisent pas forcément. Et une hausse qui peut s’expliquer, également, par la mise en place de régimes plus simples. »

L’incertitude pour 2026

L’activité économique, forcément liée plus ou moins étroitement à ce que vit l’île depuis déjà quelque temps, a débuté sur un fond de tensions que l’on ne saurait écarter. Ceci étant, l’institution prône la vigilance. « Nous ne sommes pas les juges de la faillite, détaille encore David Istria, si une entreprise est en difficulté, elle doit venir nous voir impérativement. Nous serons plus que jamais présents aux côtés des plus fragilisées. »
Une année 2026 incertaine, mais au cours de laquelle, le Tribunal de Commerce se fixe, comme priorités la prévention, l’innovation technologique, mais aussi l’indispensable lutte, avec d’autres composantes bien sûr, contre la « criminalité économique »…

Philippe Peraut
photo : Ph.P
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