L’année commence fort
Tandis que la saison des vœux bat encore son plein, quelques règles rebattent les cartes depuis le 1er janvier.
L’année commence fort
Tandis que la saison des vœux bat encore son plein, quelques règles rebattent les cartes depuis le 1er janvier. Pouvoir d’achat, logements, emploi, commerce, de nouvelles réalités s’imposent. Dans un contexte social tendu, elles interrogent la capacité du territoire à protéger les plus fragiles tout en préparant un développement plus durable.
Pouvoir d’achat sous tension
Au 1er janvier 2026, la revalorisation du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) s’établit à + 1,18 %, avec un SMIC horaire brut fixé à 12,02 € et un SMIC mensuel brut de 1 823,03 € pour un temps plein. Cette augmentation, qui découle directement de l’indexation du SMIC sur l’inflation, demeure insuffisante pour compenser la hausse continue du coût de la vie, notamment en ce qui concerne les prix de l’alimentation, des loyers et des carburants. Cette problématique est d’autant plus marquée en zone insulaire, où les surcoûts liés à l’importation et au transport pèsent fortement sur le panier de consommation des ménages. Les pensions de retraite de base suivent une trajectoire similaire, avec une revalorisation d’environ 1 %. Ces hausses restent nettement en dessous de l’inflation observée, laissant une pression sur le budget des ménages. Dans l’île, où le coût des biens importés, de l’énergie et des services est souvent plus élevé qu’en moyenne nationale, la marge de manœuvre financière des foyers reste limitée. L’augmentation des dépenses contraintes (électricité, chauffage, santé) va peser sur le pouvoir d’achat et renforcer le recours aux aides sociales ou aux solidarités familiales.
Améliorer l’habitat
Autre nouveauté depuis le 1er janvier 2026, les règles du diagnostic de performance énergétique (DPE) ont évolué : le coefficient de conversion de l’électricité passe de 2,3 à 1,9, ce qui peut améliorer les notes de nombreux logements chauffés à l’électricité. Ce changement peut réduire le nombre de « passoires thermiques » (F et G) dans le parc résidentiel. En Corse, où une part importante de logements anciens utilise l’électricité pour le chauffage, cette révision peut atténuer certaines obligations de travaux pour les propriétaires, tout en redirigeant les aides aux rénovations vers d’autres priorités. Les aides publiques à la rénovation sont ajustées pour encourager l’isolation et le remplacement des équipements les plus coûteux, mais restent souvent complexes d’accès pour les ménages modestes ou les petites copropriétés, surtout dans les villages de montagne. La Collectivité de Corse et l’État évaluent à 42 000 maisons individuelles et 57 000 logements collectifs, dont 8 600 logements sociaux, le volume de logements devant être rénovés pour atteindre les objectifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie. Ce chiffre ne correspond pas uniquement aux passoires thermiques F et G, mais donne un ordre de grandeur de l’effort de rénovation attendu sur l’île. L’impact sur le marché locatif et la précarité énergétique dépendra de la capacité des ménages à engager des travaux plus profonds malgré des coûts souvent plus élevés sur l’île.
Nouvel établissement public
Le 15 juillet 2025, une loi a été promulguée créant un Établissement public du commerce et de l’industrie de la collectivité qui remplace au 1ᵉʳ janvier 2026 la Chambre de commerce et d’industrie alors sous tutelle de l’État. Placé sous la tutelle de la Collectivité de Corse, ce nouvel établissement reprend les missions de la CCI. Ce changement institutionnel vise à rapprocher les politiques de soutien aux commerçants, artisans et petites entreprises des réalités du terrain, en intégrant mieux les enjeux d’insularité, de saisonnalité touristique et de transition écologique. L’établissement doit coordonner l’accompagnement à la création ou à la transmission d’entreprises, la formation, ainsi que la modernisation des centres-villes et des zones commerciales, la gestion des ports et aéroports. Pour les acteurs économiques, ce tournant suscite autant d’espoirs que d’interrogations : ils attendent des dispositifs simplifiés, une meilleure lisibilité des aides et une capacité réelle à défendre leurs intérêts face aux grandes enseignes et aux plateformes numériques. Malgré des tensions sur le pouvoir d’achat et des défis structurels, ces évolutions peuvent aussi devenir des leviers pour repenser le modèle de développement de l’île et offrent des opportunités de modernisation et d’accompagnement adaptés à la réalité locale.
Maria Mariana
Crédits photographiques
• 11510_2026-01-09_Paper cut style 2026 bannière_starline.jpg: © starline
• 11510_2026-01-09_Planning concept_freepik.png: © freepik
• 11510-2026-01-09_freepik__talk__22294.jpeg: © freepik