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A l'accorta cette semaine : eventi e fatti

A l'accorta cette semaine

Eventi è fatti



Jean Charles Antolini si n’ — partutu à l’Eternu

Solu è tristezza per tuttu u naziunalisimu. L’umagiu di u so figliolu Ghjuvan'Filippu Antolini : « Emu purtatu in tarra Jean Charles Antolini u mo babbu. Omu di cultura, omu d’azzione, hà participatu à tutte e mosse naziunale dipoi l’iniziu di l’anni 70. Les Boues rouges, Aleria, Scola corsa, a riapartura di l’università… Omu di u Riacquistu, sin’à l’accordi storichi di Migliacciaru ! Al di là di e so lotte pulitiche, Babbu — statu un militante clandestinu. Hà fattu i so primi attentati incù Ghjustizia Paolina, nanzu di fà parte di u Fronte ind’è l’anni 80. Ma Jean Charles Antolini era cunnisciutu dinù per e so ricerche, sopratuttu per a so passione, nan’à a tupunimia. Hà passatu a so vita à studià i nomi di i nostri lochi, à paragunà li, à circà à capisce li. È a si facia ! U pudia chjamà omu da ogni locu di Corsica, era capace à parta si semplicemente di un nome di dà una descrizzione di u locu !!! Arradicatu à a nostra tarra niulinca, fù merre agiuntu di u nostru paese parechj’anni. U mo babbu m’hà trasmessu tutte e so passione per a Corsica, l’archeologia, a cultura, e lotte… È sò fieru di cuntinuà e so lotte è e so ricerche, à u mo livellu. Riposa in santa pace o Bà à fiancu à a to sposa chè tù tinia cusì cara »
Crédit photo : DR



Il va partout !

Célébrations de messes aux quatre coins de Corse durant l’année. Ces dernières semaines, messes à Paris, New York, Aix-en-Provence. Son Éminence le cardinal François Bustillo, évêque de Corse, va partout où vit la Corse. Récemment, il était à Corti, ayant répondu favorablement à l’invitation de la Confraterna San Gregoriu, confrérie étudiante ayant pour saint patron San Gregoriu, protecteur de l’Università di Corsica. Dans le grand amphi du campus Mariani, à partir d’une présentation de son ouvrage « Réparation — une société fracturée peut-elle survivre ? », il a donné une conférence en présence de nombreux étudiants et de Cortenais de tous âges, au cours de laquelle, après avoir ouvert son intervention par un « La vie est un combat ! », il a délivré un message exhortant à toujours lutter, ne jamais renoncer, avoir foi en la Providence, en soi, et en l’autre.



Tavignanu Vivu tient bon

Le Collectif Tavignanu Vivu a récemment mené un tractage dans plusieurs communes. Objectif : remobiliser contre le projet de site d’enfouissement des déchets de Ghjuncaghju, car les promoteurs du projet (société Oriente) n’ont pas renoncé et ont encore défendu leur cause ces jours-ci devant le tribunal administratif de Bastia. Le combat du Collectif dure depuis dix ans et associe des riverains et leurs soutiens (experts, scientifiques, associations, acteurs politiques, habitants et agriculteurs de villages voisins, nombreux signataires d’une pétition de soutien, amis sur réseaux sociaux). Il tient bon ! Ses animateurs entendent ne rien lâcher. Une fois encore, en distribuant leurs tracts, ils ont expliqué et dénoncé que c’est dans des méandres du fleuve Tavignanu que la société Oriente envisage d’enfouir 70 000 tonnes de déchets ménagers et 100 000 tonnes de terres amiantifères par an, et ce, durant trente ans, alors que le Conseil exécutif de Corse a émis un avis défavorable au projet. La société Oriente s’obstine néanmoins à avoir gain de cause, y compris, comme elle l’a fait ces derniers jours, en contestant devant les juges le refus du préfet de Haute-Corse d’accorder une demande de dérogation à la protection d’espèces protégées
Illustration : Tavignanu Vivu.

U Vescovatu espère devenir le « Village préféré des Français »

La commune d’U Vescuvatu veut valoriser son village situé sur une colline ouvrant au regard l’entrée de la Plaine orientale et une vue magnifique sur la mer Tyrrhénienne et des îles de l’archipel toscan, qui a conservé nombre d’aménagements anciens dont certains remontent au XIVe siècle (ruelles pavées, maisons de pierres très typées). Sur la grand-place, on peut découvrir le fontaine à l’Aigle datant de 1880. U Vescovatu a donc représenté cette année la Corse au concours du « Village préféré des Français », l’émission présentée par Stéphane Bern.



Plus que jamais une base avancée

Un escadron de Mirage 2000 venu de l’est de la France s’entraînait dernièrement sur la base de Solenzara. Site d’entraînement de l’Armée de l’air française et de plusieurs unités de l’OTAN, la base 126 de Solenzara est donc plus que jamais une base avancée pour d’éventuelles opérations militaires en Méditerranée. Sa position géographique la désigne naturellement pour cela comme ce fut le cas lors de la guerre en Bosnie en 1993, puis lors de la guerre au Kosovo en 1999, et lors de l’intervention militaire en Libye en 2011. Selon son commandement, la base pourrait être utilisée si le conflit en Iran et au Liban le nécessite.


