• Le doyen de la presse Européenne

I puttachji di Carl' Antò

i Puttachji de la semaine

Puttaghji



Moins fun et plus dangereux

Les influenceurs et les exilés fiscaux (et aussi quelques escrocs et dealers ayant réussi) courent à l’aéroport de Dubaï pour quitter un pays dont hier encore - à nous autres cochons de payeurs d’impôts, de taxes et de charges sociales, et bipèdes du commun soumis aux hivers froids, pluvieux et sombres - ils vantaient le caractère paradisiaque. Soyons compatissants, il faut les comprendre, la guerre, cela manque de fun, cela fait trembler les lèvres botoxées et c’est plus dangereux que la kalach de la DZ mafia ou le Glock d’une des 25 bandes dites mafieuses bien de chez nous. En outre, le selfie, le conseil de la « bonne copine » et le farniente, c’est plus glamour une coupe de Ruinart millésimé à la main sur fond de lagon artificiel et de domestiques stylés, que sur fond d’explosions de missiles et de drones, de destructions et d’autochtones déchiquetés. D’autant que la désolation et la mort, cela ne fait ni vendre ni envie.



Mais dans nos jardins

Avec le Covid, c’était la queue et la bataille pour le PQ, l’huile et les pâtes, avec la guerre au Moyen Orient, c’est la queue à la pompe à essence de peur que vienne la pénurie et tenter de gagner quelques euros. Bon moyen d’ailleurs pour provoquer ladite pénurie durant plusieurs jours et faire s’envoler les prix. Mieux vaut ne pas penser ce que serait la réalité si la guerre n’était pas à nos portes mais dans nos jardins.



Ludiques et aseptisés

Experts et commentateurs se régalent à nouveau. L’Ukraine et Gaza, c’était devenu lassant pour le grand public, le Soudan et le Congo n’intéressaient personne tout comme hier la Syrie, l’Iran et le Liban cela leur permet de se refaire de l’audience. Ils peuvent à nouveau se livrer au jeu des supputations, des prévisionset des pronostics, sur fond d’images wargame, pour nous capter et nous épater. Avec à la clé des mots choisis pour ne pas nous choquer. On ne tue pas, on « élimine ». On ne détruit pas, « on neutralise », onmassacre pas, on cause « des dégâts collatéraux ». La dévastation, la mort et le carnage sont rendus ludiques par l’image et aseptisés par la communication.


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