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MUNICIPALES 2026 / Sartè

Quatre candidats sont en lice dans la « plus corse des villes corses » pour succéder à Bertrand d’Ortoli, ...

Municipales 2026 à Sartène


Quatre candidats sont en lice dans la « plus corse des villes corses » pour succéder à Bertrand d’Ortoli, qui a choisi de ne pas se représenter : Pascal Quilichini, candidat issu de la majorité municipale sortante et frère de l’ancien maire décédé en février 2025, Ludovic Cerlini, ancien adjoint lors des scrutins de 2008 et 2020, Christophe Mondoloni, dont c’est le retour aux sources après plusieurs postes d’adjoint à la mairie d’Ajaccio et Paul-Félix Benedetti, originaire de la région et qui vise à rassembler la famille nationaliste. Un scrutin qui, au final, s’annonce très serré…


Ludovic Cerlini (Sartè, oghji pà dumani)
: « Notre objectif est de servir Sartène ».
–C’est votre premier scrutin en tant que tête de liste. Pourquoi ce choix ?
Les divisions au sein de l’équipe municipale desservent, depuis des années, les intérêts de la ville. C’est la raison pour laquelle, j’ai travaillé depuis près d’un an autour de ce projet en officialisant ma candidature en mai dernier. C’est donc un choix mûrement réfléchi.

Vos colistiers ?
Ils sont majoritairement issus de la société civile et de sensibilités diverses. On y retrouve, notamment, Élisabeth Quilichini de Lesquen, fille de l’ancien maire et qui a choisi de rejoindre notre démarche. Dans cette liste sans étiquette affichée, nous voulons apporter une vision citoyenne et répondre aux problématiques de la ville. Notre objectif est de servir Sartène et non l’intérêt personnel.
Quelles sont vos propositions ?
Notre projet se scinde en deux axes : offrir aux Sartenais un cadre de vie apaisé et sécurisé, favoriser l’écoute... Et faire rayonner Sartène en faisant de cette ville une institution importante, en travaillant sur notre patrimoine, qui est important. Il sera, à cet effet, primordial de prendre tous les particularismes de Sartène en compte. Une ville trop longtemps absente des débats et du développement économique régional. C’est la commune la plus étendue de Corse et nous devons être attentifs aussi bien au centre-ville qu’aux différents hameaux.
Votre priorité en cas d’élection ?
Le socle de notre projet est de repenser le quartier de la cité administrative. Placer la mairie dans l’ancien tribunal afin de favoriser un meilleur accueil, créer un véritable pôle administratif, une maison pour les personnes âgées, développer la crèche municipale et repenser l’école maternelle.
On annonce ce scrutin comme très serré. Quelle serait votre position dans l’entre-deux tours ?
Nous serons ouverts, le moment venu, à la discussion, mais sur la base d’accords communs concernant notre programme et le projet de société que nous souhaitons pour Sartène. Ceci étant, il me semble encore prématuré d’évoquer l’entre-deux tours.


Christophe Mondoloni (Sartè pà fà la campà) :
« Redonner à Sartène les moyens d’exister pleinement »

–Pourquoi ce choix de présenter votre candidature à Sartène ?
Je veux rendre à Sartène ce qu’elle m’a donné. C’est là que j’ai grandi et le seul endroit où je me sens réellement chez moi. Comme beaucoup de familles sartenaises, la mienne a dû travailler ailleurs. J’ai donc fait ma vie professionnelle à Ajaccio, mais je n’ai jamais cessé de revenir ici. Pendant douze ans d’engagement public, j’ai appris le fonctionnement d’une collectivité : monter un projet, trouver des financements, travailler avec les services, coordonner... Cette expérience acquise me donne aujourd’hui les moyens d’être utile à l’avenir de ma ville.

Votre programme ?
Il s’articule autour de cinq axes :
La solidarité. Permettre de vivre sereinement, accompagner les situations fragiles, soutenir les familles et les aînés…
–L’attractivité : soutenir ceux qui veulent entreprendre et cela passe par la reconnaissance de notre ruralité.
–L’urbanisme, qui doit organiser cet ensemble pour préserver ce qui fait notre identité.
–Moderniser. Se déplacer, accéder aux services...
– La jeunesse : Écoles, culture, sport, vie associative… Ces cinq axes visent à redonner à Sartène les moyens d’exister pleinement aujourd’hui et demain.

Vos priorités ?
L’élaboration du PLU en concertation avec les habitants, agriculteurs, acteurs économiques et associatifs, l’ouverture d’un diagnostic global des mobilités (circulation, stationnement, liaisons entre les différents lieux de vie…), la construction d’un Centre Communal d’Action Sociale adapté aux réalités de la commune, structurer la petite enfance...

Votre liste ?
Des femmes et des hommes déjà engagés dans leurs responsabilités professionnelles ou associatives, tous en lien direct avec les sujets qu’ils auront à porter pour Sartène.

