Comment reconnaître un « bobo » : petit manuel à l’usage de tous…
Les gens de bien doivent être alertés sur un phénomène — certes non récent ....
Comment reconnaître un « bobo » : petit manuel à l’usage de tous…
Les gens de bien doivent être alertés sur un phénomène — certes non récent — à savoir l’emprise toujours croissante dans nos sociétés occidentales en déclin (et pour ce motif précisément) de ceux que l’on appelle les « bobos », autrement dit ceux qui se qualifient de « bourgeois bohème ».
Cette influence est néfaste au bien commun, ce qui impose de lutter — intellectuellement s’entend — contre tous ceux qui peuvent s’en réclamer et propager cette idéologie mortifère.
Pour cela il convient d’identifier précisément les adeptes de la « bobo attitude », car ces derniers sont agiles à se fondre dans la masse pour instiller partout leur venin délétère en se cachant sous les oripeaux de la défense du « bien ».
Il importe ainsi de les débusquer pour pouvoir leur apporter la contradiction et, à tout le moins, pour être aux aguets quand on se trouve en leur présence pour ne pas succomber à leurs chants de sirènes, pour ne pas tomber dans leurs rets idéologiques qui nous conduisent à la ruine.
Alors quels sont des éléments d’identifications parmi tant d’autres ?
Un des indices qui peut nous alerter est que le « bobo » se proclame et crie à qui veut l’entendre qu’il est un homme de bien, il veut notre bien, à tout prix, envers et contre tout, et même malgré nous et même contre notre volonté la plus ancrée, car la défense du bien ne peut se discuter.
Le « bobo » se caractérise aussi par le fait qu’il est pétri de « valeurs », il n’a d’ailleurs que ce mot à la bouche, il emploie sa vie à défendre les valeurs, et il se considère comme en étant l’unique soldat. Par là même ces valeurs ou plutôt ses valeurs sont nécessairement universelles, car le « bobo » se conçoit comme au centre de l’univers et dans la mesure où il agit par définition pour le « Bien », dans la défense duquel il a le monopole, on ne peut prétendre lui apporter une quelconque contradiction.
Puisque ses valeurs sont universelles, le « bobo » est fondé à prétendre les imposer à tous, à la terre entière, et a fortiori à ceux qu’il côtoie quotidiennement, car on ne doit pouvoir échapper au « Bien ».
Le « bobo » est bien sûr démocrate, et il le proclame haut et fort, ce qui pourrait laisser penser qu’il devrait se sentir un peu gêné par le fait d’imposer sa vérité. Mais non, il assume la possible difficulté et balaie la contradiction par la justification d’agir pour notre bien. Et peut-on en vouloir à quelqu’un qui veut notre bien, qui veut nous faire du bien ?
Le « bobo » est aussi pour l’égalité, pour la diversité et quand il tient discours — et il est expert pour cela — il le marque par l’usage systématique de termes « celles et ceux ». Car évidemment le « bobo » ne connaît pas le neutre, ce serait trop lui demander, sa culture se limite aux pages du même nom du journal Libération, c’est dire.
Dans la vie de tous les jours, on reconnaît facilement le « bobo » lorsqu’il se déplace dans les centres urbains qu’il affectionne, mais aussi dans les campagnes hélas, car cette espèce se reproduit partout, et l’on trouve même des « vieux bobos » bien évidemment.
Tous se déplacent à vélo, car « c’est bon pour la planète ». Ainsi on voit des vieillards cacochymes ahanant sur les vélocipèdes pour satisfaire aux dogmes de la folie ambiante, cela en dit long sur l’état de délabrement mental dans lequel nous nous trouvons.
Le jeune « bobo », souvent rat des villes, quant à lui n’est évidemment pas en reste et, pour démontrer sa foi, il se déplace avec sa progéniture, non pas sur son dos, mais sur son vélo. Ainsi voit-on ces équipages insolites où des très jeunes enfants sont exposés aux risques d’une chute, ou d’être heurtés par un véhicule à moteur conduit par un chien d’automobiliste qui n’a rien compris au monde. Mais c’est aussi le prix à payer pour un monde meilleur, et le « bobo » accepte de se sacrifier et de sacrifier ses enfants, qui d’ailleurs ne lui ont rien demandé, pour la cause.
