Municipales 2026 à Prunelli di Fium'Orbu
Deux candidats issus de la tendance nationaliste se retrouvent six ans après le scrutin de 2020
Municipales 2026, Prunelli di Fium’Orbu
Deux candidats issus de la tendance nationaliste se retrouvent six ans après le scrutin de 2020 : André Rocchi, maire sortant largement vainqueur il y a six ans et Esteban Saldana, qui compte prendre sa revanche.
André Rocchi (Sempre inseme pè Prunelli) : « Mettre en avant notre territoire. »
— Vous êtes aux commandes de la commune depuis 2019. Un bilan de cette période ?
La commune a avancé considérablement. Nous avons réalisé d’importants travaux (éclairage public, trottoirs, goudronnage, nous avons initié la création d’un plateau scolaire et sportif très ambitieux, un city stade, des aires de jeu... Une initiative qui se poursuivra lors de la prochaine mandature. Enfin, n’oublions pas que nous avons le plus grand lycée-collège de l’île et que nous sommes aujourd’hui, la commune rurale la plus médicalisée de France avec 7 médecins, un pédiatre, un plateau radiologique…
Votre opposant dénonce une situation financière préoccupante. Que répondez-vous ?
Sur les 11 millions d’euros de dettes, 5,5 sont des prêts-relais, nous avons déjà remboursé 3,5. Tout sera remboursé en 2027. Et je vous rappelle que la Chambre régionale des Comptes évoque dans son rapport, une situation financière satisfaisante. Enfin, dans la strate, nous sommes la commune la moins imposée de Corse localement. L’État nous a même supprimé la dotation de péréquation.
— Votre analyse sur le centre de stockage qui rapporte une manne financière importante à la commune ?
J’ai toujours été opposé à la STOCK 3 mais je n’ai pas le pouvoir de fermer le centre. Je reste dans l’attente d’une solution qui doit venir de la Région.
— Une liste renouvelée pour un tiers. Un choix délibéré ?
Les personnes qui ont rejoint notre liste sont venues nous voir et ont émis le souhait d’apporter leurs compétences chacune dans son domaine.
— Vous avez, dans ce scrutin, le soutien du PNC et des affinités avec d’autres partis notamment celui de la majorité territoriale. Où vous situez-vous exactement ?
Je me considère, avant tout, comme un territorialiste. Ma mission consiste à mettre en avant le territoire du Fium’Orbu afin qu’il retrouve une place dans la politique régionale.
— Vos projets ?
Nous allons poursuivre le développement de la commune. Il passera par l’extension de l’espace scolaire et sportif incluant une nouvelle école, un boulodrome, un terrain de tennis et un de padel. Les travaux, qui sont faits en concertation avec nos partenaires, avancent. Nous travaillerons, également sur l’EHPAD, la santé, le logement et la révision du PLU.
Esteban Saldana (Per Prunelli) : « Ouvrir une nouvelle page »
— Vous êtes, comme en 2020, opposé au maire sortant. Quel est le sens de cette nouvelle démarche ?
Depuis plusieurs années, beaucoup de Prunellacci expriment le besoin de retrouver de la clarté et de l’apaisement dans la manière de gérer la commune. Ils veulent des décisions expliquées, des engagements respectés et des projets construits avec méthode.
— Quel est le sens de votre projet ?
Nous voulons remettre l’humain au centre des décisions : les enfants, les jeunes, les familles, les anciens. Nous voulons aussi réconcilier les habitants avec l’action publique locale. Notre ligne est claire : la parole tenue et l’action utile.
— Quelles sont les problématiques liées à la commune ?
La première concerne sa situation financière : hausse des dépenses, endettement important et dépendance à certaines recettes fragiles. La seconde concerne la méthode de gouvernance. Plusieurs projets importants ont été conduits sans concertation suffisante avec les habitants, les usagers ou les élus. On note aussi des enjeux concrets : école, santé, accès au foncier, économie locale, assainissement, logements, santé…
— Un bilan de la majorité sortante ?
Plusieurs éléments interrogent. D’abord la gestion financière. À cet effet, la Chambre régionale des Comptes a mis en évidence un manque d’anticipation et de concertation générant des surcoûts, une hausse importante des dépenses de fonctionnement, une augmentation des impôts et une dépendance croissante au centre d’enfouissement. Ensuite, il y a un décalage entre certaines annonces et la réalité. Enfin, plusieurs projets importants ont été menés avec trop peu de concertation, notamment le projet scolaire et sportif.
— Quelles sont vos propositions ?
Nous avons défini deux priorités : la première est la remise en ordre de la gestion communale [maîtrise des dépenses, planification des investissements…], et la deuxième concerne l’enfance et l’éducation. Nous voulons reprendre le projet scolaire et sportif pour en faire un projet fonctionnel et durable. Pour le reste, nous voulons agir pour nos aînés, proposer un PLU concerté, soutenir les associations, les commerces de proximité et valoriser les richesses de la commune. C’est dans cet esprit que nous proposons d’ouvrir, ensemble, une nouvelle page.
Interviews réalisées par Philippe Peraut
crédit photos : André Rocchi et Esteban Saldana