Football : Triste clap de fin pour le SC Bastia
Au terme d’une saison catastrophique, le Sporting est rétrogradé en Ligue 3.
Football : Triste clap de fin pour le SC Bastia
Au terme d’une saison catastrophique, le Sporting est rétrogradé en Ligue 3. Gâchis pour les uns, incompétence pour les autres, il faut cependant faire preuve d’abnégation et de solidarité pour repartir du bon pied. Ce n’est pas gagné.
L’ombre de lui-même
Triste, catastrophique même, bilan de cette saison 2025/2026 de Ligue 2. 17e et avant dernier du classement, 5 victoires pour 16 défaites et 13 matchs nuls, la pire attaque, 23 buts… alors que d’aucuns, surtout parmi les dirigeants et staff, voyaient le club réaliser une meilleure saison que la précédente, pourtant pas si mauvaise, la déception fut vive très rapidement. De match en match, le Sporting n’était plus que l’ombre lui-même. Sur le terrain, l’évidence était là. Des joueurs n’avaient pas le niveau de cette Ligue 2. Une honte même pour beaucoup de supporters. Mais comment diable des experts du football comme Frédéric Antonetti, coordinateur sportif, ont pu se fourvoyer à faire signer des joueurs tels Sebas, Karamoko, Paravicini, Aiki… ? Pour ne citer qu’eux. Alors que le Sporting restait scotché en queue de peloton, pourquoi donc les dirigeants n’ont-ils pris tout de suite les mesures qui s’imposaient ? Aveuglés par leur « projet » ? Par l’aura du club ? Par une certaine prétention ?
Mission Impossible pour Reginald Ray
Ce n’est que le 30 octobre que l’équipe du président Claude Ferrandi prendra la décision d’écarter l’entraîneur Benoît Tavenot. Un fusible sautait. Pourtant le technicien bastiais était loin d’être le seul fautif dans cette descente aux enfers, sur le terrain beaucoup de joueurs étaient hors du coup, et le resteront d’ailleurs par la suite. Son protégé mis sur la touche, Frédéric Antonetti, décida d’abandonner ses fonctions. Pour remplacer Tavenot, les dirigeants misent alors sur Reginald Ray. Adjoint de Frédéric Hantz de 2010 à 2014, avec le succès que l’on sait, il connaît la maison bleue, l’état d’esprit, les valeurs du club. Certes ! Mais quid des joueurs qui se traînaient sur le terrain, oubliant l’amour du maillot, la fierté de le porter ? Quid d’un secteur offensif aphone, exsangue ? Le mercato d’hiver tant attendu par les supporters ne leur apporta que peu d’espoir : deux milieux de terrain ! Le coach espérait plus. Finances en berne ? Pas d’attaquants sur le marché ? Il devrait faire avec pour sauver le club. Quelques résultats firent espérer c’est vrai, mais l’équipe retombait vite dans ses travers : Pas de combativité, attaque stérile, défense fébrile... Et vint le dernier match qui à lui seul reflète la saison : des joueurs errant sur le terrain, une équipe sans âme et des supporters dépités, énervés, certains explosant dans les dernières minutes. Prévisible là aussi, n’y avait-il pas eu un précédent en décembre lors de la venue du Red Star à Furiani ? Comment alors expliquer la présence de fumigènes ou de bombes agricoles qui firent arrêter le match. Un match perdu, une descente à l’échelon inférieur et surtout de lourdes sanctions à attendre qui laissent déjà présager une saison 26/27 des plus difficiles. Et le chantier est énorme : trouver un nouvel entraîneur, bâtir une équipe à l’image des valeurs du Sporting. Et les supporters dans tout ça ?
« On sera encore là la saison prochaine »
Les fidèles au sang bleu, les vrais turchini, ceux qui ne viennent pas au stade pour se défouler, seront dans les gradins, c’est certain. « C’est la fin d’une triste saison, mais pas la fin du Sporting ! » commente Jean-François, ce supporter de toujours. « Au lieu de vouloir à tout prix trouver et brûler des responsables, essayons de corriger les erreurs qui ont été commises. Quand une frange du public, dont on peut se questionner si elle contient vraiment des supporters du Sporting, était mécontente du choix des joueurs, sifflets et insultes ont fusé des tribunes tétanisant les joueurs bastiais. Il y a beaucoup de choses qui doivent être corrigées, au niveau des dirigeants, du vestiaire, du terrain et des tribunes ! Mais le Sporting survivra à cette nouvelle tempête qui n’est pas la plus dramatique de son histoire ! Il survivra pour le plus grand bonheur de ses vrais supporters et au grand désespoir de ses détracteurs ». Paroles de sage ! Et ils sont nombreux à garder l’espoir. « Finalement c’est un soulagement après une année où on a souffert », explique Anthony. « Une saison stressante où on s’est fait marcher dessus comme c’est pas permis. Il ne faut pas accabler les dirigeants. Ils ont fait des erreurs, mais aussi des bonnes choses. Lorsqu’ils sont au pouvoir, les hommes font des erreurs comme de ne pas tenir compte des avis. S’ils restent, ils doivent se réinventer, trouver les bons leviers, bien s’entourer. La lueur d’espoir c’est aussi le public. Pour ce dernier match, certains étaient venus de loin, de très loin. Un stade plein c’est magnifique et on doit s’appuyer sur ça, car le noyau c’est le public et il doit être au cœur des débats. Non, le Sporting n’est pas mort, le peuple bleu n’est pas mort ». Les jours prochains seront très importants pour l’avenir du club. Quels dirigeants, quel entraîneur, quelles sanctions… ?
Ph.J.
Crédit photo : SCB