Le « bobo » se dit aussi « citoyen du monde », c’est également à cela qu’on le reconnaît. Il n’a pas de patrie, tous les hommes sont ses frères, enfin pas tous quand même, seulement ceux qui partagent ses idées, les autres on peut les faire taire sans vergogne et les réduire à néant si besoin est, car ils ne partagent pas les mêmes « valeurs ». Ces autres, il faut les ramener coûte que coûte dans le droit chemin et comme ce droit chemin est le « Bien », tous les moyens pour y parvenir sont autorisés.
Ainsi le « bobo » est un croisé des temps modernes, et en cela il s’estime en droit de faire la leçon à la terre entière (qui ne sait d’ailleurs même pas qu’il existe).
Sur ce fondement, et au nom des « valeurs » indépassables, il est heureux qu’on puisse bombarder certains pays pour libérer leurs peuples du joug inacceptable que leur font subir leurs gouvernants. Il est sans importance que lesdits peuples ne lui ont rien demandé à lui le « bobo » des centres urbains gentrifiés où on a chassé le peuple, les boutiquiers et les métiers traditionnels, car le « bobo », conscience universelle, sait ce qui est bon pour eux. Alors bien sûr le « bobo » n’ignore pas les morts que cela entraîne, mais il se dit que c’est le prix de la liberté en sirotant son earl grey du matin avec son pain grillé, mais sans gluten bien sûr.
Ce que l’on pourrait considérer comme une ingérence dans les affaires d’États souverains et de peuples à l’égard desquels on pourrait considérer qu’ils sont en droit de choisir — seuls — leurs dirigeants, est au contraire appréhendé par le « bobo » comme un devoir sacré, une lutte pour le « bien ». Car l’action héroïque du « bobo » ne peut se limiter aux frontières de son pays, précisément parce que le « bobo » ne connaît pas les frontières, car elles constituent des limites et le « bobo » ne peut avoir de limites dans sa défense du « bien ».
De la même façon, il ne conçoit pas qu’il puisse y avoir de quelconques obstacles à sa liberté, elle doit être totale. Ainsi doit-il jouir de tout sans entraves, car il est une sorte « d’être-monde », un monde à lui tout seul, une puissance souveraine et donc absolue.
Il est bien sûr « non genré », car il veut pouvoir être tout en même temps, c’est-à-dire rien, changer comme bon lui semble, car le « bobo » est avant tout un être de désir, et le désir est par essence mouvant. Rien ne doit arrêter ses désirs et, de la même façon qu’il ne peut plus y avoir de frontières entre les États selon lui, il ne peut y avoir de limites à ses désirs.
Ainsi le « bobo » est pour la diversité, à savoir le droit de jouir de tous ses désirs. Car pour lui la diversité implique l’indifférenciation, l’indistinction puisqu’il est un « être-monde » et que tout se concentre en lui et sur lui, il ne peut dès lors exister de quelconques différences.
Il ne peut, selon le « bobo », perdurer une quelconque unité, un socle commun. C’est cela qui explique que souvent, presque toujours, il est antispécisme, car pour lui l’homme n’est qu’un animal comme les autres, rien ne peut donc le distinguer des autres formes de vie sur la planète.
Pour le « bobo », tout se vaut, il est pour le relativisme le plus exacerbé parce qu’admettre le contraire serait porter atteinte à sa « philosophie » de vie, consistant à se considérer comme un véritable dieu.
C’est pour cela que, dans son quotidien, le « bobo » veille à chasser les idées, qu’il qualifie généralement de réactionnaires et rétrogrades, de ceux qui ne pensent pas comme lui, car si tout se vaut, il ne faut quand même pas exagérer et comprendre que cela n’est applicable qu’à ceux qui partagent les mêmes valeurs.
Ainsi, autre indice permettant d’identifier le « bobo », est que si vous avez le malheur d’entreprendre une conversation avec lui, il vous signifiera que vous êtes dans l’erreur (ce qu’il faut comprendre comme signifiant ne pas partager sa folie) en vous disant : « tu n’as pas le droit de dire ça ».
Car le débat se porte immanquablement sur la question du droit de dire et de faire.
Mais, bien sûr, le « bobo » est pour la liberté d’expression, sauf qu’il considère qu’elle doit s’exercer entre ceux qui ont les mêmes idées…
Le « bobo », on ne s’en étonnera pas, comme il est un être de désir, est nécessairement un être de l’instant, du temps présent, des tourbillons des instants entremêlés jusqu’à l’étourdissement.
Cela induit chez lui un comportement frénétique, car le temps fuit, mais il est trop idiot, car tourné exclusivement sur lui-même, pour s’en rendre compte.
Ainsi court-il sans cesse vers… le néant.
SALLUSTE