A l'accorta cette semaine : eventi e fatti
A l'accorta cette semaine
Autonomie : reprise de la longue marche
L’agenda parlementaire a dernièrement été mis à jour, pour une période courant jusqu’à l’été, par le Premier ministre Sébastien Lecornu, la présidente de l’Assemblée nationale et le président du Sénat. Sur la page du mois de mai, les sénateurs peuvent lire : Examen du projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République. Le texte examiné sera celui qui, en mars 2024, à l’issue du processus Beauvau, a été rédigé et retenu par le ministre de l’Intérieur et les élus de la Corse puis adopté par l’Assemblée de Corse, et est au placard depuis la dissolution de l’Assemblée nationale (juin 2024) bien qu’il ait été validé, fin juillet 2025, par le gouvernement Bayrou. Reprise d’une longue marche vers l’autonomie ayant débuté lorsqu’en mars 2022, à la suite de l’assassinat d’Yvan Colonna, pour répondre à la colère des Corses et surtout à celle quasi insurrectionnelle de la jeunesse nationaliste, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a déclaré : « Nous sommes prêts à aller jusqu’à l’autonomie. Voilà, le mot est dit ». Si tout se passe bien, la reprise de la longue marche aura donc pour première étape le Sénat puis d’autres étapes selon un calendrier encore inconnu et qui, au moins jusqu’à l’été 2027, sera soumis aux effets des convulsions politiciennes de la Macronie finissante. Crédit photo : JDC
Sans photo
Épée de Damoclès
Lorsque fin juillet 2025, il a validé le projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République, le gouvernement Bayrou a fait le choix de ne pas prendre en compte les recommandations formulées dans l’avis du Conseil d’État. Ces recommandations représentent cependant une épée de Damoclès. Elles pourraient être invoquées lors débats au Sénat ou à l’Assemblée nationale par celles et ceux qui souhaitent réduire la portée du projet de loi ou le faire capoter. Leur reprise totale ou partielle pourrait rendre plus difficile d’aboutir à un texte adopté en des termes identiques par les deux Chambres (condition nécessaire pour réunir le Congrès de Versailles). Ne pas les adopter totalement ou partiellement pourrait rendre plus ardu d’obtenir au Congrès de Versailles le vote des trois cinquièmes des députés et sénateurs (majorité requise pour l’adoption du projet de loi). Quelles sont ces recommandations ? Le Conseil d’État a notamment recommandé : de mentionner « régime d’autonomie » plutôt que « statut d’autonomie », car l’autonomie proposée ne fait qu’énoncer les pouvoirs normatifs reconnus à la Collectivité de Corse et les modalités de leur exercice ; de ne pas faire référence à l’existence d’une « communauté » en Corse, car le terme « communauté » ne figure pas dans le bloc de constitutionnalité ; de préciser que la Collectivité de Corse ne pourra adopter des normes que dans des matières déterminées et qu’aucun pouvoir normatif ne pourra porter sur les matières régaliennes ou porter atteinte aux libertés publiques et droits fondamentaux ; de soumettre le pouvoir normatif de la Collectivité de Corse à un contrôle juridictionnel. En clair, l’avis du Conseil d’État offre l’opportunité aux parlementaires de réduire encore la portée d’un projet de loi qui ne prévoit pourtant en rien l’instauration d’une autonomie de plein droit et de plein exercice et est de ce fait loin de satisfaire la revendication qu’exprimait le livret Autonomia publié par l’ARC il y a un demi-siècle, et qui de surcroît mentionne la reconnaissance de l’appartenance de la Corse à la France.
