A l'accorta cette semaine : eventi e fatti
A l'accorta cette semaine
Répression et tracasseries : pages pas tournées
Malgré les succès électoraux des nationalistes et leur représentation de plus en plus forte au sein des institutions, les pages répression et tracasseries judiciaires ne sont pas tournées. Deux cas significatifs. Volet répression : Batti Pieri, militant nationaliste, mis en examen dans le cadre d’une instruction portant sur une série d’attentats, est détenu depuis plus de 300 jours dans une maison d’arrêt de la région parisienne alors que ses avocats dénoncent « un dossier vide ». Volet tracasseries : Lisandru Costantini, militant de l’Associu Sulidarità, convoqué par le délégué du procureur du tribunal de Bastia au motif qu’il avait refusé un prélèvement ADN lors de son interpellation en 2024 dans le cadre d’une affaire de bombages. Pourtant il avait été relaxé ! L’objet de la convocation : choisir entre le paiement d’une amende ou être poursuivi devant le tribunal correctionnel.
Assassinat d’Yvan Colonna : questions sans réponses
Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a demandé le renvoi devant la cour d’assises spécialement composée (magistrats professionnels) de Franck Elong Abé, accusé de l’assassinat d’Yvan Colonna. Au début de l’enquête, Franck Elong Abé avait expliqué son acte criminel en affirmant qu’Yvan Colonna avait blasphémé et notamment « mal parlé » du prophète Mahomet. Plus tard, dans un courrier adressé à la magistrate en charge de l’instruction, il avait assuré avoir agi pour le compte de l’État moyennant 100 000 € par année de détention. Beaucoup, chez nous, sont enclins à accorder quelque crédit à cette explication, ou du moins doutent de l’existence d’un mobile djihadiste et / ou soulignent l’existence de zones d’ombre. Ainsi le trimestriel U Ribombu Internaziunale (rédaction proche du parti indépendantiste Nazione) a republié sur sa page Facebook un « article d’investigation » qui, quelque temps après le drame, « posait nombre de questions » qui sont « aujourd’hui toujours sans réponses ».
Cet article mentionne trois procès-verbaux d’audition de Franck Elong Abé dont la lecture attentive, selon la rédaction d’U Ribombu Internaziunale, conduit à l’hypothèse de l’exécution d’un contrat ou au moins à des interrogations : « Les zones d’ombre qui persistent, et dont la lecture de ces procès-verbaux ne lève que trop partiellement le voile, laissent augurer d’un combat long et difficile pour la recherche de la vérité. » L’ancien député Femu a Corsica Jean-Félix Acquaviva s’interroge également. En effet, évoquant la demande du PNAT, il a relevé : « La thèse du “blasphème” explose en vol. Le PNAT ne peut même plus la retenir. Donc, exit le motif religieux et islamiste. Je rappelle, pour appréciation des grandes contradictions ressorties lors de la Commission d’Enquête parlementaire, que le renseignement pénitentiaire a menti en audition, affirmant qu’il existait des témoignages précis confirmant cette thèse. Témoignages inexistants. Les seuls témoignages sur ce point, nombreux, infirment le fait qu’Yvan Colonna ait pu blasphémer. » En revanche, pour Nicolas Battini, le leader de Mossa Palatina, le mobile djihadiste ne fait aucun doute : « Gilles Simeoni a imposé le mythe de l’assassinat d’État commandité par Macron pour une raison claire : ne surtout pas évoquer le sujet de l’islamisme afin de ne pas déplaire à ses amis islamogauchistes, cela quelques semaines avant le parrainage de Jean-Luc Mélenchon aux présidentielles de 2022. »
illustration : JP.B
Corti : une opposition municipale exigeante
Petru Anto Tomasi, maître de conférence en droit public (Università di Corsica), Marylène Menozzi, enseignante à la retraite, Marc Antoine Campana, chef d’entreprise, directeur du CPIE A Rinascita, et Antea Gallet, responsable administrative de A Fundazione di l’Università, sont les quatre élus de la liste A forza di l’avvene, per Corti capitale. De ce fait, ils seront les quatre mousquetaires de l’opposition municipale cortenaise. Élus d’une liste de militants politiques, d’acteurs associatifs, d’entrepreneurs, d’universitaires et de citoyens étant déjà très investis dans la vie de la cité, et ayant obtenu plus de 30 % des voix, ils disposent d’une forte légitimité pour incarner une opposition forte, défendre bec et ongles leurs propositions et ferrailler avec la majorité municipale. Ils l’ont d’ailleurs fait savoir aux Cortenaises et Cortenais après l’installation du conseil municipal : « Votre confiance nous engage à transformer la mandature à venir en débat permanent. De même que la majorité sortante a été réélue pour appliquer son programme, notre groupe a été élu pour incarner une opposition exigeante. » C’est donc clair, la volonté du quatuor est de continuer à porter l’ambition affichée et défendue durant la campagne électorale : « Corte doit redevenir un moteur pour le Centre Corse et rayonner dans les domaines culturel, universitaire et économique » et de conjurer le danger de « déclassement » qui, selon lui, plane sur la cité paoline : « La ville ne pèse plus suffisamment dans les décisions territoriales et a été absente des grands débats qui ont façonné la Corse ces dernières années. » Fils conducteurs proposés pour que Corti rayonne à nouveau : d’une part, inclure Corti dans le projet de centre hospitalier universitaire (CHU) ; d’autre part, pousser à la réalisation d’un plan local d’urbanisme (PLU) qui prenne en compte le besoin de nombreux cortenais d’accéder au logement et / ou à la propriété. Photo : A forza di l’avvene.
