• Le doyen de la presse Européenne

I puttachji di Carl' Antò

i Puttachji de la semaine
I PUTTACHJI

Écologique ?


Au nom de l’écologie, des associations ont intenté des recours en annulation contre le Plan Territorial de
Prévention et de Gestion des Déchets et le permis de construire du centre de surtri de Monte. Le rapporteur public du tribunal administratif de Bastia a conclu en leur sens. Si les jugements qui seront rendus prochainement suivent les conclusions de l’honorable magistrat et qu’en conséquence le recours partiel à la valorisation thermique et
l’optimisation du tri seront retardés ou abandonnés, l’enfouissement des déchets à Prunelli di Fiumorbu et à Vighjaneddu aura encore de beaux jours devant lui. Écologique ?

Respect des us et coutumes


Constat sarcastique d’un internaute ayant pris connaissance des conclusions demandant l’annulation du permis
de construire du centre de surtri de Monte : «Le rapporteur de la République a voulu conforter le lien singulier
qui nous unit à notre terre : on y enfouit nos déchets dans des proportions considérables et dans tous les cas comme
personne ailleurs. » Il aurait pu ajouter que l’honorable magistrat a sans doute aussi voulu respecter l’attachement
traditionnel et culturel à la transmission patrimoniale qui pousse chacun d’entre nous à tout vouloir léguer aux géné-
rations futures, et ce y compris en enfouissant, pour une quasi-éternité, les plus petits restes de notre appétit de
consommation. C’est beau le respect des us et coutumes.

Bon côté des choses


Après une collision entre deux catamarans au large de Carghjese, l’un des voiliers, gravement endommagé, a dû
être volontairement échoué par les sauveteurs. Quelques heures après, cinq individus ont tenté un pillage. Les pil-
leurs d’épaves sont de retour, en sera-t-il bientôt de même des naufrageurs ? Lamentable épisode et tout aussi lamen-
table perspective, certes. Mais considérons le bon côté des choses : une tradition demeure, un autre peut-être revivra.

Toc-Toc, c’est le 9-3


Le curé de Levie a indiqué avoir été agressé dans son presbytère par trois jeunes n’habitant pas le village et ajouté
que cela faisait suite à d’autres méfaits (voitures brûlées et autres dégradations). Selon l’ecclésiastique, cela relève
d’une évolution inquiétante : « On s’en prend à un prêtre ce soir, demain ce sera au tour des fidèles. C’est ce qui
arrive à présent sur le continent, dans l’indifférence générale », d’une « responsabilité totalement collective» et de
l’échec de la cohésion du village ». Toc-Toc, c’est le 9-3.
L’univers des banlieues n’est certes pas encore dans nos murs mais est frappe déjà à notre porte.

Scole calde


Il y a trois ans, la municipalité bastiaise se félicitait de la mise en œuvre de l’opération prioritaire « Scola fresca »
dont l’objectif était de transformer les écoles en havres de fraîcheur grâce à l’installation de brasseurs d’air et de ven-
tilateurs rotatifs dans les salles de classe. «Nous voulions être exemplaires, c’est pour cela que nous avons fait le choix
de ne pas mettre de climatisation» avait à cette occasion claironné l’élue en charge de la politique éducative et de la
petite enfance. Résultat du brassage de vent et de l’exemplarité autoproclamée : durant l’épisode caniculaire de ces
derniers jours, suspension des enseignements dans onze des douze groupes scolaires de Bastia pour cause de Scole calde.

Il y a longtemps, très longtemps


Ni durant le processus Beauvau, ni durant le récent débat à l’Assemblée nationale consacré au Projet de loi consti-
tutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République, ni l’existence des Corses de l’extérieur, ni leurs
intérêts politiques, matériels et moraux n’ont été évoqués.«Le Corse qui ne vit pas en Corse ? Il est complètement
exclu, rien, en tout cas, n’interdit de le penser. À l’aune du texte issu du débat, le pinzutu qui débarque est plus impor-
tant que celui qui y a ses racines. On verra par la suite de quoi sera fait le corps électoral, mais pour le moment,
aucun amendement n’a renvoyé à la diaspora » a constaté et déploré dans les colonnes de Corse Matin, François
Pupponi ayant ses racines à Santa Tallà, qui, député d’une circonscription du Val d’Oise jusqu’à 2022, ne manquait
pas une occasion de défendre la Corse et les Corses. Il y a longtemps, très longtemps, les nationalistes revendiquaient une charte du retour. Omnia mutantur, omnia transeunt.
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