• Le doyen de la presse Européenne

La poésie graphique de Yann Castlan

Yann Castlan propose, à l’Espace Diamant et jusqu’au 10 juillet, le second volet de son travail « Voyage en imprimerie… »

La poésie graphique de Yann Castlan



Dans le cadre d’une exposition sur le thème « Jardins d’été », c’est aux côtés d’autres artistes que Yann Castlan propose, à l’Espace Diamant et jusqu’au 10 juillet, le second volet de son travail « Voyage en imprimerie… »

Transformation, découpage, assemblage de plaques offset, nous sommes dans l’univers abstrait — mais pas que — de Yann Castlan. Nous avions, du reste, déjà évoqué le travail de cet artiste qui, travaillant à la PAO de l’imprimerie Siciliano, avait fait le choix de donner une seconde vie aux plaques offset… une odyssée créative où le graphisme rencontre la sculpture et où la matière devient récit, via des pages du Journal de la Corse auxquelles ils donnent vie. « À travers mes créations, explique-t-il, j’explore les multiples facettes du territoire, j’interroge notre relation à l’espace, à la manière dont on interagit avec lui. Chacun est, ensuite, libre de proposer sa propre lecture. »

Des œuvres en noir et blanc

Yann Castlan a donc récemment été contacté pour participer, aux côtés d’autres artistes, à une exposition dont le vernissage a eu lieu le 26 juin dernier à l’Espace Diamant, sur le thème « Jardins d’été » pour un ensemble d’œuvres en noir et blanc.
« J’y ai choisi deux œuvres qui existaient déjà, rappelle l’artiste, Gozzi 1, une pièce qui s’inscrit dans une recherche autour du territoire, qui est mon leitmotiv, et de la ligne. Les paysages traversés sont marqués par des successions de crêtes avec une interrogation : qu’est-ce qui réellement dessine cette ligne d’horizon ? Le ciel ou la terre ?
La deuxième ouvre proposée, N378JDE a été construite à partir de matrices du Journal de la Corse, l’information est recomposée en rythmes visuels, entre empreinte du territoire et une certaine musicalité. »

« Toutes les œuvres se répondent »

Mais l’artiste ne s’est pas arrêté là. Dans sa capacité à créer, il propose deux autres œuvres, toujours sur le même thème : « Trà dui mondi », qui s’inscrit dans le prolongement de Gozzi 01 et au sein de laquelle l’horizon s’ouvre sur un espace de bascule entre réel et imaginaire. « L’œuvre, rappelle l’auteur, évoque un passage vers un univers intérieur, entre perception et rêve… elle joue avec la lumière et les reflets… »
De lumière et reflets, il en est également question avec la quatrième œuvre. Intitulée « Prisente II », elle se caractérise par un cube où les lignes, trames et surfaces se réfléchissent dans une lecture à 360 ° et où le déplacement de la vision ouvre vers d’autres perceptions. « Le socle-miroir prolonge et inverse la lecture. Par la lumière, cette œuvre interroge sur la transformation d’un matériau industriel en forme autonome. »
Dans cette œuvre, Yann Castlan a dû travailler sur les six faces. « Il y a de nombreuses lectures de toutes ces œuvres, conclut l’artiste, toutes se répondent et racontent une histoire, des pages du JDC en passant par les plaques offset et le jeu de lumière. »
Une exposition à voir jusqu’au 10 juillet. Mais dans sa capacité à travailler sur les territoires, Yann Castlan planche déjà sur ses prochaines œuvres : le parcours des bergers en montagne. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler.

Philippe Peraut
Crédit photo : PH.P
Partager :