Elections municipales 2026 à Cutuli è Curtichjatu
Deux candidats, l’un issu de la mouvance nationaliste et l’autre sans étiquette officielle......
Elections municipales 2026 à Cutuli è Curtichjatu
Deux candidats, l’un issu de la mouvance nationaliste et l’autre sans étiquette officielle
Deux listes, une première depuis un demi-siècle
Deux candidats, l’un issu de la mouvance nationaliste et l’autre sans étiquette officielle, s’opposent dans cette commune de la périphérie ajaccienne. Jean Biancucci, maire sortant en place depuis 2011 et ancien chef de file de Femu a Corsica à l’Assemblée de Corse, et Paul Corticchiato, directeur du port de commerce Charles Ornano à Ajaccio, qui effectue ses débuts sur la scène politique.
Jean Biancucci (Campà quì, insemi pà Cutuli Curtichjatu) : « Cutuli doit s’adapter à son développement »
— Vous êtes en place depuis 2011. Un bilan de ces mandatures ?
Cutuli est une commune qui vit bien et qui dispose de finances saines. Nous avons réalisé de nombreux chantiers, surtout en ce qui concerne la route. Depuis toutes ces années, les habitations ont augmenté et ce sont éparpillées surtout en plaine d’où un investissement de plusieurs millions d’euros dans ce domaine. Par ailleurs, nous avons su œuvrer pour que des activités sportives et culturelles se développent toute l’année (trail « i petri bianchi », « i scontri di a tupunimia », « a stretta di i mulini » cinéma, théâtre, chant, langue corse) sans oublier l’indispensable lien social. Enfin, nous avons beaucoup travaillé pour l’école, qui abrite près de 150 élèves. Cutuli est devenue une commune très attractive grâce également aux restaurateurs, producteurs, artisans…
–Quels seront vos principaux chantiers en cas de réélection ?
Il y a des projets en cours comme le city stade ou la Casa Desanti, qui aura une vocation culturelle et sociale, la politique pluriannuelle d’investissements routiers, répondre aux besoins scolaires et d’autres projets à venir comme la création d’un grand centre sportif sur la commune, une crèche pour accueillir les enfants… La commune doit s’adapter à son développement. Les moyens financiers ne sont pas conséquents, nos seules ressources sont les impôts. Notre objectif sera de limiter l’urbanisation en nous adaptant aux réglementations en vigueur.
–Quel rôle pour la commune au sein de la CAPA ?
La CAPA nous a aidés jusqu’à ces dernières années mais c’est plus difficile depuis la mandature actuelle, notamment par rapport aux responsabilités qu’ils ont au niveau des déchets. On est opposé à l’installation d’un centre de tri ou au déplacement de la gare d’Ajaccio, il faudra que la CAPA prenne en compte les particularités de toutes les communes.
–C’est la première fois, depuis un demi-siècle, que deux candidats s’opposent à Cutuli. Que cela vous inspire-t-il ?
C’est un choix démocratique qu’il faut respecter. Cela traduit aussi une insatisfaction par rapport à l’existant ou une ambition personnelle. Les habitants choisiront. Le tout, c’est d’agir en toute transparence.
Paul Corticchiato (Uniti per l’avvene) : « Donner au village, les moyens de reprendre sa place. »
–C’est votre première expérience politique. Qu’est-ce qui a motivé votre choix ?
Je suis né à Cutuli è Curtichjatu et je suis très attaché à mes racines familiales. Mon expérience professionnelle et mon parcours d’homme engagé dans la chose publique ont guidé ce choix. Depuis plusieurs mois, je vais à la rencontre des habitants pour faire valoir un projet ambitieux et réaliste.
Vous êtes donc en désaccord avec le maire sortant ?
Je fais, comme beaucoup, le constat d’un sentiment de déclassement et d’abandon, la commune n’est plus considérée dans la vallée de la Gravona, elle vient en dernière position au niveau structurel, il n’y a plus de lien social entre les habitants de la plaine et ceux du village. Il est mal entretenu, la sécurité routière n’est prise en compte. Le maire sortant était élu à la CdC, qui plus est président de groupe. Or, durant dix ans, rien n’a jamais été fait pour réaliser le rond-point que tout le monde attendait. Il faut donner les moyens au village, de reprendre sa place.
–Que proposez-vous ?
Créer du lien social. Donner les moyens aux habitants, à travers notamment la création d’une structure polyvalente sur la plaine, de participer à des activités et d’éviter l’isolement, surtout pour les plus anciens, pouvoir remplir des documents administratifs sans être obligé de se rendre à Ajaccio, créer un marché des producteurs locaux, installer une maison d’assistante maternelle, un jardin d’enfants, un centre sportif, réhabiliter et sécuriser l’école du village, qui n’a pas de préau, travailler sur le réseau routier, faire en sorte que le village soit à la hauteur des enjeux.
–Deux listes, cela n’était plus arrivé depuis 50 ans à Cutuli. Une tension particulière ?
Non ! Cette élection n’est pas un homme contre un autre mais deux projets qui s’opposent. Je suis, pour ma part, dans une logique transpartisane et je résonne dans une logique de partenariat. Ce qui compte, ce sont les idées et les projets pour la commune. Les habitants seront les seuls juges.
Interviews réalisées par Philippe Peraut
crédits photos : Jean Biancucci et Paul Corticchiato