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Acqua Nostra 2050 : un nouveau schéma d’aménagement hydraulique pour la Corse

L’Office d’Equipement Hydraulique de Corse présentait, la semaine dernière, dans ses locaux d’Ajaccio et à l’Assemblea di a Giuventù, son plan « Acqua Nostra 2050 ».
Un document qui met en exergue le schéma d’aménagement hydraulique sur les trente prochaines années.

C’est dans un contexte de changement climatique que l’Office d’Equipement Hydraulique de Corse a souhaité proposer un nouveau schéma d’aménagement du territoire ayant pour vocation de définir, à partir de l’existant, les ouvrages à réaliser pour sécuriser stockage et alimentation en eau, en rapport avec l’évolution des besoins, sur les grands secteurs, pour les trente prochaines années. Ainsi, sous la présidence de Saveriu Luciani, l’équipe de l’OEHC, composée, entre autres d’Ange de Cicco (directeur), Marie-Line Casabianca (chef du service ingénierie), Philippe Serra (Département Analyse-Etudes-Supports), Stéphane Mendez (ingénierie) et Camille Ceccaldi (unité hydroclimatologie) a commencé par l’établissement d’un état des lieux, à savoir une estimation des besoins actuels puis une projection de ces besoins à l’horizon 30 ans. « Nous arrivions au terme d’une période, explique Marie-Line Casabianca, il y a eu un schéma d’aménagement hydraulique, financé de 2003 à 2018-2022 au titre du PEI. On sait aujourd’hui que les aménagements effectués sont nettement insuffisants pour les besoins futurs. »

Après un état des lieux très méthodique, l’Office s’est projeté sur les besoins en eau à travers trois composantes : l’eau potable, l’eau agricole et l’eau d’agrément. Ces besoins ont été mis en perspective avec les ressources. « L’objectif du plan, rajoute la responsable, consiste à proposer un ensemble d’aménagements hydrauliques afin que l’on puisse, demain, répondre aux besoins des différents territoires. »

Huit territoires

La Corse a été, ainsi, scindée en huit territoires distincts : Rughjone Aiaccinu, Punente, Purtivechjacciu, Balagna, Capicorsu, Sartinese-Valincu, Piaghja Urientale, Nebbiu…L’Office a, dans cette perspective travaillé sur l’adéquation entre les besoins et les ressources pour définir son plan. En ce qui concerne l’eau potable, le besoin quotidien, qui prend en compte la population insulaire et touristique, a été fixé à 200 l/jour par habitant. Il en résulte que le besoin annuel passerait de 30,5 en 2017 à 38,5 Mm3 en 2050, soit une augmentation de 26 % avec une population qui, selon l’INSEE, avoisinerait les 390000 habitants. Au niveau agricole, le besoin a été estimé à 47,4 Mm3 dont plus des deux tiers sur la Plaine Orientale.

D’ici trente ans et selon les calculs effectués, ce besoin pourrait osciller autour de 67,5 Mm3, soit une augmentation de 39%. Enfin, la consommation en eau d’agrément, consommée par les particuliers ayant accès à l’eau brute (jardins d’agrément, campings, lotissements, lavage…) a été estimée 2,5 Mm3, un chiffre qui passerait à 3 Mm3 d’ici 2050…

Améliorer l’existant, création de nouveaux barrages

Autre point important, la capacité de stockage actuelle sur des infrastructures existantes. Sur la base actuelle d’environ 45Mm3, elle nécessitera d’ici trente ans, diverses modifications :


4,3 Mm 3 de rehausse en 2030, 14 Mm3 d’ouvrages avancés en 2040 et, pour finir, la réalisation de grands ouvrages (21,7 Mm3) à l’horizon 2050. À noter que l’adéquation besoins/ressources a été étudiée sur chacun des secteurs concernés en prenant en compte la spécificité de chacun.

Pour répondre à tous ces enjeux, l’OEHC, qui devra tenir compte de l’évolution de la climatologie et donc des années de sécheresse entend mener des actions stratégiques : augmentation des niveaux de stockage, des capacités de prélèvement instantanées, adaptation des valeurs de débit réservé, modernisation et mise aux normes réglementaires des barrages de la concession, intégration d’actions de développement durable.

Les divers aménagements prévus parmi lesquels figure la création de nouveaux barrages vont permettre d’ici 2050 d’irriguer 42000 hectares. Avec un investissement évalué à 600 millions d’euros.
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