Municipales 2026 à Corti
Après un délai d’incertitude et l’espoir déchu d’une triangulaire, deux candidats s’affrontent dans la cité paoline.
Municipales à Corti
Après un délai d’incertitude et l’espoir déchu d’une triangulaire, deux candidats s’affrontent dans la cité paoline. Xavier Poli (DVD), maire sortant et le nationaliste Petru Antò Tomasi
Xavier Poli (Corte demain — Corti dumane) : « Concilier attractivité et qualité de vie »
— Quel bilan dressez-vous de la mandature ?
C’est celui d’une ville qui a continué d’avancer malgré les crises : pandémie, tempêtes de 2023, contraintes réglementaires nouvelles. Nous avons investi massivement tout en protégeant les contribuables : aucune hausse des taux d’imposition communaux depuis 22 ans. Des projets structurants ont été réalisés : changement de la totalité de l’éclairage public, rénovation des ruelles de la haute-ville, rénovation énergétique de nos deux écoles, du clocher triangulaire, du baptistère Saint-Jean et de la crèche… D’autres grands projets appelés à changer le visage de Corte débuteront cet automne : transformation du Cours Paoli, parc d’attractivité de Chabrières, voie douce, jardins Logirem…
— Quelles sont les bases de votre programme ?
Il repose sur une ligne claire : transformer Corte tout en restant fidèle à son identité et en préservant le pouvoir d’achat des habitants. Un PLU 2026 — 2032 de 51 millions d’euros, programmé et financé, permettra de poursuivre les aménagements urbains, les équipements publics et les projets structurants sans augmenter les impôts ni endetter la commune.
— Comment développer la ville ?
En conciliant attractivité et qualité de vie. Les projets de Chabrières, la transformation du centre-ville, la création de jardins urbains et le développement de nouvelles mobilités dessinent le Corte de demain : une ville-université plus verte, plus résiliente et plus attractive.
— Université, patrimoine, transports : peuvent-ils être améliorés ?
Oui ! Corte doit pleinement assumer sa vocation de ville-université. Pour cela, nous renforcerons encore les partenariats solides que j’ai construits avec l’Université, la CdC et l’État, développerons les mobilités intra-muros et valoriserons notre patrimoine culturel, historique et environnemental qui fait l’identité et l’attractivité de la ville.
— Une priorité ?
Préparer l’avenir de Corte et de nos enfants avec ambition, lucidité et responsabilité ; poursuivre la transformation engagée en concertation avec les Cortenais, préserver l’indispensable équilibre financier de la commune et améliorer la qualité de vie de nos habitants grâce à un projet d’avenir réaliste et concret.
Petru Antò Tomasi (A forza di l’avvene) : « Redonner à Corti sa place de capitale régionale »
— Votre liste s’est déclarée mi-février. Pourquoi ce choix tardif ?
Face à l’inquiétude d’un scrutin à liste unique à deux semaines de la clôture, le débat démocratique méritait d’avoir une liste alternative. C’est la raison pour laquelle nous avons rassemblé des Cortenais qui vivent et travaillent ici et ont tous fait le choix de s’investir.
— Avez-vous le soutien des autres mouvances de votre famille politique ?
Notre démarche ne s’est pas construite autour d’appareils politiques, mais d’un projet. Notre liste est une liste à ossature nationaliste ouverte à des personnes qui ont une autre vision pour la ville. Nous sommes axés autour d’un même projet : redonner à Corti sa place de capitale régionale.
— Que reprochez-vous à la majorité sortante ?
Depuis longtemps, Corti est absente des grands projets de la Corse. Rien au niveau du Centre-Corse, aucun atout pour être un pôle de référence culturel, économique et sportif. Des investissements sans réels projets… Corti est parmi les 10 plus grandes communes de l’île, celle qui a le taux d’imposition le plus élevé et des infrastructures qui, proportionnellement, ne correspondent pas.
— Quels sont les grands axes de votre projet ?
Il se résume autour de notre slogan de campagne, « Corti, cità corsa » et passe par la maîtrise du développement urbain et de la gestion publique, la valorisation de l’identité historique, culturelle, universitaire et patrimoniale de la ville, la transmission de la langue, notamment en immersion...
–D’autres axes, concernant notamment le logement, le PLU et l’Université ?
Les mandatures précédentes sont passées à côté de l’accès au logement. Nous militons pour la production de logements familiaux, la mise en place d’une déclinaison locale du statut de résident. Et, pour cela, une révision du PLU s’impose. Nous proposons d’utiliser certains leviers pour fixer des réglementations dans ce sens. Un autre axe concerne la santé avec la construction d’un CHU et d’un centre d’accueil. Pour l’université, plus de 40 ans après sa réouverture, Corti n’est toujours pas une ville universitaire digne de ce nom. Nous proposons de renforcer les synergies, d’établir un pôle sportif, économique et culturel...
Philippe Peraut
crédit photos : Xavier Poli et Petr'Antò Tomasi