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" Les rencontres de Calenzana " : un quart de siècle de musique, de vie et d’allégresse !

Un quart de siècle de musique, de vie et d’allégresse !

" Les Rencontres de Calenzana  "


Un quart de siècle de musique, de vie et d’allégresse !


« Les Rencontres de musiques classique et contemporaine » ont 25 ans. La manifestation associe à son anniversaire la commémoration des 300 ans de la naissance de Pascal Paoli. Une façon de célébrer u Babbu di a Patria. Le père de l’indépendance. La références en matière de droits. Intransigeant et tolérant. « Les Rencontres » ou 30 concerts dont 17 gratuits dans 19 villages balanins et 23 lieux différents.



Ces beaux anniversaires proposent une palette de musiques qui vont de Vivaldi à Schubert, de Bach à Mozart, d’Henri Tomasi à L’Avvinta », d’Albinoni à Piazzolla… Une programmation pour tous les goûts. Toutes les envies. Sans exclusive. Une programmation n’imposant qu’un critère : la qualité des répertoires et celle des interprètes dont certains sont des invités tels Benedetto Lupo ou Nathalie Dessay et d’autres des artistes résidents formant l’armature des « Rencontres », intervenant dans de nombreux concerts comme Alexandre Pascal, violoniste ou Joë Cristophe, clarinettiste.

Chaque année « Les Rencontres de Calenzana » mettent à l’honneur des musiciens reconnus, célèbres et de jeunes talents qu’on découvre avec bonheur. Parce qu’ils offrent des moments lumineux de grâce où s’opère la fusion entre la magie de la musique et la terre balanine.

Si actuellement la manifestation se déroule dans 19 villages, l’ambition de ses promoteurs dont le premier d’entre eux, Jean Sicurani, est de couvrir les 36 commues de Balagne. Une ambition à l’opposé d’un coup de « com’ » qui ne se pérenniserait pas, mais qui continuerait dans la durée, car ce serait là l’aboutissement des engagements de ceux qui ont créé « Les Rencontres ».

Le 300 è anniversaire de la naissance de Pascal Paoli ne sera pas seulement symbolique mais concrétisé par des morceaux de son époque. En faisant des recherches sur l’exil londonien du grand homme, Jean Sicurani, a repéré des compositeurs de musique adhérant à la loge franc-maçonne des « Neuf Muses » qu’il fréquentait. Des musiciens qu’il avait sans nul doute connus puisque les Francs-maçons, après leur cérémonie, avaient coutume de se rassembler pour discuter à bâtons rompus, se rafraîchir, écouter de la musique. Celle de compositeurs ayant pour noms : Johann Baptist Cramer de son patronyme de naissance allemand transformé en Cramey par anglicisation ; Jean Chrétien Bach et Luigi Borghi. Des extraits d’œuvres de ces compositeurs seront programmés et interprétés par des artistes résidents.

Hôte de marque de la manifestation Nathalie Dessay, accompagné par Philippe Cassard au piano. La soprano colorature dont c’est le dernier récital lyrique – elle opte désormais pour le théâtre – va chanter des mélodies françaises, du Stravinsky, du Barber, du Menotti… A ne pas manquer non plus le nouvel opus de Patrizia Gattaceca, « Le cantique des cantiques », poème biblique, qu’elle a traduit en corse et dont elle a composé la musique.

« Les Rencontres de Calenzana » ou une mine de trésors !

Michèle Acquaviva-Pache

  • · En ligne : corsebillet.co
  • · Sur place avant les concerts payants : Office du tourisme de Calvi 04 95 65 16 67
  • · Calenzana : 04 95 30 59 41
  • · Email : [email protected]

ENTRETIEN AVEC JEAN SICURANI, président des « Rencontres de musiques classique et
contemporaine de Calenzana »
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Vous fêtez les 25 ans des « Rencontres » et le 300 è anniversaire de la naissance de Paoli. Des dates incontournables pour vous ?

Nous sommes heureux de ce quart de siècle qui a vu le jour « Les Rencontres » et sa programmation éclectique accueillant tous les publics y compris les enfants ! La pérennisation des manifestations culturelles n’est pas évidente. Il faut avoir la foi en notre terre et en l’humanité. On a dit que « sans la musique la vie serait une erreur » cette remarque est très juste ! C’est pourquoi tous les ans nous sommes présents pour partager avec le public, pour échanger avec lui, pour écouter de l’excellente musique. Si financer « Les Rencontres » n’est pas facile, la Collectivité de Corse n’a pas baissé ses subventions, tant mieux ! Alors que l’Etat a réduit les siennes de 40 à 60 % pour l’archéologie. Je sais de quoi je parle en tant qu’archéologue… Quant à Pascal Paoli, figure emblématique des Lumières il continue d’éclairer nos pas.