Bastia : le Vilayet à l’abandon
Le Vilayet Saint Dominique situé à Cardu, sur les hauteurs de Bastia, en vente depuis 2024, n’a toujours pas trouvé preneur. Ce bien de près de 12 000 m² comprenant un ensemble de bâtiments de 850 m2 (dont une tour crénelée et une chapelle de style byzantin) ainsi qu’un parc de près de 12 000 m², qui offre une vue imprenable sur le Vieux-Port et la Tyrrhénienne, va donc rester à l’abandon et encore subir les dommages du temps, des éléments, des vandales et des squatters. Le Vilayet Saint Dominique a connu des années fastes. Les bâtiments ont été construits et le parc a été aménagé dans les années 1880 sur commande d’Aimé Sisco, corse établi à Marseille, responsable de la Compagnie des transports maritimes à vapeur. En 1910, Aimé Sisco les a légués à l’hospice civil de Bastia. Aujourd’hui propriété du Centre Hospitalier de Bastia, à l’abandon depuis une vingtaine d’années, le Vilayet Saint Dominique a été mis en vente après une première expertise l’ayant estimé à une valeur de 2,7 M€. Les acquéreurs potentiels ont sans doute été dissuadés par le Plan Local d’Urbanisme ayant classé une partie du parc en jardin remarquable et la mobilisation visant à empêcher toute spéculation ou vente à la découpe menée par la section bastiaise du Parti Communiste Français. En effet, ayant mis en exergue que le legs était assorti d’une obligation de satisfaire à un objet social et non lucratif, les communistes bastiais ont demandé « le respect de ce que le légataire a signifié » et que le bien reste public et ait une destination sociale. Nota : la direction du Centre Hospitalier de Bastia entend avec le montant de la vente, financer en partie l’achat du terrain devant accueillir le nouveau centre hospitalier. Savoir plus sur le Vilayet Saint Dominique : article du Journal de la Corse, 15 Mars 2021, Michèle Acquaviva-Pache https://www.journaldelacorse.c... Crédit photo : JDC
Colère et désespoir des pêcheurs
Les adhérents du Syndicat pour la Défense des Pêcheurs Corses ont exprimé leur colère et leur désespoir en s’invitant énergiquement au Comité régional des Pêches (CRPME). Ils ont dénoncé un manque de transparence et un favoritisme, des décisions unilatérales, une réglementation qu’ils jugent aberrante et inadaptée aux réalités de la pêche corse. Ils ont souligné l’inaction du Comité régional et aussi celle de la Collectivité de Corse qui n’a toujours pas déployé le plan d’aide voté pour la sauvegarde de leur activité. Ils ont dit se considérer abandonnés. Ils ont fait savoir que les jeunes peinent à s’installer et que les anciens sont dans une situation économique et financière désastreuse. Ils ont menacé, si rien n’est fait pour les aider à améliorer leur situation, de mener des actions fortes durant la saison touristique.
Santa Severa : juvéniles d’oursins violets relâchés en mer
Cette espèce à forte valeur patrimoniale, l’oursin violet Paracentrotus lividus, espèce clé des habitats rocheux et des herbiers, étant déclinante sur le littoral de l’île, il importe d’agir. À Santa Severa (marine de Luri), seront bientôt relâchés des milliers de juvéniles d’oursins violets dont le laboratoire Stella Mare-Università di Corsica/CNRS maîtrise la reproduction depuis 2013. Ces échinodermes grandiront donc bientôt dans les eaux du Parc naturel marin du Cap Corse et de l’Agriate. Cette action de repopulation ainsi que de restauration écologique s’inscrira dans une continuité : 450 00 juvéniles relâchés entre 2017 et 2025 dans le cadre du projet SPINA II, financé par le Fonds Européen pour les Affaires Maritimes, la Pêche et l’Aquaculture (FEAMPA) 2021-2027, coordonné par Stella Mare en collaboration avec le Parc Naturel Marin du Cap Corse et de l’Agriate (PNMCCA), le Comité régional des Pêches Maritimes et des Élevages Marins de Corse (CRPMEM) et les pêcheurs professionnels locaux.
Savoir plus SPINA II https://stellamare.universita....article.php?id_site=49&id_art=8101&lang=fr?, sur la plateforme Stella Mare https://stellamare.universita....
