Nazione veut sortir du trou / et Per l’indipendenza veut faire son trou
Nazione veut sortir du trou / et Per l’indipendenza veut faire son trou
Nazione veut sortir du trou
Après son assemblée générale qui a confirmé l’existence de défections dans ses rangs (notamment celle de Josepha Giacometti-Piredda, l’unique élue du parti à l’Assemblée de Corse) et l’adoption par l’Assemblée nationale du « Projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République » qui a représenté un succès politique, certes encore fragile, mais néanmoins réel de l’autonomisme, Nazione a affiché sa volonté de réagir.
Nazione veut sortir du trou. D’où l’affirmation de sa présence sur quatre fronts. Primo, lors d’une conférence de presse, le parti indépendantiste a confirmé son opposition totale et irrévocable au projet de loi en osant affirmer qu’en cas de consultation des électeurs de Corse, il appellerait à opposer un Non au texte et en appelant à écrire « une nouvelle page politique ».
Deuxio : Nazione exhorte à l’unité du mouvement national autour notamment de la revendication du droit à l’autodétermination du peuple corse.
Tertio : Nazione revient au terrain. Une vingtaine de militants bastiais du parti ont dernièrement occupé les locaux d’une agence de la Société Générale pour dénoncer les difficultés d’accès au crédit que rencontrent de nombreux Corses. Les occupants ont notamment mis en exergue que la plupart des jeunes corses sont exclus de la possibilité d’obtenir un crédit pour l’accession à la propriété et en sont réduits à n’être que « les locataires de la Corse ». Parmi les revendications mises en avant pour remédier à ces situations.
À court terme, la création d’un microcrédit pouvant être porté jusqu’à 50 000 euros ; une révision des critères d’attribution des prêts intégrant un statut de résident ; le rôle de l’ADEC et de la CADEC renforcé par une autonomie de financement avec des fonds propres. À plus long terme, la création d’une banque publique corse qui dirigera l’épargne collectée sur l’île vers les secteurs jugés stratégiques : agriculture, industrie, innovation. « Si le secteur bancaire ne soutient pas l’économie de la Corse, à quoi sert-il à part à déposséder les Corses, à les endetter », a lancé Eric Simoni, un des dirigeants de Nazione.
Quarto : Nazione a convié les nationalistes à participer massivement, les 8 et 9 août prochains, à Corti, à son rendez-vous annuel et désormais traditionnel : les Ghjurnate Internaziunale.
JPB
Per l’indipendenza veut faire son trou
Le groupe Per l’indipendenza, dont les structures sont peu connues et le message reste confidentiel pour le commun des mortels, entend manifestement exploiter la déception de nombreux nationalistes pour effectuer une percée.
Per l’Indipendenza veut faire son trou. Il appelle les nationalistes, et plus particulièrement les indépendantistes, à aller au-delà de leurs divergences profondes car « l’intérêt général passe par-dessus tout. »
Le groupe propose donc à Nazione, l’organisation d’une rencontre afin de créer un large front du refus contre « l’autonomie à la française […] accouchée à l’Assemblée Nationale Française suite aux dîners de cons de Beauvau ». Il demande aussi à échanger aussi avec Josépha Giacometti-Piredda suite à sa prise de position claire à l’Assemblée de Corse contre le Projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République ». L’objectif affiché par Per l’indipendenza est de commencer à travailler à la création d’un « front politique indépendantiste corse commun pouvant regrouper toutes les tendances dans le respect des différences ».
Selon ses responsables : « Le temps est venu de travailler à un projet politique et économique proposant une ou plusieurs visions crédibles pour permettre à notre île une nouvelle accession à l’indépendance mettant fin aux systèmes de dépendances mortifères de types coloniaux qui régissent son fonctionnement. » Per l’indipendenza mise manifestement sur une mort politique du concept d’autonomie car il a été « tué par ceux-là même qui s’en revendiquaient ».
Le groupe estime en conséquence que seule l’obtention d’un processus d’accession à l’Indépendance représente l’espoir et l’avenir. Il précise d’ailleurs la voie à prendre et invite chaque nationaliste à choisir son camp : « Il est indispensable de sortir de schémas politiques devenus obsolètes ou trahis volontairement pour faire plaisir à une classe politique française au détriment de l’intérêt général de tout un peuple et de sa terre […] D’un côté le camp hétéroclite de tous ceux qui veulent que notre île reste dans la France, peu importe les conséquences pour notre peuple et notre terre. De l’autre ceux dont nous sommes qui veulent que la Corse renoue avec son histoire en redevenant un état indépendant pour que ses enfants puissent y avoir un véritable avenir. »
J-P. B.