Pays basque Nord : progression abertzale de gauche
Le parti nationaliste basque de gauche EHBai affiche sa satisfaction : « En 2020, on comptait 15 maires abertzale de gauche. Cette année, en 2026, c’est 6 de plus, soit 21 au total. Et les abertzale participeront à des majorités dans plusieurs communes […] L’abertzalisme de gauche comptera donc davantage d’élu-es dans les communes ainsi qu’au sein de la Communauté d’Agglomération Pays basque. « Municipales 2026 au Pays basque : après sa percée en 2020, le vote abertzale a répondu au test de solidité” a titré le quotidien régional Sud Ouest. EHBai et ses élus se gardent toutefois de faire dans le triomphalisme. Le militant EHBai qui sera le nouveau maire de Saint-Pée-sur-Nivelle a précisé dans les colonnes du quotidien : “La tête de liste, oui, elle est abertzale, mais je ne suis pas tout seul. On s’est tous engagés sur un programme et une manière de travailler. On n’a pas regardé les étiquettes des gens, on a regardé leurs compétences.” EHBai prévient que pour construire un pays, les victoires électorales ne suffisent pas : “Nous savons que la transformation sociale et la souveraineté du Pays basque se construisent autant dans les institutions que dans la société.”
Photo : A Forza di l'avvene
Décès du fondateur de la Lega Nord
Personnalité affirmée et clivante, figure majeure de la politique italienne durant près de trente ans, ayant défendu et porté une démarche nationalitaire et populiste — défense du nord de l’Italie “industriel, laborieux et riche, initialement la Lombardie puis d’autres provinces, contre une ‘Rome corrompue’ captatrice d’impôts et taxes et un Mezziogiorno ‘pauvre et assisté’ — qui associait affirmation identitaire, revendication autonomiste et refus de l’immigration massive, fondateur de la Lega Nord qui revendiquait la reconnaissance de la Padanie (nord de l’Italie et ancien comté de Nice) au sein d’une Italie fédérale, Umberto Bossi est décédé. Ses idées et son action inspirent probablement la démarche de Nicolas Battini, fondateur de Mossa Palatina.
Aiacciu : Napoleon et Talma
Jusqu’au 30 juin puis du 1er au 30 septembre, le Musée national de la Maison Bonaparte présente, en partenariat avec la Comédie-Française, l’exposition ‘Talma et Napoléon’ consacrée à François-Joseph Talma (1763-1826) et aux rapports entre ce célèbre tragédien et Napoléon Bonaparte. Le parcours muséal qui comprend une quarantaine d’œuvres (peintures, dessins, estampes, objets d’art, livres, manuscrits) a été réalisé à partir du fonds de la Maison Bonaparte et de prêts provenant des collections de la Comédie-Française et du château de La Malmaison. ‘Talma et Napoléon’ permet de découvrir à la fois la carrière et les grands rôles du tragédien, un monde théâtral traversé par les bouleversements politiques et sociaux de la Révolution, du Consulat et de l’Empire, l’apport du théâtre dans la construction de l’image du pouvoir consulaire et impérial. ‘Talma et Napoléon’ montre que les deux protagonistes étaient fait pour se rencontrer voire se compléter, car tous deux façonnaient et incarnaient leur siècle, l’un sur la scène d’un théâtre (renouveau de la tragédie), l’autre sur la scène européenne (exportation des idées universelles issues des Lumières et de l’idée nationale issue de la Révolution française.
Illustration : à partir de la bannière de l’exposition © Julie Bouchet /JP.B
Réserve naturelle de Biguglia : bonne nouvelle
Le Lido de la Marana est un ‘poumon vert’ de Bastia, Furiani, Biguglia, U Borgu et Lucciana. Il permet des activités sportives et ludiques de plein air, et aussi, et peut-être surtout la découverte d’une flore naturelle et d’une faune sauvage préservées. L’étang de Biguglia est en effet le plus vaste plan d’eau lagunaire de Corse et compte de nombreuses espèces animales et végétales. Au sud du Lido, une importante ZNIEFF [Zone naturelle d’Intérêt écologique faunistique et floral], est classée Natura 2000 et Réserve naturelle. Sur la réserve, différents espaces ont été aménagés pour l’accueil du public. Le collectif citoyen et environnemental Marana 2014 [de défense de La Marana, de l’environnement, du cadre de vie de la sécurité routière] est récemment intervenu auprès de la Direction de la réserve naturelle pour dénoncer la lente dégradation du chemin du littoral. Bonne nouvelle : le message a été entendu. Des travaux de nettoyage et de réhabilitation ont débuté.
Photo : Marana 2014./JP.B