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5e « Scontru flamenco » : un pont culturel entre la Corse et l’Andalousie

Le thème choisi, cette année est l’héritage et la transmission.

5e « Scontru flamenco » : un pont culturel entre la Corse et l’Andalousie



L’association « Arte Flamenco » en partenariat avec le centre culturel « Una volta » à Bastia, organise, du 8 au 13 avril, la cinquième édition du « scontru flamenco ». L’occasion de mettre en lumière cet art aux racines andalouses et de le mêler à notre tradition musicale traditionnelle…

Buleria, segueria zambra, solea, des artistes tels que Paco de Lucia, Cameron de la isla, Tomatito, le compà, la palma… nous sommes dans l’univers, que les « initiés » auront reconnu, celui de la culture flamenca. Un art qui se décline autour de trois piliers : le chant, la danse et bien sûr, pour le plus connu et le plus répandu, la guitare. Un art qui au carrefour du sud de l’Europe et de la musique arabe, mais également aux influences berbères, juives et chrétiennes s’est développé depuis le VIIe siècle avec l’introduction du oud…
Cette musique aux sonorités orientales — on l’appelle musique arabo-andalouse — présente de nombreuses particularités avec le chant traditionnel corse, notamment des expressions telles que la nanna (berceuse) ou le lamentu (solea en flamenco). Et c’est justement pour mettre en lumière cet art et ses similitudes avec la Corse qu’Anne Giudicelli a créé le « scontru flamenco » en 2022. « C’est autour d’une même passion que nous avons mis en place cette manifestation, souligne Anne Guidicelli, vice-présidente de l’association “Arte Flamenco” qui gère, entre autres le “scontru” et animatrice, l’association est née il y a 25 ans, nous dispensons des cours, principalement autour de la danse et réunissons 60 adhérents, un cercle qui s’élargi et se renouvelle sans cesse. Et c’est justement dans la perspective de créer une véritable rencontre qu’est né le “scontru flamenco”. Au vu de son succès, on est très heureux de le renouveler chaque année. »

Héritage et transmission

Échanges entre artistes corses et andalous, mais aussi avec le public, stages pour débutants et confirmés, conférences (en corse et en espagnol), master class, initiation au flamenco, tel est le fil proposé, depuis cinq ans, par le « scontru », qui se déroule simultanément à Bastia et Biguglia. « On a voulu créer une proximité, ajoute Anne Guidicelli, mais aussi faire “dialoguer” nos deux cultures. Il est important de rentrer dans l’esprit du Flamenco tout comme dans notre culture insulaire. »
Le thème choisi, cette année est l’héritage et la transmission. « Qu’est-ce que l’on porte en nous et comment cela se transforme d’un point de vue artistique, commente l’animatrice, c’est important pour laisser un héritage à nos enfants… »
Pour la première fois, l’association « Arte Flamenco » va proposer des modules débutants pour adultes et enfants afin de les inviter à découvrir cet art andalou, en comprendre l’esprit et le sens. Par ailleurs, un guitariste auteur-compositeur andalou, basé à Madrid, Pepe Haro sera présent pour ce qui est du chant. Tout comme Petru Pà Lorenzi, un artiste insulaire. « Il représente la jeune génération de chanteurs corse. » Pour la danse, il sera question de Segueria et du Tango de Granada avec Myriam Tchalian. « L’occasion, rappelle l’animatrice, de trouver l’interprétation du chant au niveau de la danse, car tout est connexion entre danses, chant et guitare. Sans omettre la percussion, omniprésente dans cet art… »
Enfin l’écrivaine Marie Ferranti est invitée d’honneur de cette manifestation à l’occasion d’une conférence qu’elle va animer.
En guise de clôture, un bal sévillan en centre-ville de Bastia. De quoi attirer une foule de passionnés…

Philippe Peraut
Crédit photo : Arte Flamenco
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