A parolla à i merri Jean-Pierre Caux (Ocana)
Élu en mars dernier à Ocana, Jean-Pierre Caux est nouveau dans cette fonction.
A parolla à i merri
Jean-Pierre Caux (Ocana) : « Être au plus proche des habitants et s’ouvrir à la culture »
Élu en mars dernier à Ocana, Jean-Pierre Caux est nouveau dans cette fonction. Enfant de la commune, où il a travaillé durant trente ans avant de prendre sa retraite en janvier dernier, il en connaît les problématiques et souhaite y répondre au mieux. Entretien.
– C’est une nouvelle fonction pour vous. Comment l’avez-vous abordée ?
– Je l’ai abordée en tant qu’enfant de ce village et en tant qu’homme qui souhaite véritablement œuvrer pour les siens. Je réside sur la commune et j’y ai travaillé durant trente ans avant de prendre ma retraite en janvier dernier. J’aborde aussi cette fonction en équipe. Ce n’est pas une démarche personnelle, même si le maire est, quelque part, le décideur final. La tâche ne sera guère aisée, mais nous allons nous y atteler.
– Vous avez rapidement trouvé vos marques ?
– Oui, bien sûr ! On est tout de suite plongé dans le grand bain. Il a fallu prendre contact avec tous les services de l’État, la Collectivité de Corse et surtout la communauté de communes afin d’avoir des réponses sur la situation actuelle de la commune.
– Quelles ont été vos premières actions ?
– Il a fallu réorganiser la commune, prendre contact avec les agents, qui constituent le moteur de la collectivité et disposent de l’expérience du terrain. Nous avons rencontré les différents organismes afin de pouvoir déclencher des aides, notamment pour la station d’épuration, qui était en mauvais état. Nous n’avons pas la prétention d’avoir tout structuré en si peu de temps. L’objectif, aujourd’hui, est de fédérer les habitants et de recréer du lien. À ce titre, la dimension intergénérationnelle nous paraît très importante. Nous avons organisé une réunion publique afin d’informer les habitants de la situation financière de la commune, mais aussi d’échanger avec eux.
– Une priorité ?
– L’assainissement, l’eau et la mise en place d’un schéma directeur, qui n’existe pas aujourd’hui. Il faut également réaménager le bâti communal, qui n’a connu aucune rénovation depuis longtemps. Les habitants doivent pouvoir être logés dans de bonnes conditions.
– Les actions à venir ?
– Être au plus proche des habitants, de nos anciens, des jeunes parents et de leurs enfants, tout en poursuivant l’amélioration de nos écoles. Nous accueillons soixante-trois enfants au sein de deux structures et nous nous devons d’être performants dans tous les domaines. À moyen terme, il faudra également nous ouvrir davantage à la culture. C’était mon domaine avant de devenir distillateur. J’ai un projet de jumelage avec une ville européenne que je ne dévoilerai pas pour l’instant. Nous souhaitons aussi effectuer un important travail sur l’histoire de la commune.
– Quel est votre rôle au sein de la communauté de communes ?
– Nous travaillons sur le futur PLU, qui concerne l’ensemble du territoire. Des ateliers ont été mis en place dans cette perspective et le document devrait être finalisé à l’horizon 2030. Nous avons également la volonté de créer un lien historique entre toutes les communes à travers un chemin lié à Sampieru. J’y insiste : ce lien ne doit pas être seulement politique ; il doit être réel, forgé par l’amitié, le travail et la confrontation des idées. Nous avançons tous dans le même sens, et c’est très important.
– Vous êtes un jeune retraité du monde agricole. Est-ce un secteur qu’il faut développer ?
– Je ne suis plus présent au sein de la distillerie, même si je donne, de temps à autre, des conférences sur l’aromathérapie afin de faire rayonner l’entreprise et le secteur. Pour répondre à votre question, nous allons nous attacher à faire le point sur le foncier agricole. Nous redynamiserons l’agence foncière afin de disposer de terrains et de susciter des vocations. Cela permettra également de répondre à la problématique des incendies, car nous sommes aujourd’hui en danger dans toute la Corse. Autrefois, il fallait protéger une maison ; aujourd’hui, c’est un village tout entier qu’il faut protéger.
Interview réalisée par Philippe Peraut.
Crédit photo :Jean Pierre Cau