Voile : Lou-Anne Santelli toute voile dehors.
L’appel du pôle.....
Lou-Anne Santelli toute voile dehors.
Passionnée de voile depuis sa plus tendre enfance, la Bastiaise Lou-Anne Santelli a choisi l’exil pour se hisser au haut-niveau. Pas facile émotionnellement et financièrement pour une jeune fille de 17 ans qui aime son île.
La voile, Lou-Anne la découvre avec son père Don Jérôme. « Mon père est moniteur de voile et à 4 ans je l’accompagnais à la base nautique de Cap Sud à Venzolasca » explique-t-elle. « J’étais parmi les enfants à qui il faisait découvrir la voile. Mais bien après les séances on restait ensemble et il m’emmenait dans son zodiac pour affiner mon apprentissage. J’ai découvert le catamaran, je n’allais plus lâcher les bouts ». Très vite la passion fait accomplir de gros progrès à la gamine. « Sur catamaran, j’ai pris de plus en plus goût à la vitesse et de plus en plus attirée par la compétition. J’ai pris ma 1re licence en 2018 au Club Nautique Bastiais. A cette époque je pratiquais aussi la gymnastique et j’ai tout de suite compris que ça allait beaucoup m’aider dans mon rôle d’équipière à bord d’un bateau où la souplesse est de rigueur ».
L’appel du pôle
En duo sur catamaran, au fil de ses jeunes années, Lou-Anne fait la force de son club et de la ligue corse de voile. Ses résultats sont même épiés sur le continent et elle reçoit un jour un mail du pôle de La Rochelle. A 14 ans, elle embarque pour La Nouvelle Aquitaine. Déracinement, interne dans un collège, placée dans une famille d’accueil… la jeune fille fait front. Sa passion vissée au corps. Elle intègre ensuite le Dispositif régional d’Entraînement, le cran au-dessous du pôle espoir. Si elle navigue en laser, bien vite elle adopte le catamaran, le Nacra. Son sérieux la fait progresser aussi vite que son bateau vole au-dessus de l’eau. Son potentiel, ses résultats lui permettent d’intégrer le pôle espoir. En juin dernier, elle termine 10e au Championnat du monde, en septembre de cette même année 2025, elle est sacrée vice-championne de France sur Nacra 15.
Admise au pôle France, à 17 ans, elle figure comme sa plus jeune pensionnaire à La Grande Motte sur Nacra 17, un catamaran conçu pour la très haute compétition et la classe olympique. Ne lâchant pas les études, elle les poursuit au CNED. Voilà pour le beau côté des choses, le parcours sportif d’une championne. Mais la voile n’est pas le football. L’argent ne tombe pas du ciel, les sponsors sont rares. Des aides lui proviennent de la Collectivité de Corse, de la ligue corse de voile, de son club, d’Inner Wheel, de la Fondation du sport… et bien sûr de ses parents. Mais le très haut niveau en voile coute cher, très cher.
Aussi ses parents ont-ils lancé une cagnotte en ligne* car les échéances sont nombreuses : Stage de préparation au Championnat Élite à Marseille en février, trophée à Palma de Majorque, Championnat du monde en mars, Coupe du Monde, régates en Allemagne, aux Pays-Bas… Alors que parallèlement elle prépare son bac physique/chimie, la jeune fille lorgne aussi vers le Jeux olympiques. Trop tôt encore pour ceux de Los Angeles en 2028, mais sûrement prête pour ceux de 2032 en Australie. Notre jeune corse a l’avenir devant elle, pourvu qu’on lui en donne les moyens*, d’autant qu’en voile on dépasse souvent la quarantaine au très haut niveau. Forza Lou-Anne.
Ph.J.
*https://www.soutienstonsportif...
crédit photo : Didier Hillaire