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Comment pouvez vous organiser 30 concertes dont 17 sont gratuits ?

Le partage imprègne notre philosophie. Nous voulons que le plus de monde possible puisse accéder à la culture. Cette gratuité jointe à des tarifs bas nous pouvons uniquement la mettre en pratique grâce au soutien de la Collectivité de Corse, Collectivité qui nous aidait même avant le changement de majorité ! C’est la raison qui nous permet d’aller dans de petits villages car, pour nous, la culture est vitale comme l’éducation, comme la santé. Sans aide publique on ne pourrait pas proposer beaucoup de concerts parce que « Les Rencontres » ne nous rapportent rien, mais elles sont bénéfiques à notre environnement économique : hôtels, restaurants, commerces. En Corse on devrait avoir en tête que notre potentiel culturel est énorme et que ses répercussions pourraient être plus qu’avantageuses contrairement à aujourd’hui où ne disposons pas de véritable économie pour nous appuyer.


Pour quel motif il y a néanmoins des concerts payants ?

Les cachets des artistes sont chers, leur hébergement également et les billets d’avion encore plus. Le coût des voyages d’une soixantaine d’invités s’élève à 400 000 euros, soit la moitié de notre budget global. Cette somme est vraiment considérable même si certains musiciens nous font des prix d’amis parce qu’ils apprécient jouer aux « Rencontres » ! D’où des concerts qui restent payants.


Pour rendre hommage à Pascal Paoli quels répertoires avez-vous mis à l’honneur ?

Des musiques du XVIII è et du XIX è siècle. On entendra des compositions de la période du jeune Paoli à Naples, de celles qu’il a passé en France, et de celles où il a séjourné à Londres, en exil. Des œuvres de Vivaldi, Mozart, Bach, Beethoven seront représentées ainsi que celles de Schubert, qui font résonner les premiers élans du romantisme.


Des compositions moins connues ?

Nous avons choisi des extraits de compositions de Jean-Féry Rebel, par exemple du « Chaos » de la Symphonie Nouvelle ; d’Alessandro Marcello avec le Concerto en ré mineur pour hautbois ; de Porpora avec la Sonate en duo. Ces compositeurs sont plutôt méconnus du grand public mais leurs œuvres sont fantastiques…


Qu’est-ce qui a dicté votre choix du concert pour enfants de l’édition 2025 ?

C’est une proposition d’Alexandre Martin- Varroy, excellent comédien, séduit par « Chouchou au royaume de Babar » sur des musiques de Debussy et de Poulenc. Ce conte musical est accompagné par la pianiste Catherine Imbert. Ce spectacle est à voir à partir de cinq ans.


Invité aux « Rencontres » le quatuor, « L’Esquisse ». Pourquoi ?

« L’Esquisse » est constitué de quatre jeunes femmes à la flûte en Ut, à l’alto, à la basse, au piccolo. Leur répertoire évoque les musiques populaires sud-américaines. Ce quatuor offre aux « Rencontres » une tonalité différente portée par un souffle nouveau. Les musiciennes vont donner deux concerts : « Couleurs d’Amérique latine », qui nous fait voyager à Cuba, au Mexique, au Brésil et « Impressions d’Argentine » où l’on va retrouver Gardel, Aguirre, Piazzolla, entre autres.


Quel est le propos du concert, « Le génie populaire, de la Corse à Séville » ?

Ce récital veut faire un lien entre les musiques populaires corses, espagnoles et les grands opéras qui ont immortalisé Séville. Trois compositeurs sont convoqués pour démontrer comment le génie populaire peut s’harmoniser aux musiques savantes : Henri Tomasi, Maurice Ravel et Manuel de Falla pour le côté espagnol. Puis seront au programme des morceaux du « Barbier de Séville » de Rossini et de « Carmen » de Bizet qui ont fait de la ville andalouse un véritable mythe en en captant l’essence. Eléonore Pancrazi sera accompagné par Antoine Aleri.


Pourquoi avoir retenu le groupe « L’Avvinta » ?

Les membres de ce groupe chantent admirablement. Leurs textes en corse sont beaux et poétiques. On les a vu dans un clip de Kendji Girac ce qui a donné lieu à des commentaires mitigés, malheureusement…Si « L’Avvinta » n’est pas très connu, il le deviendra bientôt !


Comment se présente « Le chant de l’Est » qui clôture « Les Rencontres. ?

La rhapsodie inspirée des folklores de l’Est de l’Europe est le fil conducteur de ce spectacle musical qui allie aussi jazz, musiques traditionnelles et improvisations. Créé à Albi « Le chant de l’Est » n’a été joué qu’une fois avant Calenzana. Il est très festif et procure un bon moment à passer. Ce sera le bouquet final des « Rencontres ».

M.A-P
CRÉDIT PHOTO : Novellart 2B / MAP





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