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Lutter contre les LBGTIphobies

Le 17 mai, c'était la journée internationale de lutte contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie
Lutter contre les LBGTIphobies

Le 17 mai, c’était la journée internationale de lutte contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie. Car au XXIe siècle, en France, 53 % des personnes LGBT ont déjà été confrontées à au moins une forme d’acte homophobe, et six sur dix adoptent des stratégies d’évitement, pour vivre ou survivre. Nous sommes pourtant censés vivre dans une société qui affirme l’égalité de tous et de toutes sans considération d’orientation sexuelle ou d’identité de genre. Des professions de foi aux actes, il reste du chemin à parcourir.

Un si long combat

L’homosexualité a été retirée de la liste des maladies mentales de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) le 17 mai 1990. Le crime de sodomie a été supprimé du nouveau Code pénal en 1791. La Haute autorité de lutte contre les discriminations est créée par la loi du 20 décembre 2004. Cette loi réprime l’incitation à la haine ou à la violence en raison du sexe, de l’orientation sexuelle. En 2010, un décret retire « les troubles précoces de l’identité de genre » de la liste des affections psychiatriques. Le 22 décembre 2016, la DILCA devient la DILCRAH (Délégation Interministérielle à la Lutte contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Haine anti-LGBT). L’armada juridique et administrative a mis du temps à évoluer. Pourtant, malgré un changement des mentalités, un grand nombre d'agressions homophobes perdurent.

Plan de lutte

Pour lutter contre les discriminations LGBTIphobes, et faire de l’égalité pour les personnes lesbiennes, gays, bi et trans une égalité concrète et effective, un Plan national d’actions pour l’égalité des droits, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ (2020-2023) a été présenté en octobre. 42 actions concrètes sont au programme, dans tous les domaines de la vie quotidienne, pour reconnaître les droits des personnes LGBT+, leur permettre l’accès aux droits, améliorer leur vie quotidienne et bien sûr lutter contre les discriminations, la violence et la haine anti-LBGT+. Vaste programme au vu des chiffres. L’an passé, un couple homosexuel a subi une agression en bande au milieu du mois de juin, après s'être embrassé en public à Ajaccio. À Bastia, un jeune homosexuel a été humilié en pleine rue, par une bande d’adolescents qui lui avait tendu un guet-apens via une application de rencontres sur Internet. En 2020, près de 30 infractions pour racisme, discrimination ou homophobie ont été relevées en Corse contre 17 en 2019, soit une évolution de +16,67 %. L'ARCU, l'association LGBTI+ de Corse créée il y a deux ans, espère une réponse rapide et constructive des pouvoirs publics pour mieux prendre en charge les plaintes pour agressions homophobes, pour lutter contre les dysfonctionnements au niveau des services de police et de justice. Au niveau national, Santé publique France établit un constat sans appel : malgré des avancées sensibles depuis le début des années 1980 dans la reconnaissance des droits des minorités sexuelles et de genre, les attitudes stigmatisantes et parfois violentes à leur encontre persistent.

FLAG !

L’application FLAG ! a été lancée en avril 2020 pendant le premier confinement lié à la pandémie de coronavirus. Elle permet aux témoins comme aux victimes de signaler des faits de LGBTphobie de manière simplifiée, sans pour autant passer par la voie d’une plainte et des interactions avec les forces de l’ordre. Cette initiative est l’une des réponses proposées par le monde associatif LGBTQI+ à la sous-déclaration de ces faits dont témoignent toutes les enquêtes de victimation, et donc à l’impunité de fait de la plupart de leurs auteurs. L’application FLAG ! est maintenant intégrée dans le nouveau plan national d’actions pour l’égalité, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+. Depuis son lancement, 1573 signalements ont été effectués pour un total de 3896 faits rapportés (un même signalement pouvant correspondre à plusieurs faits conjoints). La plupart (63 %) des signalements effectués le sont par des témoins (992) plutôt que des victimes (581). Il s’agit surtout de signalements concernant les injures, discriminations, menaces, harcèlement et provocation à la haine sur Internet (1229 signalements correspondant à 2916 faits). Sans surprise, les réseaux sociaux représentent à eux seuls plus de 70 % de l’ensemble des (1573) signalements effectués sur l’application. Pourtant, les personnes LGBT+ n’aspirent à rien d’autre qu’être des citoyens à part entière, pas à attirer et attiser les haines.

Maria Mariana
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