Crédit photo : Stella Mare
Bougival amendé Élysée-Oudinot dans l’impasse
Le Parti Socialiste a affirmé dans une tribune qu’il ne voterait pas « en l’état » l’accord de Bougival amendé par celui Élysée-Oudinot, qui prévoit la création d’un État calédonien inscrit dans la Constitution, doté d’une nationalité propre et pouvant être reconnu internationalement. Le texte est aussi rejeté par les indépendantistes du FLNKS. Sans les voix socialistes, une majorité des 3/5 au Congrès de Versailles nécessaire pour réviser la Constitution paraît hors de portée. Les non-indépendantistes ont cependant annoncé leur intention de convaincre « un à un » les parlementaires de voter le projet de loi constitutionnelle. Lors d’une conférence de presse, le député FLNKS Emmanuel Tjibaou a appelé le gouvernement à reconnaître l’impasse : « Il n’y a pas de majorité et, du coup, il n’y aura pas de majorité au Congrès de Versailles ». La ministre des Outre-mer Naïma Moutchou continuant d’affirmer qu’il « n’existe aujourd’hui ni alternative ni contre-projet », le parlementaire a aussi dénoncé une volonté cynique de faire porter aux députés le chapeau de l’échec : « Si le gouvernement s’entête à vouloir poursuivre ce processus, c’est qu’il veut faire assumer la responsabilité de l’échec au Parlement plutôt qu’à lui ». Emmanuel Tjibaou a par ailleurs appelé à la tenue des élections provinciales fin mai début juin pour « redonner un souffle démocratique », avant d’engager « une nouvelle phase de discussion ». Ces élections ont été reportées à trois reprises depuis 2024.
Cap sur le fédéralisme ?
Unser Land, mouvement autonomiste alsacien, a tenu son Université d’hiver 2026 à Sélestat. Ont répondu présent plus de 130 participants et des invités venus participer aux ateliers, notamment Saveriu Luciani (conseiller Avanzemu, Partitu di a Nazione Corsa à l’Assemblée de Corse) qui a particulièrement abordé les problématiques linguistiques, Peio Dufau (député basque, Pyrénées-Atlantiques), Paul Molac (député breton, Morbihan), Laurent Blondaz (président de Sabaudia, Mouvement Région Savoie, et expert venu exposer le modèle fédéral suisse). Thème de l’événement : « La France à bout de souffle : le fédéralisme comme solution ? » avec, comme l’a précisé Jean-Georges Trouillet, président d’Unser Land, l’idée de mettre en parallèle l’enjeu actuel des élections municipales avec l’enjeu plus global du fédéralisme « parce que la vie communale est le pilier de base du fédéralisme et la démocratie grecque elle-même a débuté par les communes. » La vie des communes Unser Land s’y implique et son président escompte une progression lors des élections municipales des 15 et 22 mars prochains : « Nous espérons au total obtenir une cinquantaine d’élus municipaux dans l’ensemble de l’Alsace, dont quelques adjoints. » Unser Land compte actuellement une trentaine d’élus municipaux.
Crédit photo : JDC
L’agenda parlementaire a dernièrement été mis à jour, pour une période courant jusqu’à l’été, par le Premier ministre Sébastien Lecornu, la présidente de l’Assemblée nationale et le président du Sénat. Sur la page du mois de mai, les sénateurs peuvent lire : Examen du projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République. Le texte examiné sera celui qui, en mars 2024, à l’issue du processus Beauvau, a été rédigé et retenu par le ministre de l’Intérieur et les élus de la Corse puis adopté par l’Assemblée de Corse, et est au placard depuis la dissolution de l’Assemblée nationale (juin 2024) bien qu’il ait été validé, fin juillet 2025, par le gouvernement Bayrou. Reprise d’une longue marche vers l’autonomie ayant débuté lorsqu’en mars 2022, à la suite de l’assassinat d’Yvan Colonna, pour répondre à la colère des Corses et surtout à celle quasi insurrectionnelle de la jeunesse nationaliste, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a déclaré : « Nous sommes prêts à aller jusqu’à l’autonomie. Voilà, le mot est dit ». Si tout se passe bien, la reprise de la longue marche aura donc pour première étape le Sénat puis d’autres étapes selon un calendrier encore inconnu et qui, au moins jusqu’à l’été 2027, sera soumis aux effets des convulsions politiciennes de la Macronie finissante. Crédit photo : JDC
Sans photo
Épée de Damoclès