Rencontres Tourisme et Métiers

Organisées par l’Office Intercommunal du Tourisme (Porto-Vecchio Tourisme), a eu lieu récemment, dans les locaux de l’Espace Jean-Paul de Rocca-Serra, la première édition des rencontres Tourisme et Métiers. Une première portée, au terme d’une réunion sur la préparation de la saison 2026 avec les socioprofessionnels du tourisme, par la volonté de mettre en relation, les personnes en recherche d’opportunités professionnelles (sans pour autant que l’opération cherche à se substituer aux structures compétentes en matière de recrutement). Ces rencontres ont mis en exergue des débouchés professionnels du tourisme, premier moteur de l’économie de Portivechju et sa région et avaient pour objectif de sensibiliser un public local sur les perspectives d’avenir dans ce secteur. Elles s’inscrivaient dans la suite logique des Ateliers du Tourisme durable.
Crédit photo : Porto-Vecchio Tourisme.


Régulation des prix du carburant : rien n’a été fait

Le 20 février dernier, le collectif Agissons contre la cherté des carburants en Corse a déposé une requête devant le Conseil d’État afin de contraindre le gouvernement à se prononcer sur la régulation des prix du carburant dans l’île. Cette démarche est le résultat de mois de travail, d’analyse et d’engagement collectif. L’objectif est de demander que soit enfin examinée la possibilité de réguler les prix des carburants en Corse, comme la loi le permet. Il serait plus que temps que l’État agisse, car la problématique est désormais bien connue. Le marché des carburants en Corse présente des caractéristiques particulières qui ont été décrites dans plusieurs rapports officiels et constatées à plusieurs reprises par les autorités publiques par le Conseil de la concurrence dès 1989, l’Autorité de la concurrence en 2020, l’Inspection générale des finances en 2018, et plus récemment, en novembre 2025, par une décision de l’Autorité de la concurrence qui s’est prononcée pour que soit sanctionnée une entente sur l’accès aux dépôts pétroliers. Mais la situation n’a pratiquement pas évolué. Les prix hors TVA restent durablement plus élevés que sur le continent, souvent de 15 à plus de 20 centimes par litre selon les carburants. Pour les ménages corses, cela représente un coût supplémentaire très concret dans la vie quotidienne. La loi prévoit pourtant — article L.410-2 du code de commerce — que l’État, dans des circonstances particulières où la concurrence est insuffisante, puisse réglementer les prix par décret en Conseil d’État. Ceci est déjà appliqué dans plusieurs territoires ultramarins pour encadrer les prix des carburants lorsque le marché est trop concentré. Le 26 novembre 2025, après les sanctions prononcées par l’Autorité de la concurrence, il a été adressé au ministre de l’Économie une demande formelle pour que l’État examine la mise en œuvre de ce dispositif. Aucune réponse n’a été apportée. En droit administratif, le silence de l’administration pendant deux mois vaut décision de rejet. C’est cette décision implicite qui est contestée devant le Conseil d’État avec la requête déposée le 20 février dernier par le collectif Agissons contre la cherté des carburants en Corse.
Crédit photo : Collectif

Régulation des prix du carburant (suite) : un recours argumenté

La requête du collectif Agissons contre la cherté des carburants en Corse repose sur plusieurs arguments. L’État n’a pas réellement examiné la demande de régulation : la loi donne à l’État un pouvoir d’intervention lorsqu’un marché fonctionne mal or, malgré des éléments nombreux et précis, aucun examen effectif de la demande ne semble avoir été réalisé. Le refus implicite apparaît donc juridiquement contestable. Il existe une erreur manifeste d’appréciation : les documents officiels montrent, depuis longtemps, une concurrence insuffisante, des infrastructures concentrées et des écarts de prix persistants. Dans ces conditions, considérer implicitement qu’il n’y a rien à examiner pourrait constituer une erreur manifeste d’appréciation. Les pratiques anticoncurrentielles ont déjà été sanctionnées à plusieurs reprises (1989 et 2025) mais ces sanctions punissent uniquement des infractions passées, alors que la régulation prévue par l’article L.410-2 a vocation à corriger les effets économiques d’un marché structurellement déséquilibré.

Régulation des prix du carburant (fin) : ce qui est demandé au Conseil d’État

La requête ne demande pas au Conseil d’État de fixer les prix des carburants. Cela n’aurait aucune chance d’aboutir. La demande est d’annuler la décision implicite de refus de l’État, de contraindre l’administration à examiner sérieusement la demande, et, si nécessaire, fixer un délai pour cet examen.
Autrement dit : il s’agit d’obtenir que la question soit vraiment étudiée, et non simplement ignorée. Le Conseil d’État est donc appelé à dire si le silence opposé à la demande de régulation est légal. L’enjeu est clair : faire en sorte que les Corses ne soient pas condamnés à payer durablement plus cher un produit indispensable à la vie quotidienne.
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