–Quelle éventuelle position dans l’entre-deux tours ?
Le moment venu, le dialogue restera toujours possible. Mais il ne pourra se faire que dans la cohérence et le respect du projet proposé aux Sartenais. Pour l’instant, je me concentre sur l’essentiel : convaincre et rassembler.


Paul-Félix Benedettti (Aiò Sartinesi)
: « Inscrire Sartène dans le renouveau »
— Qu’est-ce qui a motivé votre candidature ?
C’est un choix affectif puisque j’ai mes racines maternelles à Sartène, j’y vis et j’ai fait le choix d’y rester. Mais c’est aussi et surtout une conjoncture politique qui m’a conduit à présenter ma candidature. Depuis trente ans, il n’y a, dans cette ville, aucun projet structurant, aucun projet social, on est face à un délaissement généralisé et une gestion routinière sans aucune ambition. La ville est passée à côté de financements importants (PEI, fonds européens…) J’ai donc naturellement accepté de conduire cette liste afin de proposer une gouvernance nouvelle.

Sur quelles bases ?
Une plus grande rigueur, des projets structurants comme je l’ai précisé. Sartène est trop longtemps passé à côté, il faut repense la ville, remailler le tissu social, redonner du sens, retrouver un attrait, songer au patrimoine, créer un plan de circulation, un mieux vivre. Si Sartène a connu des drames et des affrontements sanglants ces dernières années, c’est aussi par le poids de l’inaction politique… Les chantiers sont conséquents. Nous comptons sur nous-mêmes, sur un projet collectif et ne ferons pas de fausses promesses.

Vos colistiers ?
C’est une liste à ossature nationaliste, bien sûr, où l’on retrouve des personnes issues de forces progressistes de gauche, mais aussi libérales. Une élection municipale est une élection, avant tout, de proximité. On a constitué une liste qui dépasse les clivages traditionnels, c’est l’intérêt collectif qui prime.

Une priorité ?
Redonner confiance. Sartène accuse un retard historique important. Aucune demande de subventions n’a été effectuée depuis 20 ans. Il faudra mettre en place un plan de compensation, restructurer les espaces publics, réorganiser la circulation, enclencher une dynamique durable, car cela dépassera le cadre d’une seule mandature.
–Discuteriez-vous avec d’autres candidats dans l’entre-deux tours ?
Notre liste est déjà un regroupement et ne sommes pas dans une logique d’alliance. Nous partirons pour inscrire Sartène dans le renouveau.

Pascal Quilichini (Anima sartinesa)
: « Insuffler une nouvelle dynamique »

–Vous êtes premier adjoint sortant. Vous inscrivez-vous dans la continuité du travail accompli ?
En partie seulement. De nombreux projets n’ont pas encore été réalisés, c’est la raison pour laquelle nous voulons incarner, avec mes colistiers, un renouveau. Je suis à la tête d’une équipe nouvelle-des personnes de toutes tendances politiques — afin d’incarner ce changement, sans calcul, en servant uniquement l’intérêt de notre ville. Nous voulons insuffler une nouvelle dynamique.

–Quelles sont les bases de votre programme ?
Quatre priorités se dessinent.
–Sartène agréable : vivre dans une ville moderne et accueillante. Repenser la circulation, créer des parkings…
–Sartène solidaire : santé, protection sociale et prévention. La santé, le lien social et la prévention seront au cœur de l’action publique.
–Sartène dynamique : culture, sport et vie associative avec la création d’aires de jeux, padel, city-stade, réhabiliter le centre culturel…
–Sartène stratégique : aménagement du territoire et développement. Élaboration d’un PLU en lien avec le Padduc, la loi Littoral et montagne, le tout dans le respect de la constructibilité.

Vos premières actions en cas d’élection ?
Créer un cadre de vie agréable, une zone piétonne l’été, réhabiliter l’école communale, changer l’emplacement de la mairie, créer un musée dédié à l’histoire de notre ville, un centre de recherches sur la biodiversité à Roccapina.
Un scrutin très serré. Vous aurez, en face de vous, deux élus au parcours politique important.
Deux des autres candidats sont soutenus, un par le PNC, l’autre par la droite ajaccienne. Le troisième est le chef de file de Core in Fronte. Personnellement, je suis libre et n’ai aucune ambition régionale. Mon seul moteur, c’est Sartène. Les Sartenais feront leur choix.

Votre position dans l’entre-deux tours ?
L’objectif sera d’arriver en tête le 15 mars. Nous n’envisageons pas de fusion avec qui que ce soit, on a vu ce que les alliances ont donné par le passé. Je veux aller au bout avec ma liste.

Interviews réalisées par Philippe Peraut
Crédits p^hoto :Ludovic Cerlini, Christophe Mondoloni , Pascal Quilichini et G. Leandri
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