Lorsque fin juillet 2025, il a validé le projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République, le gouvernement Bayrou a fait le choix de ne pas prendre en compte les recommandations formulées dans l’avis du Conseil d’État. Ces recommandations représentent cependant une épée de Damoclès. Elles pourraient être invoquées lors débats au Sénat ou à l’Assemblée nationale par celles et ceux qui souhaitent réduire la portée du projet de loi ou le faire capoter. Leur reprise totale ou partielle pourrait rendre plus difficile d’aboutir à un texte adopté en des termes identiques par les deux Chambres (condition nécessaire pour réunir le Congrès de Versailles). Ne pas les adopter totalement ou partiellement pourrait rendre plus ardu d’obtenir au Congrès de Versailles le vote des trois cinquièmes des députés et sénateurs (majorité requise pour l’adoption du projet de loi). Quelles sont ces recommandations ? Le Conseil d’État a notamment recommandé : de mentionner « régime d’autonomie » plutôt que « statut d’autonomie », car l’autonomie proposée ne fait qu’énoncer les pouvoirs normatifs reconnus à la Collectivité de Corse et les modalités de leur exercice ; de ne pas faire référence à l’existence d’une « communauté » en Corse, car le terme « communauté » ne figure pas dans le bloc de constitutionnalité ; de préciser que la Collectivité de Corse ne pourra adopter des normes que dans des matières déterminées et qu’aucun pouvoir normatif ne pourra porter sur les matières régaliennes ou porter atteinte aux libertés publiques et droits fondamentaux ; de soumettre le pouvoir normatif de la Collectivité de Corse à un contrôle juridictionnel. En clair, l’avis du Conseil d’État offre l’opportunité aux parlementaires de réduire encore la portée d’un projet de loi qui ne prévoit pourtant en rien l’instauration d’une autonomie de plein droit et de plein exercice et est de ce fait loin de satisfaire la revendication qu’exprimait le livret Autonomia publié par l’ARC il y a un demi-siècle, et qui de surcroît mentionne la reconnaissance de l’appartenance de la Corse à la France.
Bastia : le Vilayet à l’abandon
Le Vilayet Saint Dominique situé à Cardu, sur les hauteurs de Bastia, en vente depuis 2024, n’a toujours pas trouvé preneur. Ce bien de près de 12 000 m² comprenant un ensemble de bâtiments de 850 m2 (dont une tour crénelée et une chapelle de style byzantin) ainsi qu’un parc de près de 12 000 m², qui offre une vue imprenable sur le Vieux-Port et la Tyrrhénienne, va donc rester à l’abandon et encore subir les dommages du temps, des éléments, des vandales et des squatters. Le Vilayet Saint Dominique a connu des années fastes. Les bâtiments ont été construits et le parc a été aménagé dans les années 1880 sur commande d’Aimé Sisco, corse établi à Marseille, responsable de la Compagnie des transports maritimes à vapeur. En 1910, Aimé Sisco les a légués à l’hospice civil de Bastia. Aujourd’hui propriété du Centre Hospitalier de Bastia, à l’abandon depuis une vingtaine d’années, le Vilayet Saint Dominique a été mis en vente après une première expertise l’ayant estimé à une valeur de 2,7 M€. Les acquéreurs potentiels ont sans doute été dissuadés par le Plan Local d’Urbanisme ayant classé une partie du parc en jardin remarquable et la mobilisation visant à empêcher toute spéculation ou vente à la découpe menée par la section bastiaise du Parti Communiste Français. En effet, ayant mis en exergue que le legs était assorti d’une obligation de satisfaire à un objet social et non lucratif, les communistes bastiais ont demandé « le respect de ce que le légataire a signifié » et que le bien reste public et ait une destination sociale. Nota : la direction du Centre Hospitalier de Bastia entend avec le montant de la vente, financer en partie l’achat du terrain devant accueillir le nouveau centre hospitalier. Savoir plus sur le Vilayet Saint Dominique : article du Journal de la Corse, 15 Mars 2021, Michèle Acquaviva-Pache https://www.journaldelacorse.c... Crédit photo : JDC
Colère et désespoir des pêcheurs
Les adhérents du Syndicat pour la Défense des Pêcheurs Corses ont exprimé leur colère et leur désespoir en s’invitant énergiquement au Comité régional des Pêches (CRPME). Ils ont dénoncé un manque de transparence et un favoritisme, des décisions unilatérales, une réglementation qu’ils jugent aberrante et inadaptée aux réalités de la pêche corse. Ils ont souligné l’inaction du Comité régional et aussi celle de la Collectivité de Corse qui n’a toujours pas déployé le plan d’aide voté pour la sauvegarde de leur activité. Ils ont dit se considérer abandonnés. Ils ont fait savoir que les jeunes peinent à s’installer et que les anciens sont dans une situation économique et financière désastreuse. Ils ont menacé, si rien n’est fait pour les aider à améliorer leur situation, de mener des actions fortes durant la saison touristique.
Santa Severa : juvéniles d’oursins violets relâchés en mer
Cette espèce à forte valeur patrimoniale, l’oursin violet Paracentrotus lividus, espèce clé des habitats rocheux et des herbiers, étant déclinante sur le littoral de l’île, il importe d’agir. À Santa Severa (marine de Luri), seront bientôt relâchés des milliers de juvéniles d’oursins violets dont le laboratoire Stella Mare-Università di Corsica/CNRS maîtrise la reproduction depuis 2013. Ces échinodermes grandiront donc bientôt dans les eaux du Parc naturel marin du Cap Corse et de l’Agriate. Cette action de repopulation ainsi que de restauration écologique s’inscrira dans une continuité : 450 00 juvéniles relâchés entre 2017 et 2025 dans le cadre du projet SPINA II, financé par le Fonds Européen pour les Affaires Maritimes, la Pêche et l’Aquaculture (FEAMPA) 2021-2027, coordonné par Stella Mare en collaboration avec le Parc Naturel Marin du Cap Corse et de l’Agriate (PNMCCA), le Comité régional des Pêches Maritimes et des Élevages Marins de Corse (CRPMEM) et les pêcheurs professionnels locaux.
Savoir plus SPINA II https://stellamare.universita....article.php?id_site=49&id_art=8101&lang=fr?, sur la plateforme Stella Mare https://stellamare.universita....
Crédit photo : Stella Mare
Bougival amendé Élysée-Oudinot dans l’impasse
Le Parti Socialiste a affirmé dans une tribune qu’il ne voterait pas « en l’état » l’accord de Bougival amendé par celui Élysée-Oudinot, qui prévoit la création d’un État calédonien inscrit dans la Constitution, doté d’une nationalité propre et pouvant être reconnu internationalement. Le texte est aussi rejeté par les indépendantistes du FLNKS. Sans les voix socialistes, une majorité des 3/5 au Congrès de Versailles nécessaire pour réviser la Constitution paraît hors de portée. Les non-indépendantistes ont cependant annoncé leur intention de convaincre « un à un » les parlementaires de voter le projet de loi constitutionnelle. Lors d’une conférence de presse, le député FLNKS Emmanuel Tjibaou a appelé le gouvernement à reconnaître l’impasse : « Il n’y a pas de majorité et, du coup, il n’y aura pas de majorité au Congrès de Versailles ». La ministre des Outre-mer Naïma Moutchou continuant d’affirmer qu’il « n’existe aujourd’hui ni alternative ni contre-projet », le parlementaire a aussi dénoncé une volonté cynique de faire porter aux députés le chapeau de l’échec : « Si le gouvernement s’entête à vouloir poursuivre ce processus, c’est qu’il veut faire assumer la responsabilité de l’échec au Parlement plutôt qu’à lui ». Emmanuel Tjibaou a par ailleurs appelé à la tenue des élections provinciales fin mai début juin pour « redonner un souffle démocratique », avant d’engager « une nouvelle phase de discussion ». Ces élections ont été reportées à trois reprises depuis 2024.
Cap sur le fédéralisme ?
Unser Land, mouvement autonomiste alsacien, a tenu son Université d’hiver 2026 à Sélestat. Ont répondu présent plus de 130 participants et des invités venus participer aux ateliers, notamment Saveriu Luciani (conseiller Avanzemu, Partitu di a Nazione Corsa à l’Assemblée de Corse) qui a particulièrement abordé les problématiques linguistiques, Peio Dufau (député basque, Pyrénées-Atlantiques), Paul Molac (député breton, Morbihan), Laurent Blondaz (président de Sabaudia, Mouvement Région Savoie, et expert venu exposer le modèle fédéral suisse). Thème de l’événement : « La France à bout de souffle : le fédéralisme comme solution ? » avec, comme l’a précisé Jean-Georges Trouillet, président d’Unser Land, l’idée de mettre en parallèle l’enjeu actuel des élections municipales avec l’enjeu plus global du fédéralisme « parce que la vie communale est le pilier de base du fédéralisme et la démocratie grecque elle-même a débuté par les communes. » La vie des communes Unser Land s’y implique et son président escompte une progression lors des élections municipales des 15 et 22 mars prochains : « Nous espérons au total obtenir une cinquantaine d’élus municipaux dans l’ensemble de l’Alsace, dont quelques adjoints. » Unser Land compte actuellement une trentaine d’élus municipaux.
Crédit photo : JDC